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Presquevoix...
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31 décembre 2011

La voix de la SNCF

Hier, je suis allée à Pôle emploi pour mon  rendez-vous mensuel et j'ai dit à l'employée qui s'occupe de mon dossier : Je voudrais être la voix de la SNCF.

La fille m'a regardée les yeux ronds, comme si elle n'avait pas compris, alors j'ai répété ma requête en ajoutant.

- C'est tout ce que je sais faire.

Elle m'a répondu, comme effrayée,  qu'effectivement j'avais une belle voix, mais que ce serait difficile. Il me faudrait peut-être orienter mes recherches vers autre chose.

Je l'ai remerciée et elle m'a souri poliment. Elle a ajouté qu'elle enregistrait ma demande et que si quelque chose se présentait, elle penserait immédiatement à moi. Ensuite, elle n'a pas manqué de me souhaiter une  Bonne et heureuse année ! 

J'en suis sortie de fort bonne humeur. Je trouve que depuis que les gens débarquent avec des "flingues" à Pôle emploi, le personnel est beaucoup plus poli…

30 décembre 2011

Les parents

Les parents en étaient arrivés à la conclusion que l’enseignant était  nul  -  aucune pédagogie, aucune autorité ! – et ils avaient séquestré la directrice et la secrétaire pour obtenir gain de cause. Ils avaient gagné,  l’enseignant avait été muté et le remplaçant était arrivé une semaine plus tard. Jeune, comme le premier. Visiblement un stagiaire, chuchotaient déjà les parents. Il avait pris ses fonctions tant bien que mal dans cette classe agitée par les remous de l’affaire précédente. Deux semaines plus tard, le couperet tombait à nouveau :  le remplaçant était nul, lui aussi, et il ne méritait qu’une seule chose : la porte !  Les parents séquestrèrent à nouveau la directrice et la secrétaire. Mais cette fois-ci, le rectorat fit la sourde oreille. Ils décidèrent alors de libérer les otages à condition de faire cours eux-mêmes…

PS : Texte inspiré par cet article

29 décembre 2011

L'uniforme

Quand elle lui avait demandé de se déguiser en officier de la wehrmarcht, il avait hésité, mais devant son insistance, il avait fini par acquiescer. Et tous les samedi soirs,  il paradait en uniforme dans leur chambre en baragouinant quelques bribes d'allemand qu'il perfectionnait au fil des mois  grâce à une méthode  achetée pour son anniversaire.
Après trois petits tours de chambre au son d'une marche militaire, elle le déshabillait lentement et chaque bouton enlevé était un nouvel échelon gravi sur l'échelle du désir. Seul bémol, ce Heili heilo qu'elle mettait en boucle pour arriver au septième ciel…

28 décembre 2011

Les rideaux

En voyant   la façon dont les rideaux étaient tirés, elle se doutait qu'il se passait quelque chose de louche chez les Plumeau. Elle ne fut donc pas étonnée d’apprendre que M. Plumeau organisait chez lui, en l’absence de sa femme,  des parties de poker qui se terminaient toujours de la plus étrange façon ! Elle le savait grâce à la femme du docteur, c’est elle qui lui avait dit qu’Aurélie, la petite vendeuse de la boulangerie, avait été vue sortant de chez Plumeau le 27 au soir alors que sa femme était à l’hôpital.
Pauvre Mme Plumeau, elle l’aurait presque plainte, mais il lui fallait reconnaître que c’était une garce et qu'elle n'avait que ce qu'elle méritait…

27 décembre 2011

Un psychotrope, sinon rien

A l’école, les enseignants se plaignaient de lui, les parents des autres enfants aussi, et la solution avait été trouvée rapidement : soit on l’excluait, soit on le médicamentait. Les parents avaient choisi les médicaments et il était maintenant sous méthylphénidate ; au moins, on était sûr qu’il arrêterait de bouger. 10 % des parents de la population de ce pays « civilisé » avaient opté pour la même solution. Sans doute les enfants grossissaient-ils – un inoffensif dégât collatéral – mais l’hyperactivité était désormais maîtrisée, ou presque. Des statistiques confidentielles soulignaient que le pourcentage d’enfants traités pour hyperactivité augmentait chaque année et qu’il pourrait dépasser les 20 % dans les cinq années à venir, mais le  ministère de la santé ne semblait pas s’inquiéter. D'ailleurs, ses liens plus qu’incestueux avec les laboratoires pharmaceutiques  laissait présager le pire.

