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Presquevoix...
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29 février 2008

Des lendemains qui déchantent

NB : ce texte est une fiction.

Elle le regarde dormir, le visage tourné vers la fenêtre et soudain elle éprouve le besoin  de partir. Mais qu’est-ce qu’elle fiche dans cet immeuble, dans cette pièce, dans ce lit où elle est  nue ! Bien sûr elle n’y est pas arrivée par hasard et elle y est même venue de son plein gré mais maintenant, elle n’est plus très sûre de vouloir être là où elle est. Elle le regarde à nouveau, le cheveu noir coupé très court, le corps long et fin, avec cette façon de dormir comme un enfant repu de rêves.

Elle l’a rencontré la veille, dans une boîte de nuit, avec Léa. Elle y était allée pour tuer l’image de Victor – son homme du moment – et elle n’avait rien trouvé de mieux que de tuer l’image d’un homme avec celle d’un autre. Victor l’épuisait. Et comment s’appelle-t-il au fait ce type allongé ? Elle ne s’en souvient même plus. Peut être ne lui a-t-elle même pas demandé hier, dans la précipitation. Paul, ça lui irait bien, il a une tête à avoir un prénom à une syllabe : Paul ou Jean… Enfin ça n’a pas beaucoup d’importance maintenant parce que tout s’est déjà passé.

Tiens, il vient de dire quelque chose, elle tend l’oreille pour l’épier dans son sommeil. Il gémit – “ Yé n’y arrivé pas, yé né pé pas... ” – il a un drôle d’accent, elle ne l’a pas remarqué la veille. Ses cheveux sont d’un noir bleu. Elle pense que c’est ce qu’elle a préféré chez lui. Victor lui, a les cheveux blonds et la peau laiteuse jusqu’à l’écœurement, quand il est nu. Cette différence là était indispensable, sinon aurait-elle pu aller jusqu’au bout avec l’autre ? La danse l’a un peu assommée, elle était dans un autre monde. Elle croit même que Jean – ou peut être Juan, parce qu’avec cet accent ! – l’a embrassée longuement. Enfin ça n’a pas prêté  à conséquence, tout le monde le fait dans ces boîtes, c’est une façon de remercier son partenaire. C’est ainsi, en tous cas, qu’elle a vu les choses, hier après la danse.

Il bouge à nouveau. Est-ce qu’il a ouvert un œil ? Mais non, il n’y a pas à s’inquiéter. Elle se lève silencieusement pour aller chercher sa robe qui gît sur le sol, non loin du lit. Comment peut-elle l’avoir laissée en paquet à cet endroit ? Elle devait être bien pressée ! Ou lui. Elle ne se rappelle plus comment elle est arrivée chez Juan : à pieds ? En taxi ? Aucun souvenir précis, pourtant elle n’a pas les symptômes habituels de la gueule de bois. En enfilant sa robe, elle remarque un préservatif usager qui traîne sur le sol, puis un autre près du lit. Avec Victor elle n’utilise pas de préservatif. Tout est naturel, surtout le sexe, mais il l’épuise. Victor aime le sexe, on ne le dirait pas en voyant sa peau laiteuse de bébé mais pourtant c’est ainsi.

Juan gémit à nouveau. Elle se penche au-dessus de lui pour l’écouter, mais il ne dit rien de sensé. Elle a presque envie de lui caresser la tête mais il se réveillerait et elle serait obligée de lui parler alors qu’elle ne se souvient toujours ni de son prénom exact, ni de rien qui puisse le concerner. Si elle n’avait fait que danser avec lui, elle ne se serait jamais aperçue que lui et Victor étaient si différents et elle ne repartirait pas frustrée de son appartement ! Ce besoin d’aller jusqu’au bout et d’en assumer les conséquences la perdra ; peut-être vaut-il mieux rester à mi-chemin. La prochaine fois, si prochaine fois il y a, elle se le tiendra pour dit.

