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Presquevoix...

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17 septembre 2026

Monsieur Lépingle

 

La première fois que j’ai rencontré Monsieur Lépingle, j’essayais d’attacher mes cheveux, que j’avais longs et volumineux, avec un catogan que je venais d’acheter au supermarché. Il m’a aidée. Son geste m’avait surprise mais il a précisé qu’il était coiffeur, alors…

La deuxième fois, j’essayais de trouver une nourrice pour mon fils à naître et il m’a dit – avec humour – je peux vous aider, car avec mon nom, je m’y connais en épingle à nourrice. J’ai souri et je n’ai pas regretté d’accepter son aide.

La troisième fois – et la dernière – ce fut la veille de son mariage. Là, je lui ai dit.

  • Eh bien, Monsieur Lépingle, félicitations. J’espère que vous allez être tiré à quatre épingles pour ce jour-là.

Et il m’a répondu.

  • Oui, bien sûr, je serai tiré à quatre épingles, mais à vrai dire je ne sais pas si je tirerai mon épingle du jeu.

J’ai éclaté de rire et lui ai souhaité tous mes vœux de bonheur. Ce à quoi il a répondu poliment.

  • Merci à vous. Sachez tout de même que le bonheur est exigeant, alors je n’aurai peut-être plus le temps de vous apercevoir. En tout cas vos trois sourires lors de nos trois rencontres, ce sont trois petits cailloux qui traceront le petit chemin qui sera désormais le mien.

Je l’ai embrassé – je n’aurais peut-être pas dû -  et jamais nous ne nous sommes revus jusqu’à aujourd’hui ; sans doute en raison des virages en épingle à cheveux qui ont traversé sa vie et la mienne. Mais qui me dit que je ne le reverrai pas ?

 

PS : prochain texte, samedi.

16 septembre 2026

Les ennemis personnels

 

Que sont mes ennemis devenus ? s’est-elle dit un beau matin au réveil.

Elle débuta alors son remue-méninge de printemps. Son premier ennemi était mort et c’était une mort de très mauvais goût car on ne l’en avait même pas avertie. Ce premier ennemi était sa mère. Le deuxième était en soin palliatif et, à son avis, il méritait d’avoir atterri là. C’était son père. Le troisième, il était encore en vie, mais pas pour longtemps car il cumulait un grand nombre de maladies symptomatiques. C’était son frère. Son quatrième ennemi, c’était l’Église, et elle savait que la mort de cette mère-là serait lente, très lente. Quant à son cinquième ennemi, c’était elle… mais elle l’ignorait.

 

PS : prochain texte, jeudi.

14 septembre 2026

Le mur métaphorique

Le mur métaphorique

 

Étrange mur, s’était dit Hélène, l’amoureuse des métaphores, en passant devant cette maison.

Elle est restée une heure face au mur sans que personne ne sorte de la maison. En chaque objet, l’histoire d’une vie. Elle a sorti son carnet et a commencé à écrire ce qu’elle imaginait. Elle en était arrivée à ces 7 étonnantes clefs quand un homme a ouvert la porte de la maison. Un géant ou presque, mais pour elle, tous les hommes étaient des géants.

  • Alors, vous réfléchissez ? a-t-il dit.
  • Oui, et il y a de quoi !
  • J’y ai passé deux ans de ma vie et j’en suis très content de ce mur.
  • Belle réussite, effectivement.

Il allait partir quand elle lui a demandé.

  • Et les sept clefs, ça représente quoi ?
  • Qui dit clef dit mystère, donc énigme à résoudre ! A vous de voir, je ne vais tout de même pas vous macher le travail.

Hélène l’a regardé s’éloigner à pas de géant sur le chemin avec son sac à dos. Quand il est revenu, deux heures plus tard, elle était toujours assise face à la maison en train d’écrire.

  • Eh bien, on dirait que les métaphores ont un effet ensorceleur ! Mais vous m’attendiez, peut-être ? Puis-je vous proposer de manger une omelette aux cèpes avec moi.
  • J’adore les cèpes.
  • Alors entrez, je vous en prie.

Une fois le repas terminé, une sieste s’imposait, ce qu’Hélène a fait dans la chambre du géant.

Sachez qu’Hélène et le géant sont restés ensemble durant sept ans, le temps qu’elle comprenne ce que signifiaient ces sept clefs qui étaient pendues sur le mur.

 

PS : Cette photo a été prise par mes bons soins en Bourgogne. Prochain texte, mercredi.

 

11 septembre 2026

Les deux suicides

 

Il s’était suicidé la veille de son mariage. Etonnement général.  Pas de lettre explicative, pas d’indices, rien. La mariée n’avait même pas pleuré. La mère du marié, par contre, avait été transportée d’urgence à l’hôpital.

