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Presquevoix...
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30 septembre 2008

Saveurs et épices

Recette

Vous prenez une jolie salle boisée, poêle en pierre ollaire pour réchauffer l’atmosphère de départ, une longue table pour les convives et une exposition d’épices de toutes sortes, de toutes provenances et aux parfums enivrants.

Puis, vous mélangez les convives au fur et à mesure de leur arrivée, vous les mettez dans l’ambiance en leur servant un apéritif composé d’un sirop de fleurs de sureau, gin et Schweppes dans de jolies flûtes à champagne.

Quand les conversations vont bon train, vous conviez vos hôtes à s’asseoir et vous leur servez une petite salade tomates, concombres et oignons saupoudrée de coriandre fraîche.

Alors que les papilles sont en alerte, un petit voyage imaginaire à travers le monde des épices est offert. L’Inde, Madagascar, la Tasmanie, l’Egypte, La Réunion sont les étapes de cette épopée sans oublier le Maroc qui sera l’ultime escale de ce circuit épicé.

Comme vous ne désirez pas forcément que vos hôtes s’ennuient, vous accompagnez ce périple par des travaux pratiques. Vous leur fournissez un bol et une cuillère et vous faites passez dix-huit épices moulues qui entrent dans la composition du RAS EL HANOUT.

A savoir :

Coriandre – piments doux – piment Jamaïque – cardamome – macis – gingembre – cumin oriental – cannelle – poivre noir – nigelle – girofle – poivre long – maniguette – curcuma – ail poudre – sel et à volonté des boutons de rose et du piment fort.

Encouragez ces préparateurs occasionnels à humer les senteurs après chaque ajout, lesquelles senteurs vont évoluer au fil des minutes qui passent et emporter chacun dans un monde imaginaire.

Puis quand les nez seront pleins de sensations épicées, leurs servir un couscous marocain au mouton et au poulet relevé comme il se soit par un Ras El Hanout maison et accompagné d’Harissa pour les amateurs de sensations fortes.

Les ventres repus ne manqueront pas de clore ce repas par le traditionnel thé à la menthe servis dans des petits verres décorés.

Le poêle n’a plus que des cendres qui rougeoient et l’atmosphère est suffisamment chaude et conviviale pour que les timidités, les inhibitions fassent place aux rires et aux échanges d’un bout à l’autre de la table. Les conversations fusent, les thèmes de toutes sortes sont évoqués, défendus, travaillés tant et si bien que la soirée fortement avancée n’inspire aucunement l’envie de rentrer.

Vos hôtes sont bien mais vous, vous désirez clore. Vous leur fournissez alors des sachets joliment décorés pour qu’ils y mettent leur propre préparation épicée et c’est avec un petit souvenir qu’ils finiront par repartir dans leurs pénates, les habits tous imprégnés de parfums divers et le ventre plein et satisfait mais point trop lourd.

Satisfait de votre prestation, vous pouvez à votre tour aller vous coucher, la conscience en paix même sachant vos hôtes sur les routes, car la soirée si elle fut gustative n’a pas, à part l’apéritif de départ, eu besoin de (trop) boissons alcoolisées pour être réussie.

 

Recette tirée de l’expérience vécue lors de la semaine du goût, au Monde des Epices, à Seigneux dans le canton de Vaud en Suisse.

www.poivre.ch

30 septembre 2008

Les questions des journalistes sont-elles des questions ? (gballand)

Vendredi soir, journal de la 2 à 20 heures, un journaliste demande à une femme, après une explosion qui a ravagé un café, au sein d’une cité : Est-ce que vous vous attendiez à ça ? Le type même de la question parfaitement imbécile, qu’on entend à tout bout de champ dans les médias.

On pourrait d’ailleurs, par pur plaisir, imaginer le même type de questions dans  d’autres contextes, par exemple :

Votre voisin était zoophile, vous vous attendiez à ça ? Votre boucher a tué sa femme avec son couteau à désosser, vous vous attendiez à ça ? Votre banquier s’engraisse sur votre dos, vous vous attendiez à ça ? Le ministre de l’Education Nationale ne sait toujours pas faire une règle de trois alors qu’il a spécifié que cette opération devait être acquise par les élèves en fin de primaire, vous vous attendiez à ça ?  Le président de la République a été conduit, en état de crise, à l’hôpital psychiatrique, vous vous attendiez à ça ? etc.

