Presquevoix...

Le conte

Son professeur lui avait demandé d’écrire un conte en espagnol mais ni l’inspiration, ni le niveau de langue – pourtant elle en était à sa cinquième année d’espagnol -  n’étaient au rendez-vous. Elle a opté pour le copier-coller et, comme Cendrillon était son héroïne, elle a  tapé « Cenicienta* conte » dans google. Une série de réponses lui ont été données. Elle ne s’est pas donné la peine de faire le tri et la première a fait l’affaire.

Une semaine plus tard, lors du rendu des copies, le professeur l’a assassinée.

-          Des copies très inégales mais une a retenu mon attention, celle dont l’auteur s’essaie au conte pornographique.

Rires  au fond de la classe.

-          Eh oui, le copier-coller c’est sympa mais il faut peut-être essayer de comprendre avant de recopier. N’est-ce pas Leila ?

Leila, abasourdie dans un premier temps,  n’a eu pour seule défense que de répéter en boucle qu’elle n’avait pas copié.

-          Ah bon, pas copié ? Mais quand même, ne me dis pas que c’est toi qui as choisi de dire en espagnol que le prince a « baisé » la princesse et que la princesse « a joui » ?

Rire général dans la classe et Leila est devenue écarlate.

-          Tu auras zéro Leila, ce n’est pas google que je veux noter mais toi.  Et il y aura  peut-être même une colle. A moins que je ne te fasse traduire le conte en respectant le niveau de langue !

Quelques gloussements retentirent dans la classe, puis le cours a  suivi son cours habituel, entre ennui et bavardages plus ou moins discrets…

 *Cenicienta : Cendrillon en espagnol

 

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Le mandala (en souvenir de Patricia)

patriciaDessiner ce mandala sur le quai du Pré-aux-Loups lui avait pris six heures. Une fois l’œuvre achevée, il l’avait longuement contemplée puis il s’était assis au centre ; cet espace doré serait le lieu du départ.

Si la journée avait été belle, il savait que   le linceul de la nuit apporterait sa brassée de peurs.

Peu à peu, le silence s’était imposé, les passagers de la vie avaient déserté le quai et la solitude caressait ombres et formes de ses reliefs étranges.

Il l’attendit. Elle s’annonça par un léger feulement.

-          C’est toi ? chuchota-t-il.

Elle ne dit rien mais effleura sa peau.

-          Je suis prêt.

Il se retourna pour la voir mais son visage était caché par un voile sombre.

-          Suis-moi, lui intima-t-elle.

Ce voyage ne ressembla à aucun autre. Quand elle s'arrêta, il fit de même.

En très peu de temps, un grand cercle se forma autour de lui. Chacun voulait lui souhaiter la bienvenue avec un mot gentil et il en fut surpris.

Cette fin n'était-elle donc qu'un début ?

 

PS : photo empruntée sur le site de Patricia qui nous a quittés en aout 2015.

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La fève

Dans cette école catholique bretonne, les traditions étaient respectées à la lettre, notamment  la Nativité et l’Epiphanie.

Le 6 janvier, dans la matinée, Chaque institutrice avait fait un rappel solennel de la signification de l’Epiphanie, cette fête qui célèbre la visite et l'adoration de l'enfant Jésus par les mages, relatée dans l'Évangile selon Matthieu.

La perspective d’une galette des rois dorée ravissait les enfants qui, dès 11 heures, commençaient à dire à qui mieux-mieux : « j’ai faim, j’ai faim » au grand dam des maîtresses. Le savoir donne nettement moins d’appétit que les galettes.

A 11 h 45 les élèves étaient à la cantine et à 12 h 30, ils avaient tous dévoré leur part de galette. Les plus chanceux avaient eu la fève et une rumeur s’est mise à enfler dans la cantine.

C’est une petite fille de CE2, Aurore de Chastelain,  qui est venue voir la maîtresse pour lui dire que sur sa fève il y avait un zizi. La maîtresse, médusée, lui a demandé de montrer sa fève. Quand elle a vu la « chose »,  elle est devenue blême.

-          Donne-moi ça tout de suite, a-t-elle dit à l’enfant sans plus d’explications.

Cinq minutes plus tard, la directrice était sur le pied de guerre et exigeait de chaque enfant qu’il lui remette sa fève. Le cœur battant, elle a constaté que sur chacune d’entre elles, la même chose se répétait : une scène du Kama sutra.

Baptiste a été le seul à ne pas rendre sa fève. Il trouvait ça intrigant ce zizi si grand qui rentrait dans la dame. En arrivant chez lui,  il a montré la fève à son grand frère qui s’est empressé de la montrer à leur mère : « Maman, regarde la fève de Baptiste, il y a un zizi dessus ! »

Madame de Gontran a manqué de s’évanouir en regardant la « chose ».