La mère de la mariée, elle, fut étonnée de voir sa fille, Marie, aussi calme. Elle lui a demandé ce qui avait pu justifier un tel acte.

  • A vrai dire, je ne sais pas. Je lui ai dit que je ne l’aimais plus vraiment, mais que cela ne me gênait pas de me marier quand même avec lui si ça lui faisait plaisir. Mais de là à aller au suicide…
  • Tu n’avais qu’à refuser ce mariage alors. 
  • Mais maman, tu m’as toujours parlé des convenances, j’ai donc suivi le chemin des convenances.

La mère s’est tue et le silence s’est installé jusqu’à ce que Marie dise.

  • Comment j’aurais pu imaginer qu’il se suiciderait à cause de cette petite phrase de rien du tout. Il n’était pas en sucre !
  • Et maintenant ?
  • Eh bien on ira à son enterrement. Comme tu le dis souvent, la parole est d’argent et le silence est d’or. De toute façon, il ne s’entendait pas avec sa mère.
  • Peut-être, mais ce n’est pas une raison pour justifier un suicide Marie, par contre...
  • Quoi ?
  • Rien.

Elle a ravalé les mots qui lui brûlaient la gorge mais qui auraient pu déclencher un second drame.

Le lendemain, elle a téléphoné à la mère du suicidé afin de savoir si celle-ci avait besoin d’aide pour l’enterrement.

  • Non, l’enterrement se fera dans la plus stricte intimité, et il n’y aura aucun discours. Vous n’êtes d’ailleurs pas obligée de venir si vous ne le souhaitez pas.

La mère de la mariée a raccroché en bénissant le ciel de ce silence de rigueur. Se taire et faire semblant, les deux règles élémentaires de la vie qui avait été la sienne ! Une hygiène mentale qui lui avait permis de se tenir debout jusqu’alors. Mais tout de même, un suicide avant un mariage, se dit-elle, c’est perturbant. Que s’était-il passé entre Marie et son futur époux ? Qu’est-ce que sa fille lui avait vraiment dit pour provoquer un tel drame ? Pourquoi revivait-elle, à travers sa fille, ce qu’elle-même avait vécu la veille de son mariage, alors qu’elle était enceinte de quatre mois. Elle se rappelait, bien sûr, avoir dit au père de sa fille, la veille de la cérémonie, qu’une fois mariée, elle ne se sentirait aucune obligation envers lui ou envers sa famille et elle avait ajouté : « Ma devise est et restera : ma vie ne sera jamais brisée par les contraintes. » Cette phrase l’avait-elle blessé au point de le pousser au suicide, lui aussi ?

A 22 heures, elle s’est mise au lit, épuisée, en se disant : « Ciel, que les hommes sont fragiles ! Heureusement que je n’ai pas une deuxième fille, sinon il aurait pu y avoir un troisième suicide avant mariage. » Juste après, elle est entrée dans le royaume du sommeil, un royaume dont la douceur l’avait toujours ravie.

 

PS : prochain texte, lundi.

10 septembre 2026

Parloir

 

Elle connaissait la case prison depuis deux ans, non parce qu’elle y résidait, mais parce qu’elle était visiteuse en détention. Une fois par semaine, elle écoutait le même  homme, plongé dans la caverne de la solitude.

Le nouveau détenu qu’on lui avait désigné avait dans les cinquante ans. Il était renfrogné et peu enclin à la parole. Elle allait devoir s’adapter. Le calme et la patience étaient les deux figures de proues de son activité d’écoutante.

Ce qu’il avait fait, elle l’ignorait, l’administration pénitentiaire  ne donnait aucun renseignement personnel sur les détenus ; néanmoins, parfois, certains choisissaient d’aborder le sujet.

Un jour, contrairement à son habitude, elle était arrivée en détention en retard sur l’heure prévue. Dès qu’il est entré dans le parloir, le détenu lui a dit.

  • J’ai cru que vous ne vouliez plus venir, ça m’a fait un choc. 

Elle l’a regardé, surprise, car l’homme était avare d’émotions, et elle lui a répondu.

  • Vous savez, pour moi une promesse est une promesse.

Il lui a juste répondu.

  • Moi, le pays des promesses, je connais pas. L’abandon, oui, c’est le pays de mon enfance.
  • Je comprends.
  • Quoi ?
  • Que vous soyez étonné que je tienne mes promesses.

A la fin de sa visite, elle s’est rendue compte qu’il suffisait parfois d’une phrase, une seule, pour que la confiance se noue et que la parole s’ouvre.

 

PS : prochain texte, vendredi.

