-          Je suppose qu’il n’y a pas de fruits ? Lui dit-il d’une voix qu’elle jugea impatiente.

Toujours ces interrogations négatives ! Il l’accusait d’être paranoïaque, mais il y avait de quoi : « Je suppose qu’il n’y a pas de fruits » ce n’était tout de même pas la même chose que  « Est-ce qu’il y a des fruits » !

Ce matin, il  avait commencé la journée par « je suppose que tu n’as pas acheté de dentifrice », suivi par « je suppose que tu n’as pas sorti la poubelle » et conclu par  « Je suppose que tu n’as pas appelé le plombier ».

Comment ne voyait-il pas que s’il lui posait des questions simples, elle n’aurait pas l’impression d’être remise en cause en permanence.

Soudain elle comprit :  Et s’il cherchait à la rendre folle, tout simplement, pour se débarrasser d'elle  ?