La voisine
Hier, j’ai fait la connaissance de ma nouvelle voisine, âgée mais adorable, tellement adorable qu’elle m’a proposé, pour mon déménagement, de garer le camion devant sa porte de garage. Je lui ai demandé malgré tout.
- Vous êtes sûre et certaine que cela ne vous dérange pas ? Je ne voudrais pas abuser.
- Mais non, pas du tout, m’a-t-elle assuré de son sourire le plus charmeur.
Je lui ai souri en retour et je me suis dit que j’avais vraiment de la chance de tomber sur une voisine pareille. C’est tellement rare les personnes âgées qui spontanément vous proposent de vous rendre la vie plus simple.
Le lendemain, j’arrive avec la camionnette et quelques amis venus pour m’aider. Comme convenu, je l’arrête devant chez elle et on commence à débarrasser les affaires. Deux heures plus tard la police arrive et me dit de laisser l’accès libre au portail. Je leur réponds que si je suis garée là, c’est en accord avec la voisine. Enervé, le policier à moustaches me répond.
- Voyez-vous, ça m’étonnerait. Madame vient justement de nous appeler pour nous dire que vous refusiez de bouger votre camion !
Je n’ai pas pu m’empêcher de pousser un « merde » retentissant. La salope, ai-je pensé en mon for intérieur. Elle allait voir ce qu’elle allait voir. Le lendemain je lui écrivais une petite lettre où je lui expliquais mon incompréhension en concluant que pour moi, oui c’était oui et non c’était non. Le jour suivant, je trouvais une lettre dans ma boîte aux lettres me disant.
« La jeunesse, mademoiselle, c’est l’absence de respect, et vous venez de me le prouver. Chez vous le vernis d’humanité semble mince. Dommage, car nos relations de voisinage risquent d’être difficiles ! »
PS : prochain texte, jeudi.
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