Une journée moche
C’est la désolation totale. Tout est gris, brun, le ciel est bas, le froid n’est même pas vif, il n’y a pas de vent qui pique, la nature est en berne, bref, c’est une journée à ne pas mettre un dépressif dehors.
Lu dans le journal que le chocolat noir est un antidépresseur. Chic, en plus du plaisir, on pourrait en manger et ceci sans devoir chercher une bonne excuse ?
Elle fouille dans son garde-manger, dans ses placards à la recherche de cette gourmandise chocolatée mais sans succès. La saveur promise l’a fait déjà saliver, donc soit elle passe au supermarché le plus proche pour acheter les plaques industrielles, soit elle va un peu plus loin jusqu’à la première pâtisserie-confiserie pour les truffes faites maison, soit elle pousse encore plus loin pour déguster dans un endroit presque charmant le chocolat maison, onctueux, riche, fort, voluptueux à souhait.
Dilemme qui n’en est pas un, donc choix difficile car sans contrainte si ce n’est celle de son propre plaisir. Finalement ce sera le chocolat chaud à l’ancienne, servi sur un petit plateau rectangulaire, dans une petite cruche blanche.
Elle verse dans le petit bol en porcelaine, blanc lui aussi, un peu de ce breuvage des dieux, le hume, en boit une gorgée, se brûle la langue et laisse ses papilles découvrir cette sensation mi-amère qui lui emplit la bouche. Elle ferme les yeux et se dit que cet instant est un petit bonheur volé à la tristesse de cette journée qui décidemment n’est pas si moche que ça !