-          Quoi ? C’est à l’école Sainte Marie que tu as eu ça ?  

Et elle a appelé son mari qui a appelé l’école.

-          Je voudrais parler à la directrice.

-          C’est moi-même.

-          C’est quoi ces fèves ?

-          Quelles fèves monsieur ?

-          Cette fève pornographique que mon fils a eue avec la galette des rois.

La Directrice a bafouillé avant de pouvoir expliquer que l’apprenti boulanger avait confondu les galettes destinées au club de rugby avec les galettes destinées à l’école Sainte Marie.

-          Vous comprenez, a-t-elle ajouté, nous ne pouvions pas savoir !

-          Vous auriez dû Madame. La renommée d’une école religieuse est à ce prix. Croyez bien que je ne vais pas me priver de téléphoner à la direction diocésaine.

-          Mais Monsieur, nous n’y sommes pour rien.

-          Peut-être, mais quand on a charge d’enfants, on ne laisse rien au hasard, et il a raccroché. Monsieur de Gontran n’était pas du genre à plaisanter avec la morale.

Le soir-même, effondrée, la directrice a raconté l’histoire à son mari qui, lui, s’est contenté de lui dire.

-          Alors, elles sont où ces fèves ? On pourrait peut-être se faire une soirée Kama Sutra, non ? Ça nous ferait du bien !

Elle s’est prise à penser que décidément, elle ne pourrait jamais compter sur lui…

 

PS : texte écrit en m’inspirant de cet article.

 

 

 

 

 

 

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Le souvenir

Prenez un simple fait, plantez un décor avec des objets et des couleurs adjoignez-lui un ou deux personnages choisis avec soin, associez à ce décor une odeur et une émotion,  remémorez-vous cette scène plusieurs fois par jour, dans des endroits différents et endormez-vous en pensant à elle !

Voilà, le nouveau souvenir est prêt et remplacera avantageusement certains vieux souvenirs que vous préférez peut-être oublier…

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La boîte à musique

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Elle voulait lui faire un cadeau symbolique et ce fut une boîte à musique. Il apprécierait l’objet à sa juste valeur. Après une demi-heure d’arrêt devant ces merveilles, elle avait jeté son dévolu sur une boîte où figuraient des oiseaux. Sans doute comprendrait-il ?

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Le prénom

C’était étrange : quand elle appelait son fils elle lui donnait le nom de son  chien et quand elle appelait son chien, elle lui donnait  le prénom de son fils. Encore une histoire sans queue ni tête ?

 

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Jumelles

vuedeManhattanAprès la nuit qu’elles avaient passée, elles étaient épuisées. Il faut dire qu’elles n’avaient pas lésiné : elles avaient bu, sniffé, sans parler de ce que jamais elles ne pourraient avouer à quiconque. Maintenant elles se reposaient, espérant n’avoir laissé aucunes traces de leur forfait.

Elesha a pris son téléphone alors qu’Ebony continuait de somnoler sur le banc.

Devait-elle appeler Marvin ou non ? Le oui l’a emporté. Il a répondu aussitôt.

-          Qu’est-ce que tu fous ? T’es où ? Tu te rends pas compte que je me faisais du souci ?

Elle a marqué un temps d’arrêt. Elle devait rapidement faire un tri entre ce qui pouvait être dit et le reste.

-          On est à  Manhattan. On a un peu fait la fête avec Ebony.

-          Qu’est-ce que tu fous encore avec Ebony ?

C’était son anniversaire, alors on est allé en boîte, on a fumé, voilà, c’est tout.

Silence.

-          Et pourquoi tu m’appelles que maintenant ?

-          Avant je pouvais pas.

-          Mais avec qui tu vis putain ? Ebony ou moi ?

Elle a appuyé sur la petite touche rouge pour ne plus l’entendre. Elle se demandait pourquoi elle vivait encore avec lui. Un crétin, et au lit,  l’horreur. Quand il était sur elle et qu’il  labourait son corps, elle se forçait à penser à la mer ou aux nuages pour ne pas crier stop.

 « C’est fini Marvin. », voilà ce qu’elle devait lui dire, mais elle avait peur de lui.

Elle a regardé au loin les tours jumelles, aussi semblables qu’elle et Ebony.

Elle avait 22 ans et la vie devant elle mais, au creux de son ventre, il y avait toujours cette peur qui ne demandait qu'à se réveiller.

C’est au moment où elle a éternué – toujours ces allergies qui la minaient – que l’explosion a eu lieu. Avait-elle vraiment voulu ça ?