Il est vrai que souvent… on ne s’attend pas à grand chose, et surtout pas à « ça » !!!!

PS :  notez bien que parfois, le journaliste donne même la réponse aux questions qu’il pose… c’est plus sûr.

29 septembre 2008

Une journée particulière (MBBS)

Journée magnifique. Enfin du soleil après la grisaille du stratus qui recouvre immanquablement le plateau de Bâle à Lausanne une grande partie de l’hiver. Quand nous avons de la chance, ce stratus disparait dans la matinée, parfois il persiste des jours entiers recouvrant ainsi nos têtes de grisaille et de pollution.

En ce jour radieux, disais-je, nous avons fêté dans notre rue l’obtention du permis B d’une figure emblématique : un homme déraciné, requérant d’asile débouté, vivant dans la crainte d’un renvoi par une justice ( !) implacable !

Notre rue n’est pas une rue ordinaire. Les voisins se connaissent, s’apprécient, se parlent, s’entraident, organisent des rencontres pizzas autour du four à bois communautaire et y boivent des vins locaux tout en refaisant le monde. Parmi ces voisins, deux familles ont hébergé et caché cet homme afin de le soustraire à une décision de renvoi ….après des péripéties administratives que seuls des fonctionnaires sans cœur peuvent apprécier, le permis  permettant un travail régulier et une autorisation à vivre dans ce pays réputé pour ses montagnes, ses banques et son chocolat mais pas forcément pour son ouverture et sa convivialité, a été accordé.

Hourrah avons-nous chanté, les miracles existent parfois !

Cet homme, de taciturne et replié sur lui-même m’est apparu souriant, soulagé et enfin heureux de pouvoir poser son baluchon et prendre racine après tant d’errances et de peurs.

J’ai rencontré lors de cet apéro un couple âgé, bon chic bon genre, inconnu dans la sphère habituelle de ces rencontres. Curieuse que je suis, je les ai approchés et nous avons bavardé. Leur grande maison vidée de leurs quatre enfants, ils ont ouverts leur porte et leur cœur à des pauvres hères laissés sans toits par des jugements faciles. Un soir, c’est trois réfugiés mis à la rue par la fermeture du centre où ils étaient hébergés, qu’ils ont accueillis chez eux pour des durées variables. Ce couple n’est plus capable de faire le compte exact des personnes qui ont séjourné chez eux, il y en a eu tellement. L’homme du jour avait été une de ces personnes et reconnaissant, il voulait que ses autres amis les rencontrent.

Je me suis sentie toute petite face à ce couple serein, souriant, modeste et au cœur aussi grand que leur maison. Petite mais pas désespérée car de « petite » au contact de « grands », il y a toujours un apprentissage qui permet un jour ou l’autre de prendre de la hauteur, non ?

29 septembre 2008

Heureuse ? (gballand)

Elle lui dit, l’air abattue.
- Tu vois, je me demande si je suis heureuse...
Fatigué de ses états d’âme permanents, il lui répondit
- Ecoute, arrête de penser, tu vieilliras moins vite !

28 septembre 2008

Le miroir ( texte de gballand)

Elle regarda le miroir catastrophée ; elle n’en était pas arrivée à ce point-là, ce n’était pas possible  ! En se regardant à nouveau, elle vit deux plis amers au coin de la bouche, une ride profonde qui lui barrait le front - comme une blessure mal refermée - et une peau presque luisante, aux pores dilatés. Sans parler de ses joues qui devenaient flasques. Lorsqu’elle les pinça, elle s’aperçut que la peau reprenait difficilement sa forme initiale et voulait garder le pli à tout prix… 
Elle eut un geste d’humeur, décrocha le miroir, le prit sous le bras et le descendit à la cave. Elle le déposa dans la grande malle en fer, sous une couverture, fit claquer le couvercle et ferma la porte de la cave à double tour.

Elle ne le remonterait plus jamais. Voilà ce qui arrivait aux miroirs qui réfléchissaient trop !

25 septembre 2008

Je te dis qu’il y a quelqu’un (texte de gballand)

Ce matin, j'ai téléphoné chez moi par erreur et au moment où j'allais raccrocher quelqu'un a décroché et a dit.


