19 avril 2016

La boîte à mémoires

Son amie Juliette avait une boîte à mémoires qu’elle lui avait ainsi présentée : c’est une boîte qui te permet, quand tu la regardes, de voir les plus belles choses que tu as vécues. Chaque objet – ou catégorie d’objet – symbolise un souvenir. Quand je sens que je vais sombrer, je l’ouvre et je sais que la vie vaut la peine d’être vécue. Elle avait ajouté qu’elle la lui montrerait la semaine suivante. Et chose fut faite. Juliette l’encouragea à s’en fabriquer une bien que Marie lui ait dit qu’elle n’en avait nullement besoin.... [Lire la suite]
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17 avril 2016

Le protocole

Maud est une grande et belle femme d’un formalisme étonnant. La terminologie qu’elle utilise dans ses relations quotidiennes la fait ressembler à un agent du corps diplomatique ou à un médecin cancérologue. Elle affectionne particulièrement le mot « protocole ». Je l’imagine, dans sa camisole verbale, évoquer le protocole numéro un, deux ou trois au moment de « l’acte sexuel » avec Georges, son mari. Cela pourrait donner : -          Bon Georges, aujourd’hui... [Lire la suite]
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15 avril 2016

La porte

Dans son rêve, la porte noire est toujours fermée. Elle essaie de la pousser, mais jamais elle ne cède. Jusqu’au jour où la porte noire du rêve se transforme en une porte fleurie aux somptueux tournesols. Elle ne tente pas de pousser les deux battants, elle se contente d'admirer cette végétation qui envahit l'espace. Soudain la porte s'ouvre, une main gantée de blanc se tend et l'invite à entrer dans une cathédrale engloutie dont les vitraux reflètent des sirènes aux longues chevelures d'algues marines. Elle accepte la main tendue et... [Lire la suite]
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13 avril 2016

Les tampons

Quand ils se disputent – ce qui arrive au moins une fois par jour  -  ils s’insultent en silence, à coup de tampons rageurs imprimés sur des feuilles qu’ils s’échangent. Lorsque les répliques sont vraiment fleuries, on peut lire. -          Ennemi du genre humain ! -          Parasite ! -          Ringard ! -          Charogne ! ... [Lire la suite]
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11 avril 2016

Lundi noir

C’est un lundi noir qui fait suite à un dimanche noir, sans parler de la semaine précédente, elle-même d’une noirceur sans nom. Elle n’a plus  le choix qu’entre trois solutions : 1)      Se suicider en se jetant sous un train 2)      Se suicider en se jetant dans la Seine 3)      Se suicider en avalant trois boîtes de médicaments Que choisir ? Elle marche dans la ville, au hasard. L’air est frais, le ciel bleu pâle et les visages fermés. Ses... [Lire la suite]
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09 avril 2016

La reconversion

Dans la salle des profs, quelqu’un lui avait dit que Paul, le prof des maths qui était parti du lycée l’année passée, était devenu agent de sécurité. A ce moment-là une voix perfide s’est élevée pour dire : « De toute façon, c’est le même boulot, non ? »  
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07 avril 2016

Duo d'avril 2016

Deuxième partie du Duo avec Caro du blog " les heures de coton". Aujourd'hui, voici mon texte, avec toujours la même photo comme point de départ.   Le « boy friend »   A son retour d’Angleterre, Juliette avait parlé de son nouveau petit copain comme d’un « trophée ». Elle l’appelait  « The boy friend » et vantait ses qualités ex-tra-or-di-naires. Il est vrai que son séjour outre-manche l’avait  transformée : non seulement elle fumait – chose qu’elle détestait avant de partir... [Lire la suite]
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05 avril 2016

Duo avril 2016

Nouveau Duo avec Caro du blog " les heures de coton". Cette fois, une photo comme point de départ. Aujourd'hui place au texte de Caro, le mien sera publié jeudi prochain.   Duo avril 2016                         On n’imagine pas qu’un retard peut dévier le cours d’une vie déjà peu tranquille. On n’imagine pas qu’un SMS puisse vous faire bifurquer là où vous ne pensiez pas aller. Et, comme dans les mauvais films, ne pas sous-estimer le rôle d’une... [Lire la suite]
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03 avril 2016

Le fauteuil roulant

Tous les jours, à 14 h, Paulo garait son fauteuil devant le bar St Gervais, on l’éjectait à l’intérieur et il éclusait ses bières jusqu’à 18 h, heure à laquelle on le remettait dans son fauteuil, direction son appartement à la saleté repoussante où il coulait des jours cotonneux. Personne ne savait vraiment qui il était, ni quelle avait été sa vie. On lui avait bien posé des questions, mais son état comateux ne favorisait pas les dialogues avec les piliers du bar. Pourtant,  un jour  ils surent. C’était une après-midi de... [Lire la suite]
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01 avril 2016

Le toit

Elle s’était fait refaire son toit et elle y avait mis le prix. Lorsque les travaux ont été achevés, elle a dit au charpentier. -         Bon, j’espère qu’il va me faire longtemps celui-ci. -         Ne vous en faites pas, répliqua-t-il, vous serez morte avant votre toit. Elle  a souri, pour la forme, mais avait-elle envie qu’un toit lui rappelle la condition de mortelle de son moi ?
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