 

PS : photo gentiment prêtée par Sylvie Farges

 

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l'échange

Cette année, l'échange traditionnel de cadeaux a un peu perdu de son charme. Pas de noeud, pas de papier d'emballage, juste le cadeau dans sa stricte nudité. Et, pour fêter Noël,  oh surprise, ils ont eu la même idée : du whyskie, de la même marque,  sauf qu'une bouteille avait 15 ans d'âge et l'autre 12 ans...

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Duo de janvier

Voici notre premier duo de l'année avec Caro-carito. Nous avons choisi comme thème cette  chorégraphie de Pina Baush.

Après le texte de Caro, voici le mien.

 

Le rêve

 

La première fois qu’elle l’avait vue, c’était dans un champ où le givre avait laissé une fine couche blanche. Elle dansait pieds nus, revêtue d’une robe rouge, et personne n’aurait pu l’arrêter. Du sang maculait son visage. Avait-elle commis un crime ?

Elle s’est réveillée au moment où la danseuse lui tendait un miroir et l’obligeait à se regarder. Un  cauchemar.

Après un petit déjeuner morose et deux ou trois mots échangés avec sa colocataire, elle est partie dans la brume matinale sur son vélo rouge. Il était huit heures et la ville se réveillait avec "la gueule de bois". Elle aussi, comme si le champagne bu la veille lors du réveillon n’avait pas encore été digéré.

En tournant, avenue des Martyres de la Résistance, elle a évité de justesse une voiture qui tournait à droite. « Connard ! » a-t-elle hurlé pour se débarrasser d’une colère qui venait d’ailleurs. Le compte à rebours commençait, mais vers quoi ? La femme qui dansait ne lui avait-elle pas chuchoté : « Je vois dans tes yeux qu’il y a trop de secrets pour que tu puisses être sauvée… » Comment pouvait-elle lécher des blessures qui suppuraient ?

C’est au bout du boulevard de la liberté qu’elle est tombée, et sa tête a heuré le trottoir. « Si ça se trouve, elle s’est évanouie  », a dit un témoin aux pompiers qui l’emmenaient sur un brancard. Alors que la sirène hurlait, la femme du rêve lui est  apparue pour une dernière rencontre, mais cette fois-ci son visage était blafard et sa robe était noire. Elle lui a murmuré : « Personne n’aurait pu te sauver, personne. »

Le bruit de la sirène  a disparu et son cœur a cessé de battre.

Au cimetière, dans le silence d’une fin d’après-midi d’hiver, un homme âgé s’est approché de la tombe où reposait la jeune femme au vélo rouge. Il a placé un petit pot de lierre sur le marbre blanc et il y a glissé une lettre.

Quand il a été parti, je me suis précipitée pour la lire :

 

« Ma chérie,  

Je savais qu’en te revoyant je me condamnais, mais comment aurais-je pu imaginer une telle punition ?

La vie m’a condamné deux fois. Une première fois pour meurtre, une deuxième pour avoir voulu réparer l’irréparable.

Me pardonneras-tu ?

Ton père qui t’aime et t’aimera toujours. »

 

Cette lettre, je l’ai vraiment lue. J’ai même vu l’homme qui l’a laissée. Lui ne m’a pas vue, j’étais cachée derrière un mausolée.

L’histoire, je l’ai inventée,  mais que veut dire inventer ? Ce que l’on imagine a peut-être les vertus de la vérité. N’est-il pas possible  que cette histoire ait existé quelque part, ici ou ailleurs ?

 

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Duo de janvier

Voici notre premier duo de l'année avec Caro-carito. Nous avons choisi comme thème cette  chorégraphie de Pina Baush.

Ce texte est de Caro, le mien sera posté le 6 janvier.

 

 

 Elisabeth

« Une première. – la prof avait ajouté –Vous avez de la chance. »

Nous, je ne sais pas, mais la moitié de la rangée qui avait dû se lever à notre arrivée n’avait pas dû penser la même chose en voyant cette bande de jeunes s’installer à coup d’apostrophes et de grands gestes puis, une fois assis, plonger dans d’incessants pépiements entrecoupés de brusques chamailleries. Nous devions aussi leur rappeler à quel point les adolescents traversent un âge difficile… pour ceux qui les côtoient : cheveux gras à divers degrés, méconnaissance de l’usage du déodorant et des vertus des douches quotidiennes, le tout allié à des pieds qui puent.