- Allô !
Sur le moment je n'ai rien répondu, l'effet de surprise, sans doute. Puis j'ai fini par articuler.
- Qui êtes vous ?
- C'est plutôt à moi de vous le demander ! A enchaîné cette voix que je ne connaissais pas.
- Qu'est-ce que vous faites chez moi ?
- Ecoutez, j'ai autre chose à faire qu'écouter des hystériques...

J'ai raccroché le combiné la main tremblante. Puis, j'ai appelé mon mari, au comble de l'énervement. J'ai essayé de lui expliquer la situation en quelques mots mais il ne comprenait rien, comme d'habitude ! Je lui ai dit tout de go « Téléphone à la maison et tu verras bien. » Il m'a rétorqué « A quoi ça servira puisque nous ne sommes pas à la maison, mais ici, chez tes parents ! ». Je lui ai dit implacable « Cesse de raisonner et prends le téléphone, tu verras bien ! » Devinant que rien ne pourrait me calmer, il a composé notre numéro de téléphone. Manifestement personne ne répondait. Il a raccroché en disant un « Tu vois ! » triomphant. Je déteste ce ton qu'il n'utilise qu'avec moi. Je lui ai rétorqué immédiatement.

- Téléphone à nouveau  !
- Qu'est-ce qu'il te prend ? Tu es devenue folle ?
- Vas-y, je te dis  !

Il sait très bien que lorsque j'ai une idée en tête, je ne cède pas, alors il a refait notre numéro. A la pâleur de son visage j'ai compris qu'il se passait quelque chose, on avait dû décrocher de l'autre côté. Je l'ai entendu dire « Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? » à plusieurs reprises, puis il est devenu livide. Il a bien essayé d'ajouter quelque chose mais rien ne sortait, et ensuite il s'est effondré sur le sol.

Maintenant je suis à l'hôpital, j'attends qu'il reprenne connaissance. On m'a juste dit qu'il avait eu un choc émotionnel et qu'il devrait se réveiller d'un moment à l'autre, seulement le moment s'éternise et je regrette amèrement d'avoir insisté pour qu'il retéléphone. J'essaierais bien de  téléphoner à mon tour, juste pour voir, mais je préfère attendre qu'il se réveille.
J'ai peur...

25 septembre 2008

Ca marche pour toi? Suite et fin

- Maman ?

- Oui.

- Tu m’en veux ?

Elle le regarde intensément, avance sa main pour prendre la sienne et murmure.

- Non, je ne t’en veux pas, je pense que cela a aussi été difficile pour toi, le passé est le passé, je suis contente de savoir que tu vas bien mais…

- Mais ?

- Que veux-tu au juste ?

- Te revoir.

- Et ?

- Te revoir de temps en temps, c’est tout.

Soulagée, elle s’adosse au dossier de sa chaise.

- J’avais peur que tu veuilles revenir vivre avec moi. Notre vie commune était si catastrophique que je ne pouvais l’envisager. Mais te revoir et passer des petits moments avec toi, oui, j’en serais heureuse.

Elle se redresse et de sa main, effleure le visage de ce fils inconnu.

- Viens au salon, je te ferai un soin du visage, tu verras c’est très agréable.

Il lui prend la main et la porte à ses lèvres.

- Si tu as besoin d’un beau mec pour épater tes copines lors d’un dîner, tu me fais signe ?

- Ca marche, je serais heureuse d’être à ton bras.

- Quand je t’ai téléphoné, je ne pensais pas que notre conversation prendrait ce chemin, en fait j’avais peur et en même temps, j’étais plein de rancœur à ton égard. Tu m’as surpris, qu’est-ce qui t’a fait changer ainsi ?

Elle marque une pause avant de répondre.

- Quand tu es parti, je me suis regardée dans le miroir et ce que j’ai vu m’a fait peur. Une mégère, j’étais une véritable mégère et je t’avais fait du mal. Je n’étais pas préparée à vivre avec un fils ado, te voir de temps en temps c’était différent, je pouvais maitriser mais pas une vie commune. Ton père ne m’avais pas laissé le choix et cela devait être temporaire, le temps pour lui de s’installer. Tu connais la suite. Après notre crise, j’ai voulu changer même si c’était trop tard, j’ai demandé de l’aide, le chemin a été long mais j’y suis arrivée. Je t’ai cherché tu sais, pendant des années, je pensais t’apercevoir à chaque coin de rue, quand quelqu’un sonnait à la porte, je m’imaginais que cela pouvait être toi, j’ai eu mal, très mal mais comment t’en vouloir, c’était moi la fautive, moi l’adulte, c’était à moi de faire le travail et de changer. Je pense que j’y suis parvenue mais vivre à deux n’est pas pour moi, c’est aussi pour cela qu’il n’y a pas d’homme dans ma vie, en fait, personne de stable. Je suis une solitaire, voilà tout !