Au moment où elle s’éloigne du lit, il ouvre ses yeux noirs mais ne lui parle pas. Il lui fait juste un minuscule signe de la main. C’est au moment où elle  ferme la porte qu’elle se souvient que la veille, elle a passé une longue minute à essayer de lui enfiler un préservatif qui ne se laissait pas enfiler. Elle qui pensait que c’était aussi facile que de mettre une chaussette, elle se trompait. Peut-être avait-il un sexe mal fichu ? C’est ce qu’elle lui a dit, d’ailleurs, en s’énervant sur le caoutchouc, elle s’en souvient maintenant. Évidemment sa remarque ne lui a pas plu : résultat, il s’est trouvé dans l’obligation de déchausser le premier préservatif et de partir à la recherche de la boite qui contenait le stock. A ce moment précis, elle a revu la peau laiteuse de Victor, son sexe nerveux et c’est en vain qu’elle a cherché à se débarrasser de cette image. La mise en place du deuxième préservatif, que Juan a glissé lui-même sur son organe rétif, n’a fait que conforter la présence du sexe de Victor dans son esprit – lui, au moins, n’avait besoin d’aucune aide ! - et elle s’est vue dans l’obligation de faire des comparaisons entre les deux hommes pendant toute la durée de leur étreinte. C’était absolument impossible de  prendre son pied  avec l’un sous l’œil de l’autre. Ce n’est pas que Juan s’y prenait plus mal qu’un autre, mais la longueur des préparatifs avait rompu le charme. C’est peut-être pour ça qu’elle partait comme une voleuse.

28 février 2008

Dis, ça dure longtemps la mort ?

- Dis maman, quand on est mort, c’est pour combien de temps ?
- Ben …
- Alors ?
- Toujours !
- C’est quoi toujours ?
- Je sais pas moi, toute la vie !
- Oui mais quand on est mort, ça peut pas être pour toute la vie, puisqu’on est mort !
- Ecoute, quand on est mort, on est mort, voilà, c’est fini, point barre !
- Oui mais…
- On verra ça plus tard, hein ? T’as vu l’heure qu’il est ? Et puis la mort, t’as toute la vie pour y penser, maintenant faut penser à aller au lit !

27 février 2008

Un choix

Dans mon pays (la Suisse), dans ma région (Suisse romande), la notion écologique est forte. Pensez : une majorité rose-verte à Lausanne, capitale de mon canton (Vaud), des dirigeants qui représentent la ligne verte au sein de nos gouvernements cantonaux, on pouvait espérer des décisions allant dans le sens de la planète. Eh bien non !

Lu dans le journal le Courrier *, le mot d’une lectrice qui tempête par le fait qu’à Genève, les enfants en garderie sont privés de sortie pour cause de pollution dues aux particules fines. Par contre, les autorités refusent de prendre des mesures pour limiter, diminuer ou interdire la circulation.

En rêve, j’imagine un pays où il ferait bon se promener et respirer l’air pur, où les voitures seraient utilisées de façon parcimonieuse, où les transports publics seraient gratuits, à l’heure et conviviaux, où les enfants joueraient à nouveau dans la rue alors que les parents partageraient l’apéritif devant les immeubles.

Rêve ou utopie ? Et si cela pouvait devenir une réalité…

*www.lecourrier.ch/

27 février 2008

Phobie

NB : ce texte est une pure fiction

J’ai la phobie de mon mari ! Je  passe ma journée à l’éviter !  S’il est  dans la salle de bain, je vais dans la cuisine, s’il est dans la cuisine, je vais dans le salon. Il a sa chambre, j'ai la mienne. Le simple contact de sa peau provoque chez moi des allergies monstrueuses. La dernière fois qu’il m’a frôlée, mon corps s’est couvert de pustules rouges, qui ne sont parties qu’au prix d’un traitement de cheval !
Je sais, je pourrais me soigner, déménager, partir loin, mais je préfère souffrir ; mon éducation religieuse sans doute. Je suis croyante, profondément, et je fais partie de ces gens qui pensent que chacun a  une croix à porter ; je suis une pénitente de la vie !
Je n'ai pas toujours été phobique, je le suis devenue le jour où mon mari m’a appris qu’il m’avait trompée en précisant, et il croyait bien faire, que ce n'était pas la première fois ! Je ne l’ai pas supporté, pourtant j’aurais pu, j’aurais dû, n’était-ce pas une épreuve que Dieu m’apportait pour éprouver ma foi ? Maintenant nous sommes encore liés l’un à l’autre, mais juste pour le pire !

26 février 2008

P… de vie !

J'en ai marre de gagner ma vie à la perdre ! D'aucun me diront « T'as qu'à changer de métier, comme ça t'arrêteras de geindre et "d'emmerder" les autres ! » C'est vrai, je pourrais, mais le problème c'est que  je ne supporte plus les contraintes, et vous connaissez un métier où il n'y ait pas de contraintes ? Les contraintes m'usent, l'arthrose me gagne et la névrose s'installe.
Je pourrais aussi m'arrêter de travailler tout court, mais comment subvenir à mes besoins, que je pourrais diminuer de moitié, mais qui n'en resteraient pas moins à la moitié de ce qu'ils sont ? Je pourrais aussi faire un stage ! J'ai vu, dans les petites annonces de Libération, qu'à "pragmatiks"
, ils proposent des stages avec des objectifs à poser et à atteindre, des stages qui permettent de se centrer sur des choses à dépasser pour avancer.
Oui, je pourrais faire ça, mais l'idée de payer  pour  arriver à supporter les contraintes de mon métier m'est insupportable ! Bref, le problème est insoluble, mais vivre n'est-il pas une quête permanente de solutions introuvables…