L’enfance était désormais sous contrôle et le pays sous l’anesthésie du « modèle consommatoire ». Dans dix ans, les gouvernants et leurs mentors pourraient passer à l’étape suivante…

PS : texte écrit à partir de cet article « l’hyper action, un phénomène de classe »

26 décembre 2011

La Chapelle

Au moment où le prêtre terminait son oraison,  la chapelle du Saint Suaire s'effondra en tuant  les 20 fidèles réunis. Seul un chien en réchappa. Pourquoi Dieu le sauva-t-il ?  Réaction d’autant plus incompréhensible que  ce chien - prénommé NON -  avait pour maître Gérard, l’être le plus athée du village. Mais pouvait-on faire un procès à Dieu ?

25 décembre 2011

La particule

Elle faisait partie de l’ANF - L’association d’entraide de la Noblesse Française – non parce qu’elle était noble, mais parce qu’elle avait toujours rêvé de l’être. Côtoyer la fine fleur de la noblesse lui donnait déjà le verni, après, restait la particule, mais il suffisait juste de croire au Père Noël…

24 décembre 2011

Le pâtissier

Elle avait acheté des chocolats chez ce pâtissier, juste à cause de son nom qu’elle trouvait plutôt amusant. Ce n’était pas tous les jours que des chocolats étaient emballés dans une boîte où l’on pouvait lire en lettres dorées : « pâtisserie Couillard ». Elle s’était dit qu’avec un nom pareil, elle aurait utilisé le slogan suivant : « Couillard, le chocolat qui en a ! »

23 décembre 2011

La messagère de la vierge

Elle se prenait pour la messagère de la vierge. Au début les gens en riaient, mais depuis qu’elle avait fait construire sa croix lumineuse de quatre mètres de haut au fond de son jardin, les visages se fermaient un peu. De mini-pèlerinages s’improvisaient chaque mois. Elle les menait, habillée d’une longue robe bleue et coiffée d’un voile blanc, en  entonnant des cantiques repris par ses enfants,  rebaptisés Marie et Joseph, qui l’entouraient de gauche et de droite. Tout aurait pu continuer ainsi, mais un jour, il y eut un miracle : une auréole, une vraie, était apparue et lui avait ceint la tête pour ne plus la quitter. 

Depuis ce jour-là, le village vivait à l’heure de la Vierge. Même Gérard, le plus athée des athées du village, suivait ses prêches. La parole de la messagère de la Vierge était devenue parole d’évangile…

PS : texte écrit à partir de cet article

22 décembre 2011

La photo de trop

Quand il l’avait vue photographier sa devanture -  et ce n’était pas la première fois ! - il était sorti pour lui demander ce qu’elle voulait. La jeune femme avait répondu d’un ton léger.

-    Je photographie les couvertures des livres qui m’intéressent pour les commander sur internet*

Il avait sorti son arme, avait tiré sur elle sans sommation, et elle s'était écroulée devant la librairie. Au policier qui l’avait interrogé en soulignant la barbarie d’un tel acte, Le libraire avait répondu.

- Et elle ? Quand je pense qu'elle me fait mourir à petit feu depuis des années ! Elle n'a eu que ce qu’elle méritait.

Et le libraire a ajouté, sans que le moindre signe ne montre qu’il s’agissait d’une plaisanterie.

- Et le prochain sur la liste, c’est le Président, il paiera pour tous les autres. Une TVA à 7 % c’est la mort des libraires. Je le tuerai avant qu’il ne nous tue ! De toute façon, peut-on laisser vivre un Président qui malmène à ce point la langue française  ?

 


*phrase lue dans l’article « Ne tirez plus sur le libraire », dont je vous conseille la lecture ; de même que l’article «  Les livres, ma passion, ma perte ».

Si les libraires disparaissent des villes, comme aux Etats-Unis, nous en serons responsables. Apprenons à différer nos achats et  commandons à nos libraires plutôt que sur internet.

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