06 novembre 2011

La parisienne

C’est dans ce village qu’elle était venue s’enterrer et bien mal lui en avait pris : le curé ne venait même plus dire la messe. Il lui restait le bruit de la rivière et le grondement de l’orage dans la montagne. Pour les gens du village, elle était l’étrangère, la parisienne, celle qui se levait tard et se couchait tard, celle qui ne parlait pas comme eux, celle qui ne faisait rien – pas même son jardin -, celle qui disait juste bonjour, celle après qui les chiens aboyaient, celle qui se promenait seule dans les bois, celle qui ... [Lire la suite]
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03 novembre 2011

Que fait la pluie ?

Quand elle lui avait demandé pourquoi il lui mentait toujours, il lui avait posé une question saugrenue, comme à son habitude. - Et que fait la pluie ? Elle répondit qu'elle faisait des claquettes. Pourtant, elle n'avait pas le coeur à sourire. - Non, la pluie tombe, comme nous tombons amoureux, lui répondit-il solennel. Elle palit. - Alors c'est fini ? - Tout de suite les grands mots ! Elle ne se satisfit pas de sa réponse et le somma de lui dire la vérité, toute la vérité. - Ça ne durera pas.- Mais encore ? Ajouta-t-elle. ... [Lire la suite]
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28 octobre 2011

La vie de bureau (2)

Chaque fois que quelqu’un entrait dans son bureau, à la Direction de l’Encadrement, elle était pendue au téléphone. On l’entendait dire  « Excuse-moi, je te rappelle plus tard » et elle raccrochait en vous adressant le plus aimable des sourires. Cette gentillesse de façade pouvait faire illusion, pourtant c’était la plus redoutable des langues de vipères. Lors de son départ à la retraite, elle eut droit - grâce à un duo de choc de la Direction des affaires financières -  à une petite chanson sur l’air du « poinçonneur des... [Lire la suite]
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24 octobre 2011

La vie de bureau

Quand elle arrivait au bureau, la première chose qu’elle faisait, c’était aller aux toilettes pour fumer un joint et mettre ses boules Quies. Ce n’est qu’à ces conditions que la journée se passait correctement. Le jeudi 20 octobre, juste avant d’entrer au Rectorat où elle travaillait depuis 10 ans, elle s’aperçut, paniquée, qu’elle n’avait pas ses boules Quies. Elle décida qu’elle irait en acheter à la pause repas. Seulement il y avait cette longue demi-journée qu’il faudrait bien passer dans le même bureau qu’Arlette ! Elle pria pour... [Lire la suite]
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18 octobre 2011

La loi des deux A

Depuis le début du conflit, son mari se lavait tranquillement dans la salle de bain. Elle, elle regardait son fils qui hurlait dans leur chambre  en se roulant par terre. Elle était prête à lui donner une fessée  quand son mari lui a dit. -    Tu connais la loi des deux A ? La main suspendue, elle a répondu, surprise. -    Quelle loi des deux A ?-    Amour et Autorité ! Je te conseille de lire les fondamentaux de la psychologie. Alors que l’enfant braillait toujours, son mari... [Lire la suite]
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17 octobre 2011

Les effectifs

Pour réduire les effectifs de première année, la consigne suivante courait dans les bureaux des professeurs de cette Université renommée   : « Les décourager ! »  A un maître- assistant, peu rompu aux pratiques de l’Université et qui demandait un supplément d’informations, il fut répondu : -   Quand tu arrives en cours, veille à avoir l’air renfrogné, quand les étudiants te demandent de répéter, tu leur dis qu’on n’est plus au lycée  et quand ils souhaitent une explication... [Lire la suite]
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16 octobre 2011

La vendeuse en parfumerie

Elle travaillait dans cette parfumerie depuis deux mois. Un emploi qui ne lui convenait pas mais qu'elle l’avait accepté faute de mieux. Elle qui ne s’était jamais fardée de sa vie, elle passait une heure dans la salle de bain, chaque matin, à la recherche du maquillage idéal pour masquer une peau qu’elle trouvait un peu épaisse et grasse. Débutante, elle se gardait bien de proposer ses conseils aux clientes, sauf ce jour, où une femme, la quarantaine, hésitant devant le rayon crèmes de beauté depuis au moins dix minutes attira son... [Lire la suite]
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12 octobre 2011

La rencontre

Quand ils avaient sonné chez elle, elle avait encore une larme qui coulait sur la joue, mais elle l’essuya bien vite avant d’ouvrir la porte. Ils étaient deux, en costume sombre, le visage glabre, la chemise blanche, la cravate soigneusement nouée, et ils lui souriaient. Tous deux arboraient un badge avec leur nom et leur prénom ; au moins, elle savait à qui elle s’adressait.  Elles les avaient fait entrer après qu’ils lui eurent avoué qu’une force mystérieuse les avait poussés à frapper à sa porte. Ils étaient restés deux heures... [Lire la suite]
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11 octobre 2011

La critique

Quand cet auteur lui avait demandé, par mail, ce qu’il  pensait de son manuscrit, il avait préféré ne pas répondre, surtout que le manuscrit lui était tombé des mains dès la sixième page. Mais l’auteur était revenu à la charge, jour après jour, et l’éditeur avait bien été obligé de lui dire la vérité, avec quelques précautions oratoires, cela s'entend. L’auteur lui avait répondu le soir même, par mail : « Quand je vois à quel point vous êtes aveugle, je ne m’étonne pas que votre minable petite boite d’édition... [Lire la suite]
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08 octobre 2011

Le lobe

Quand j’ai dit à mon patron que son analyse de marché était fausse parce qu’elle ne tenait pas compte de certains paramètres importants,  il s’est rué sur moi et m’ a arraché le lobe de l’oreille droite. J’ai hurlé comme un malade et des gens sont arrivés dans le bureau. Ils ont réussi à nous séparer. Après le départ de mon patron – des infirmiers en blouse blanche l’ont emmené avec eux - je me suis mis à quatre pattes à la recherche du lobe disparu. C’est à ce moment-là que sa femme – le DRH l’avait fait appeler vu la gravité de... [Lire la suite]
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