8 septembre 2026

La correspondance des marges

La correspondance des marges

 

Paul se réveilla la bouche pâteuse et la tête migraineuse. Avait-il bu la veille, seul ? Il ne s’en souvenait pas. Il s’assit un instant sur son lit afin d’éviter toute perte d’équilibre et, soudain, le rêve lui revint :

Un homme inconnu, grand et barbu, au manteau noir, avait surgi au pied d’un pylône et lui avait dit de sa voix de baryton : « Si tu n’as pas d’idée pour écrire, c’est simple, tu prends une feuille format A4 et tu écris dans la marge. L’espace en est réduit, donc tu auras immédiatement des idées courtes dont le rythme accélère l’histoire. » Après lui avoir donné une rigoureuse tape sur l’épaule, l’homme était parti en escaladant le pylône.

Etrange tout de même s’était dit Paul en regardant l’heure : « 10 h 30, moi qui ne fais jamais la grasse matinée. Drôle de rêve. La correspondance, oui, l’écriture oui, les marges… pourquoi pas ? C’est vrai que je suis un peu en marge depuis le départ d’Anne, mais tout de même, écrire dans des marges. »

Soudain le téléphone sonna. Pas son portable, mais le téléphone fixe qu’il avait gardé dans son bureau. Il décrocha.

  • Allo ?
  • Paul Durand ?
  • Oui.
  • Je vous téléphone de la part d’Anne.
  • Ah, et pour quelle raison ?
  • Elle vous demande de ne pas écrire votre livre.
  • Pourquoi ?
  • Si vous parlez d’elle, elle en fera part à son avocat.

L’homme raccrocha.

Qui était ce type ? Dans toute vie, pensa Paul, il y a un moment charnière. Ce livre l’illustrerait. Pourquoi n’évoquerait-il pas ce moment ?

C’était il y a six mois exactement. Il  rentrait de chez son éditeur pour signer son nouveau contrat et il avait trouvé Anne en pleurs, assise à la table de la cuisine.

  • Eh bien, tu viens d’éplucher des oignons ou quoi ? avait-il dit bêtement.
  • Non, je pars, définitivement.
  • C’est quoi cette histoire ?
  • Je suis sérieuse et tu vois comme c’est difficile pour moi, j’en pleure. Maintenant tu auras tout le temps d’écrire et plus personne pour t’emmerder.

C’est là que tout avait basculé. Hurlements, coups, intervention du voisin et de la police, puis le silence, l’insupportable silence qui lui pesait tant. L’écriture du roman avait commencé trois mois plus tard. Une écriture scandée par des périodes de vide intense jusqu’au moment où il avait trouvé le titre du roman : la charnière.

Et c’est cette charnière que sa femme voulait lui retirer, cette charnière qui marquait le début d’un nouvel élan sur les chemins de l’écriture ?  Alors  il cria : « Impossible, le livre sera publié, advienne que pourra ! »

 

PS : prochain texte, jeudi.

6 septembre 2026

Le docteur Schnell

 

Quand je suis arrivée chez le docteur Schnell, je n’en menais pas large. Cet orthodontiste m’avait été conseillé par ma dentiste. Je lui avais tout de même demandé.

  • Schnell, c’est vraiment son nom de famille ?

Et elle m’avait répondu.

  • Oui, pourquoi ?
  • Eh bien cela me rappelle de vieux souvenirs.
  • Rassurez-vous, M. Schnell est très doux, vraiment, tout le monde l’apprécie.

En arrivant au sein de cette vaste demeure bourgeoise, j’ai fait un passage obligé par son assistante et secrétaire qui m’a demandé ma carte vitale et m’a conduite dans la salle de « torture ».

J’ai attendu le docteur Schnell 5 minutes, puis il est arrivé. Plutôt jeune et un visage agréable mais quand il a commencé à parler, j’ai eu un peu peur : son articulation rapide et sa voix de basse ne m’ont rien dit de bon. J’ai malgré tout gardé le sourire, sauf quand il m’a demandé d’ouvrir la bouche, et je l’ai longtemps laissé ouverte ! Le Docteur Schnell m’a laissé la lumière du spot dans l’œil pendant toute la durée de l’intervention car il a oublié – sans doute le stress préopératoire – que je lui avais dit dès le départ que la lumière gênait profondément mes yeux.

J’ai senti mon cœur s’accélérer quand il m’a anesthésiée. Vous me direz, l’anesthésie est préférable pour ce genre de « mise en bouche ». Après l’anesthésie, qui a duré 5 minutes, il y a eu l’extraction, qui elle, a duré 15 minutes et c’est là que j’ai commencé à paniquer. Monsieur Schnell s’est un peu énervé car la dent de sagesse résistait. L’assistante elle, me demandait si tout allait bien. Mais comment aurais-je pu lui dire que non, tout allait mal, très mal, car j’avais le spot dans l’œil, et que je me demandais combien de temps ce combat allait encore durer. Monsieur Schnell, lui, me disait avec sa voix de basse qui s’assimilait à celle d’un caporal en chef.