Moi je me taisais. Je me foutais de Pina truc, de la culture et de « élargir son esprit » qui semblait être le credo de nos bien-aimés professeurs. Bettina, ma meilleure copine, sortait depuis hier avec Emilien et je sentais bien que, si l’amour triple A démarrait pour elle, notre amitié avait du plomb dans l’aile. Ce n’était pas la première fois que cela m’arrivait, les sales coups de certaines filles, des brouilles idiotes et surtout, plus grave, le départ de Morgane en 6ème qui m’avait longtemps reléguée dans un groupe de filles puériles… je connaissais. Rien que les choses de la vie, avait commenté ma mère sans doute pour me consoler. Avec Bettina, c’était autre chose. Elle apportait de la couleur et un peu de piment dans mon existence.

Un mec est monté sur scène, le directeur a-t-on soufflé quelque part. J’ai essayé de me concentrer sur son blabla, peine perdue. A ma droite, ma prof dissertait sur notre avenir, la liberté de créer etc.  A ma gauche, ma voisine parlait de son acné et de sa difficulté à garder Brice ou Kev plus de deux jours quand on ne veut pas coucher. Bettina, deux rangées plus bas, bécotait son nouveau mec. Son chum m’avait-elle dit crânement, pour montrer que, elle, elle venait de passer les vacances de Toussaint au Canada. J’ai détourné les yeux, je me sentais tellement détruite que je n’arrivais à détester, ni l’un ni l’autre.

Quelqu’un a tapé trois grands coups, effrayant la moitié de notre classe de 3ème. Notre prof nous a expliqué l’origine du truc jusqu’à ce que son voisin de siège nous dise de fermer nos gueules. Ce que nous avons fait religieusement. En tout cas au début. Une petite lumière, un drôle de décor, une femme mince comme un fil est sortie de nulle part et s’est mis à voleter sur scène. Sa robe rouge orangée flottait autour d’elle comme dans un dessin animé. Après, d’autres gens sont arrivés et ont gravité autour d’elle. Ils venaient et repartaient. Finalement le spectacle n’a pas duré trop longtemps.

Les gens ont applaudi pendant un long moment. Pour ma classe, c’était surtout pour le fun parce que vu le nombre de fois où mes camarades avaient regardé leur portable, ils n’avaient pas dû voir grand-chose. La prof a insisté  pour que l’on reste et qu’on aille parler aux danseurs. En plus il y avait un pot, ça a décidé les plus râleurs.

La troupe était devant nous, accompagnée de celui qui selon toute vraisemblance était le directeur du théâtre. Evidemment, tout le monde avait quelque chose à dire, ça m’a rappelé la pièce qu’on étudiait en anglais « Much Ado About Nothing»1. Et quand la prof s’est pâmé - y’a pas d’autre verbe - devant cette « performance », j’ai cru qu’ils étaient tous devenus frappadingues. J’ai regardé mon phone, 23 h. Je n’avais qu’une hâte, me tirer d’ici. Bettina, après avoir posé sa question naze, a commencé à tripoter allégrement dans un coin son nouveau galant. Un gardien à la tronche pas commode est arrivé, le directeur a levé la tête. Il allait sans doute siffler la fin de la récré.

C’est à ce moment que la danseuse s’est approchée de moi. « Toi, tu ne dis rien, qu’est-ce tu as pensé ? » J’imagine que je suis devenue écarlate et, dans un souffle, j’ai dit sans trop réfléchir : « Je me suis sentie moins seule. Non. Je me suis sentie… plus seule du tout. » Elle m’a regardé droit dans les yeux et a souri. Elle a dit un mot en anglais et c’est là que je me suis rendue compte qu’elle parlait français avec un léger accent. J’allais partir quand elle a harponné mon bras. Elle a tiré une photo de son sac et a griffonné quelque chose dessus. Je l’ai rangé dans ma poche.

La prof m’attendait, Bettina était là aussi. Je sentais que l’une et l’autre mouraient d’envie de savoir ce qui s’était passé. C’est Bettina qui a osé demander. J’ai répondu « rien. » C’est plus tard que j’ai osé lire ce qui était écrit : « feeling lonely is not the same thing as being alone.2 Tu trouveras un jour.»

J’ai fermé les yeux. J’ai revu l’envol léger de ce corps. Bien sûr, je ne serai jamais danseuse et je ne serai jamais une étoile, je ne suis même pas sûre d’avoir un jour quelque chose de gracieux en moi. Et je n’écrirai pas, dans la dissert que nous demanderait la prof dès demain matin, ce que j’avais ressenti.

J’ai rangé la photo dans le tiroir. Je savais simplement que c’était le début d’autre chose.

 

1 Beaucoup de bruit pour rien - comédie de William Shakespeare

2 se sentir seul n’est pas la même chose qu’être seul.

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