11 mai 2008
Enfantillage ?
Nos chers mensonges
Glissent sur le toboggan de la vie.
10 mai 2008
Les ailes du dragon
La nuit où j'ai volé sur le dos du dragon* la vie, pour moi, avait perdu ses couleurs. Il y avait juste l’absence qui me dévorait les entrailles. Quand le dragon m’a dit « Viens ! », je n’ai pas hésité une seconde, même si je savais que les dragons n’existaient pas. C’était la première fois que je voyageais sur le dos d’un dragon. J’avais un peu peur mais je savais qu’il m’emmènerait hors de moi et je voulais me fuir à jamais.
Nous avons longtemps voyagé, traversé bien des pays, vu l’Alaska et la terre de feu, Le Colorado et le Kilimandjaro, parlé avec des eskimos et des Indiens navajos… puis un jour, j’ai voulu rentrer chez moi. Je croyais que j’étais enfin prête à me retrouver, mais je sais maintenant qu’on se sent toujours plus fort sur le dos d’un dragon. Lui ne m’a rien dit, c’était un dragon discret, de ceux qui parlent peu mais qui savent tout.
Nous avons à nouveau traversé déserts et forêts, villes et campagnes et par une nuit d’été, il m’a déposée devant la porte de chez moi. Rien n’avait changé, la maison avait toujours deux étages, deux pommiers en gardaient toujours l’entrée et il y avait encore le chien qui aboyait au moindre bruit. Avant de partir, il m’a embrassée, les baisers de dragon ont la douceur des nuits étoilées. Je me souviens que j’ai pleuré lorsque ses ailes ont disparu dans le ciel.
C’était il y a longtemps, tu vois… Je ne sais pas pourquoi je te raconte cette histoire, peut-être parce que tu es le premier à ne m’avoir jamais rien demandé.
PS : ce texte a été écrit à partir d'une consigne donné par le site "les impromptus littéraires"
* photo vue sur ce site
Obligation de...
Obligation d'aimer, de rendre heureux, de rire, de chanter, d'avoir du plaisir...oui, pourquoi ne pas changer la donne, pourquoi ne pas obliger au lieu d'interdire?
Mais la question est de savoir si c'est possible, si effectivement cela rendrait les choses, la vie plus facile.
Obliger d'aimer, réalisable?
Obliger de rendre les autres heureux, oui mais comment et seront-ils d'accord?
Obliger de rire, mais de quoi et avec qui?
Obliger de chanter, même faux?
09 mai 2008
Illusion
Voilà une débutante,
juste une promesse,
un silence à dos nu
sur un sentier d’été.
* photo vue sur le site midnight express
08 mai 2008
Pensées vagabondes
« Éclaboussures permises » ai-je lu sur le panneau accroché à la grille qui entoure la pataugeoire du parc LaFontaine à Montréal. J’ai souri et mes pensées ont commencé à vagabonder…
Un jour d’été, des enfants crient, hurlent, ils s’éclaboussent les uns les autres, ferment les yeux quand l’eau leur arrive en plein visage, les essuient et y vont leur tour, à asperger le copain, à vider la pataugeoire pour le plus grand plaisir, celui de mouiller l’autre encore et toujours. Ici pas d’interdit, on peut éclabousser tout son soûl et par cette chaude journée d’été, c’est un délice. C’est ce que j’imagine en regardant ce grand bassin encore vide de son eau et des cris des enfants. Dans les souvenirs de mon enfance, les interdits dominent : interdiction de sauter, de courir autour de la piscine, interdiction de crier et de hurler pour ne pas déranger, interdiction d’éclabousser les autres, de mouiller les adultes qui font leur longueur telles des grenouilles pataudes, interdiction, interdiction…
Je continue ma promenade. Il fait frais en ce matin certes ensoleillé mais à la température qui ne me fait pas regretter ma petite laine. Alors que je déambule entre les pelouses toutes vertes des premiers brins d’herbes tendres du printemps, je remarque une forme allongée. Un corps en bikini s’offre aux premiers rayons du soleil matinal. Le point d’interrogation surgit de dessus ma tête : séance de bronzage précoce ou besoin vital de soleil après un si long hiver…
Vous êtes virée !
« Mon plaisir, vous savez bien, c’est de vous emmerder ! » C’est ce que j’ai répondu à mon patron quand j’ai compris qu’il allait encore me chercher des poux dans la tête. Il s’est arrêté instantanément, interloqué. Ses bras ont cessé de mouliner, son grand corps s’est figé dans une position étrange, ses yeux de bovin se sont fixés sur moi et j’ai presque eu peur, un instant, que quelque chose d’irrémédiable n’arrive. Cela a duré une minute, pas plus, puis il a hurlé le nom de son assistante – Bénédicte ! Bénédicte ! – et Bénédicte est arrivée, empressée, sur ses talons rouges. Je n’ai jamais aimé Bénédicte, quelque chose d’irraisonnée, sans doute cette féminité exacerbée qui finit par agacer les femmes comme moi.