Il ne répond rien il hoche la tête.

- Et toi, tu as quelqu’un dans ta vie ? Une famille ?

- Pas encore trouvé la femme qu’il me faudrait, des aventures, rien de plus.

Elle rit en rejetant sa tête en arrière.

- Toi et moi faisons une belle paire…telle mère, tel fils, enfin je te souhaite d’avoir autant de chance que moi, d’avoir un fils qui…pardonne ?

Il ne réplique rien, il l’observe gravement, elle soutient son regard, l’instant est intense, les secondes passent lentement puis un sourire apparaît sur leurs lèvres, les mots n’ont plus d’importance .

25 septembre 2008

J’arrête de boire ! ( texte de gballand )

alcoolCette campagne de lutte contre l’alcoolisme du « Drug and Alcohol service for London », à l’attention des femmes, est particulièrement dissuasive. Son slogan « If you drink like a man, you might end up looking like a man” ou “ Si vous buvez comme un homme, vous pourriez finir par ressembler à un homme” m’a tétanisée… bien que je ne sois pas anglaise.

Si j’en crois l’article du dailymail, deux femmes sur 5 sont préoccupées de l’impact de la boisson sur leur corps, alors qu’elles ne sont qu’un tiers à se préoccuper des conséquences de la prise d’alcool sur leur santé. D’où cette campagne qui insiste sur les conséquences physiques de la prise d’alcool : votre peau se flétrit et rougit, vous vieillissez au pas de charge et votre balance hurle à l’excédent de poids ; sans oublier, qu’ en toile de fond, vous risquez de ne plus vous reconnaître dans la glace mais d’y voir votre double masculin !

Je ne sais pas si messieurs les Anglais apprécient cette campagne un tantinet « sexiste » - qui ne donne pas envie d’aller  voir les « petits anglais » de près - mais en tout cas, moi, j’ai déjà remisé ma bouteille de Porto au fond du buffet. Je ne serai plus prise en « flagrant delitre » !
Quand j’aurai oublié, on verra…

* Photo vue sur le site du dailymail

24 septembre 2008

Ca marche pour toi?

Elle avait accepté de prendre un café, rien de plus. Il l’attendait en se rongeant les ongles. C’était une sale habitude mais quand il était un peu nerveux, il ne pouvait s’en empêcher, certains fument, lui c’était les ongles. Pour la 4ème fois, il se regardait dans le miroir qui faisait face à sa table, miroir qui vantait une marque de bière avec une belle rousse plantureuse au sourire enjôleur. Pamela n’avait pas le sourire enjôleur en fait, il se demandait s’il l’avait vu sourire durant ces deux ans pendant lesquelles ils avaient vécu ensemble. Les disputes étaient leur lot quotidien et ils s’en contentaient. Le jour où elle avait levé la main sur lui, il n’avait plus supporté et s’était tiré. Cela faisait presque dix ans maintenant, dix années au cours desquelles il avait bourlingué de ci de là sans jamais donner de nouvelles. Quand il lui avait téléphoné, elle avait pleuré, pleuré de le savoir encore en vie, pleuré de toutes ces années d’angoisse à ne pas savoir ce qu’il était devenu.

Il sort un peigne de sa poche et lisse à nouveau ses cheveux, puis content de son look, rajuste son blouson et regarde une fois de plus sa montre. Elle est en retard, elle ne va pas tarder. Elle va être surprise de le trouver si chic, il est sûr qu’elle pense qu’il est SDF ou chômeur, elle lui disait qu’il finirait ainsi. Eh, bien non ! Ca été dur mais la rage de ne pas lui donner raison a été le moteur de sa réussite et la chance a fait le reste.

Une main se pose sur son épaule, il sursaute.

- Excuse-moi, je ne voulais pas te faire peur.