25 février 2008

Ratages…

(couple assis face à face dans un café)

- Merde, j’ai encore raté une collection du Monde, la collection « grands philosophes » ! Quel crétin ! Décidément, ma vie est une succession de ratages !
- Merci pour moi, qui vis avec toi !
- Oh, pardon, je n’avais pas vu que tu étais là …

23 février 2008

A la recherche de l’alchimie idéale !

Les odeurs ont une importance primordiale dans le choix d’un partenaire…
Le site
http://scientificmatch.com vous propose, à travers l’analyse de votre ADN, de trouver le partenaire dont l’alchimie physique  vous séduira. « Le fait est que nous aimons les gens dont le système immunitaire est différent du nôtre » annonce d’emblée ce site. Evidemment, cette petite recherche du partenaire idéal vous coûtera presque 2000 dollars, mais qu’est-ce que 2000 dollars si vous parvenez à trouver le ou la partenaire qui vous emmènera au septième ciel ? Et si un jour, après l’usure bien compréhensible des ans, vous avez votre partenaire « dans le nez ! » ou si vous ne pouvez plus « le sentir », n'hésitez pas à faire une nouvelle expérience olfactive, mais sur le terrain cette fois, le coût en sera moins important et l’expérience peut-être plus "enivrante" !

* J’ai mis en ligne, en juin 2007, un  texte-clin d’œil aux odeurs…
Il s’intitule « Je me sens mal »

22 février 2008

Une simple figue

L’homme, crâne rasé, torse velu, musclé, tatoué, portant lunettes Ray Ban et mastiquant un chewing-gum, regarde la belle figue qui le nargue du haut de la dernière branche de l’arbre du désir.

Le souffle court, l’homme l’observe, puis s’avance lentement, mesurant ses pas tout en évitant les pives qui encombrent le sol. Il s’arrête. L’atmosphère lourde et étouffante assèche sa bouche. La figue le nargue, se moque et expose sa rondeur juteuse à sa convoitise. Il la veut, il sent déjà un goût sucré inonder ses papilles, il salive d’avance.

Il secoue l’arbre, elle résiste. Il secoue encore, elle se balance mais ne réagit pas. Il s’énerve, il a chaud. Il jauge l’arbre, hésite puis d’un bond, se lance. D’un coup de rein puissant, il se hisse sur la première branche, agrippe la suivante et grimpe dans l’arbre. S’approchant sans trop de difficultés de l’objet de son envie, alors que sa main s’apprête à cueillir ce fruit, une voix l’interpelle.

- Mon commandant, le colonel vous appelle, c’est urgent !

L’homme jure entre ses dents. D’un geste rageur il cueille le fruit, dégringole agilement de son arbre, salue et se dirige vers son bureau. Il y dépose la figue.

- Ce n’est que partie remise ma belle, attends seulement mon retour !

22 février 2008

Mon personnage me sauvera-t-il ?

NB : ce texte est une pure fiction

Aujourd’hui, j’ai choisi de créer un personnage à l’opposé de ce que je suis – il est beau, je suis insignifiant, il est drôle, je suis laconique, il est expansif, je suis introverti – en ayant le secret espoir qu’avec lui, ma vie changera. Comment un personnage peut changer la vie de son créateur me direz-vous ? Et pourquoi pas ? Pourquoi le personnage ne serait-il pas le fil qui guide le créateur vers la sortie du labyrinthe ? Aujourd’hui, j’écris ce que je ne suis pas et ne serai jamais, aujourd’hui je m’avance sur des sentiers longtemps interdits dont j’ignore les dangers. Mon personnage ne sait rien de moi ; d'ailleurs, comment pourrait-il en être autrement puisqu'il ne se connaît pas lui-même ?
Je suis pourtant sûr d'une chose : si mon personnage me rencontrait, il ne me comprendrait pas…

21 février 2008

une feuille sous la glace

Je suis comme une feuille qui, tombée de l’arbre, se laisse poser sur l’eau. Portée par le flot de la rivière, elle parcourt un long chemin, chahutée par le courant. Parfois, elle reste coincée entre deux pierres, parfois elle se fait immerger sous la glace mais ressort toujours…enfin… jusqu’à ce fameux jour où cela ne sera plus possible.

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