- Allez me chercher un verre d’eau Bénédicte, j’étouffe, Madame Lebrun veut ma peau ! A-t-il dit dans un râle en pointant un doigt accusateur vers moi.
Après m’avoir jeté un regard noir, Bénédicte est repartie en faisant cliqueter les deux fers de ses talons rouges. Lui m’observait, toujours silencieux, et j’ai fini par lui demander si je pouvais me retirer.
- Vous retirer ? Vous voulez dire que vous êtes VIRÉE, a-t-il hurlé le visage empourpré.
Je n’ai pas voulu aggraver mon cas en lui rappelant que j’avais un contrat à durée indéterminé. Il avala d’un coup le verre d’eau fraîche que Bénédicte venait de lui rapporter et il précisa
- Je sais bien que vous avez un CDI, mais je suis prêt à aller aux prudhommes pour vous foutre à la porte !
- Bien monsieur, comme vous voudrez monsieur, lui ai-je répondu poliment, et je crois que c’est ce « comme vous voudrez monsieur » qui lui a porté le coup fatal. Il ne s’y attendait pas.
Maintenant mon patron est en congé maladie depuis un mois. Je ne sais pas quand il reviendra, mais le plus tard sera le mieux. Il l’a bien cherché !
07 mai 2008
Destin
Dessine-moi
la peur,
quand la vie
tourne les pages
de la mort…
* photo gentiment prêtée par Mariesondêtre
06 mai 2008
Parler ou écrire ?
« Écrire, c'est une façon de parler sans être interrompu. » disait Jules Renard. Jolie formule où je me reconnais. Dans le tourbillon de l’instant, rien ne me vient jamais à l’esprit, je suis fade, insipide, ma conversation est d’une morosité à faire peur, et les réfutations de mes vis à vis me laissent sans voix, ou pire, me rendent agressives, parce que je leur en veux de m'obliger à me confronter à mon manque de réparti.
Par contre, face à l’espoir de la page blanche, loin de la peur du jugement de l’autre, les mots déroulent peu à peu leurs propositions, puis leurs phrases, et j’ai l’impression consolante de pouvoir penser !
05 mai 2008
petits flashs à Montréal
Sur St-Laurent, alors que les boutiques et cafés se succèdent, je tombe(sic) sur une marbrerie pour pierres tombales. Des grosses pièces de granit, marbre et pierres diverses sagement alignées derrière une grille. Incongru dirais-je!
Alors que je déguste une pizza et une bonne bière avec mon "chum", je deviens agacée par les "okay" de notre voisin répondant à son vis-à-vis, leur table jouxtant la nôtre de 3cm à cause de la petitesse de la salle. Ses "okay" se répètent toutes les 10 secondes: habitude ou tic...
Je déambule sur St-Denis, je croise un buste de bronze du Général Charles de Gaulle dans le jardin d'une maison. "Vive le Québec libre" a laissé sa trace...
Un peu plus loin, je retrouve la gourmandise de savourer un bagel tiède tout droit sorti du four de la boulangerie de la rue St-Viateur...Dieu que c'est bon...
Et demain je continue...
La visite chez ma mère
Hier, je suis allée voir ma mère. Elle m’a fait peur ! Elle affiche toujours le même masque livide, à croire qu’elle le fait exprès, pour que je la plaigne ! A chaque fois que je mange chez elle, je lui apporte un cadeau, c’est un rituel, ma mère aime bien les rituels, ça l’aide à supporter la vie !
Cette fois-ci, je lui avais acheté une magnifique orchidée. Je croyais qu’elle aimait les fleurs ma mère, je me trompais. J’ai mis l’orchidée dans mon sac à dos, j’ai pris mon vélo et j’ai pédalé à toute allure. J’étais en retard. Ma mère ne supporte pas qu’on arrive en retard pour le déjeuner. Je n’avais pas remarqué que la fleur était juchée juste au-dessus de ma tête. Quand ma mère m’a vue arriver, elle m’a dit « Tiens, tu pédales avec une girouette maintenant ? C’est pour savoir d’où vient le vent ? ».
J’ai eu du mal à réprimer un geste de mauvaise humeur. Ma mère se croit drôle, mais elle n’a jamais fait rire personne à part elle ! Il faut dire qu’après quarante ans de plaisanteries du même style, je devrais être vaccinée, mais est-on jamais vaccinée contre sa mère ? Quand je suis partie de chez elle, j’ai eu envie de reprendre l’orchidée en lui faisant une remarque bien sentie, juste pour lui mettre les points sur les i. Je ne l’ai pas fait.
Le problème avec ma mère, c’est que je ne lui ai jamais dit ce que je pensais d’elle…
PS : ce texte est une fiction
*photo vue sur ce site