Il lève le visage et ce qu’il voit le surprend. Sa mère est belle, cheveux courts bruns aux mèches cuivrées, silhouette fine mise en valeur par une jupe étroite moulante, un pull a col roulé et une veste en daim, bottes à mi-mollets. La bouche esquisse un sourire timide et il remarque qu’elle est maquillée. « Tiens, se dit-il, elle ne se maquillait pas avant. »

Elle s’assied en face de lui, le serveur s’approche et elle commande un café serré. Ils restent à s’observer, attendant que l’autre parle.

- Tu as changé.

- Toi aussi, cela fait si longtemps.

- Dix ans.

- Tu as l’air en pleine forme.

- Toi aussi.

- Merci.

Après ces banalités, un silence s’installe. Elle tourne sa cuillère dans le café, le coude sur la table, la main soutenant son visage. Il note les ongles peints et soignés. Cette femme n’est pas sa mère, il ne la reconnait pas.

- Tu fais toujours le même job ?

Elle sourit, un sourire tendre et espiègle. Il ne l’a jamais vu sourire ainsi.

- Non, heureusement, je n’en pouvais plus. Quand tu es parti, j’ai décidé de reprendre une formation, je suis esthéticienne, j’ai mon propre salon et j’ai une bonne clientèle. Ça marche bien, je suis contente.

- Ah, je comprends !

- Tu comprends quoi ?

- Ben, ton look, tout quoi !

- Je te plais ?

Il est surpris par la question mais répond que oui, il la trouve super. Elle rit de cette affirmation. Elle demande-

- Et toi, que fais-tu ? Tu as l’air bien, chic et tout.

Elle a remarqué, il en est fier.

- Je dirige une agence d’Escort boy et girls.

Elle ouvre de grands yeux.

- Tu veux dire ces hommes et ces femmes qui accompagnent des riches à des dîners ou soirées ?

Il hoche la tête.

- Tu l’as fait toi aussi avant de diriger l’agence, tu as aussi été un…escort boy ?

Il hoche à nouveau la tête.

- Et…

La question lui brûle les lèvres mais elle n’ose pas la poser.

- Et tu aimerais savoir si j’ai couché avec toutes ces femmes.

C’est à son tour de hocher la tête.

- Pas tout le temps, ce n’était pas prévu dans le contrat et je pouvais choisir. Quand la femme me plaisait, je me laissais tenter, cela dépendait des circonstances.

- En fait, je ne suis pas étonnée, tu es beau, tu dois avoir du succès et tu t’es épanouis durant toutes ces années… comme moi…Notre vie ensemble n’avais rien de réjouissant, nous vivons mieux séparés, c’est le constat qui s’impose non ?

Il ne répond rien.

- Au fait, tu as revu ton père ? Quand tu es venu vivre avec moi, il repartait en Amérique du Sud avec l’idée de te faire venir plus tard. Sa mère ne voulait pas te laisser à moi, elle avait sans doute raison mais cela devait être provisoire. Quand tu as claqué la porte, j’ai essayé de le joindre mais sans succès, puis après j’ai laissé tomber, je ne sais même pas s’il vit toujours. C’est une manie chez les hommes de cette famille, partir sans donner de nouvelles.

A suivre...

24 septembre 2008

Les excuses (texte de gballand)

Encore un jour passé à chercher des excuses* ! Je me demande s'il y a un jour, un seul jour de ma vie, où je ne me suis pas cherché d’excuses. Je crois qu'il y a 40 ans, si j'avais pu me trouver une excuse valable, je ne serai jamais sorti du ventre de ma mère. Enfant, j’avais toujours l’excuse à la bouche, comme d’autres ont le sourire aux lèvres. J’inventais des excuses pour ne pas rentrer à l'heure, ne pas faire mes devoirs, ne pas faire les courses, ne pas aller au piano, ne pas me coucher... Je me souviens qu' un jour où j'avais séché les cours, j'avais dit que j’étais allé à l’enterrement de ma grand-mère qui, bien sûr, n’était pas morte  !  J’ai passé 40 ans de ma vie à me chercher des excuses, et aujourd'hui, mon problème, c'est que je cherche une excuse que je ne trouve pas !

Vous me direz : ce n'est pas possible, avec l’expérience qui est la tienne, tu ne peux pas ne pas te trouver une excuse ! Hélas si, aujourd'hui, je cale. Panne sèche. Il faut dire que le problème est un peu plus délicat. Je vous explique en deux mots ce dont il s’agit : un suicide... Je veux me suicider et je me demande ce que je vais bien pouvoir écrire à ma femme...

* phrase lue sur le blog Blues

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