  • Ça va sortir, ça va sortir, je vous dis que ça va sortir !

Et, finalement, c’est sorti. Plus rapide qu’un accouchement, certes, mais une émotion différente à la sortie de la dent !  

 

PS : prochain texte, mardi.

 

4 septembre 2026

Amazon

 

Il travaillait chez Amazon, à défaut de trouver autre chose et, le premier jour, il avait dit à son coéquipier.

  • On sait qu’ici la classe ouvrière n’ira pas au paradis.

Le type ne lui avait rien répondu et n’avait pas souri. Il faut dire que dans les étalages il fallait trier et ranger. La robotisation et l’automatisation ne rendaient pas le lieu propice à la parole.

Il commençait à 6 h et sortait à 14 h. Lors de la pause, à 11 heures, les dialogues n’étaient pas au rendez-vous. Dommage car il aurait bien écrit un truc sur cette boîte, il était sûr que le créneau était porteur.

En tant qu’agent de tri, il se fatiguait moins, mais trier les documents et les informations ne permettait pas de délier les langues du personnel. Lui, il se donnait trois mois avant de décider de changer de boulot.

« Trois mois, c’est court et c’est long », lui avait dit sa voisine, un peu plus loquace que les autres. Elle, elle se donnait un an, et après elle verrait.

  • Tu verras quoi ?
  • Eh bien je serai peut-être caissière à Intermarché. Et toi ?

Il avait hésité une minute et avait répondu.

  • Moi, je me foutrai au RSA.
  • Tu gagneras pas grand-chose !
  • Je m’en fous. Pour moi le RSA c’est Repos Santé et Attente. Il me restera plus qu’à me trouver une vieille qui a du fric.
  • Tu y penses vraiment ?
  • Ben non. Je pense surtout que je retournerai chez mes parents pour ne pas payer de loyer.
  • T’as quel âge ?
  • 26 ans.
  • T’as fait des études ?
  • Un peu.
  • Alors continue d’étudier si tu peux. Moi j’en ai pas fait. Pas de fric dans ma famille, et je le regrette.

Il la regarda en souriant et ajouta.

  • Merci de tes conseils.  C’est vrai que j’ai de la chance.

Trois mois plus tard, il arrêtait Amazon et allait faire un bilan de compétences pour identifier ses aspirations - en avait-il ? – et ses compétences. Une projection vers l’avenir, ça doit être possible, s’était-il dit en pensant à sa collègue coincée entre Amazon et la caisse d’un supermarché.

 

PS : prochain texte, dimanche.

2 septembre 2026

La rentrée

 

Les deux nuits qui précédaient les rentrées scolaires, c’était toujours la même chose, des cauchemars : soit elle arrivait nue dans la salle de classe, soit en pyjama, soit elle n’avait pas de cartable avec ses cours, mais un grand panier à provisions.

Maintenant, elle est retraitée, les  rentrées scolaires et les cauchemars ont disparu, mais un rêve récurrent est entré dans sa vie : elle est convié à un enterrement et ne sait pas de qui, sauf qu’à un moment donné, elle apprend que ce sera le sien.

 

PS : prochain texte, vendredi.

31 août 2026

La chatte

 

Il détestait cette chatte dont il avait hérité à la mort de sa voisine. La chatte non plus ne l’aimait pas.  Dès qu’il entrait dans la pièce où elle se trouvait, la bête feulait, son poil se hérissait et elle semblait lui dire :  Sors tout de suite ! Dès qu’il voulait lui parler, un chat dans la gorge l’empêchait de sortir quelque son que ce fût.

C’était certain, la chatte lui en voulait, et pour une raison très simple : il avait tué sa maîtresse en lui fournissant les petites pilules de la mort qu’elle réclamait depuis deux ans. Il faut dire qu’ elle souffrait et 95 ans, n’était-ce pas un bel âge pour disparaître ?  Il lui avait bien sûr promis de garder sa chatte.

Quinze jours après le décès de sa voisine, fatiguée du couple haineux qu’il formait avec la bête,  il lui avait présenté Aglaé – son amie d’enfance, amoureuse de chats en tout genre. Depuis, la chatte ne feulait plus mais son poil se hérissait encore. Elle semblait lui dire : envoie-moi chez Aglaé ! Ce qu’il fit.

Une fois la chatte partie, sa vie suivit son chemin entre musique, silence et écriture. Il en fut ravi, la chatte aussi, et jamais ils ne se revirent. Le dernier SMS d’Aglaé, c’était une photo de la chatte avec, devant elle, un MERCI signé « La chatte de ta voisine décédée ».

Il sourit et se jura de ne jamais avoir d’animaux… sauf humains, peut-être !

 

PS : prochain texte, mercredi.

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