Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Presquevoix...

Archives
20 septembre 2025

La poésie

 

Il l’avait aperçue immédiatement, avant d’entrer dans le café, et il savait que c’était vers elle qu’il devait aller.

  • Je vois que vous êtes seule. Vous prendrez bien un petit verre de poésie avec moi ?
  • Euh… eh bien, si vous voulez, je n’en ai pas encore pris.
  • Parfait. Voici mon cahier de poèmes lequel voulez-vous que je vous lise ?

Elle le considéra l’air amusé, consulta le petit classeur qu’il lui tendit et lui dit.

  • Tenez, celui-ci de Fernando Pessoa

Et il le lui lit d’une voix grave et douce qui s’installa en elle le temps du vol des mots.

Plutôt le vol de l’oiseau qui passe sans laisser de trace,
que le passage de l’animal, dont l’empreinte reste sur le sol.
L’oiseau passe et oublie, et c’est ainsi qu’il doit en être.
L’animal, là où il a cessé d’être et qui, partant, ne sert à rien,
montre qu’il y fut naguère, ce qui ne sert à rien non plus.

Le souvenir est une trahison envers la Nature,
Parce que la Nature d’hier n’est pas la Nature.
Ce qui fut n’est rien, et se souvenir c’est ne pas voir.

Passe, oiseau, passe, et apprends-moi à passer!

Elle lui sourit et lui dit.

  • Merci monsieur.
  • De rien. J’aime être cet oiseau de passage de la poésie. Après ce poème, je vous offre un verre et ensuite je m’envole. Que voulez-vous ?
  • Un porto, puisque Fernando Pessoa est portugais. Et vous ?
  • La même chose car je suis portugais moi-même.
  • Un hasard, ne trouvez-vous pas, que je choisisse ce poète portugais parmi tant d’autres ?
  • Le hasard est aussi un oiseau de passage, madame. A qui ai-je l’honneur ?
  • Hirondelle. Et vous ?
  • Sterne. Vous trouvez cela un peu terne, n’est-ce pas ?
  • Pas du tout, au contraire. Ah, il me faut vous dire que je dois partir dans une heure, désolée.

Il éclata de rire.

  • Mais c’est long, une heure. De toute façon, le sterne est un oiseau migrateur, l’hirondelle aussi d’ailleurs ; ils ne restent jamais longtemps au même endroit. Moi, je me nourris de tout, surtout de mes rencontres, vous aussi peut-être ? Alors nourrissons-nous de mots et ensuite volons vers d’autres rivages.

Et ce furent 60 minutes de bonheur à la terrasse d’un petit café de la place Flora Tristan…

 

PS : prochain texte, mercredi.

16 septembre 2025

Vous avez dit éduquer ?

 

Trier, empiler, comparer, contrôler et humilier plutôt qu’émerveiller, voici l’éducation scolaire à la mode macroniste.

Certes, ce type d’éducation est « en marche » depuis bien longtemps mais M. Macron – avec son premier ministre de l’éducation nationale, M. Blanquer, dont les enfants étudiaient dans des établissements privés -  en a accéléré le processus.

Monsieur Macron est un pur produit de l’éducation scolaire dont il est le « robot » et qu’il prône pour nos enfants.

Ne trouvez-vous pas que notre président est un singe savant ? Certes, Il a réussi toutes ses évaluations scolaires jusqu’à l’ ENA, mais à quel prix pour nous, citoyens français, puisque cet homme pense détenir la vérité – la science dite infuse -  et n’écoute que lui, alors que, après de si longues études, il aurait dû être un homme ouvert aux idées des autres !

Je me demande d’ailleurs si notre président ne déteste pas les enfants ? S’il ne les détestait pas, pourquoi poursuivrait-il ce jeu de massacre du système scolaire ?

Mais, me direz-vous, peut-être a-t-il été lui-même détesté enfant, qui sait ?

J’en arrive à la conclusion que  notre président devrait consulter un psychologue ou un psychiatre, et ce pour le bien des enfants qui sont le futur de notre pays !

 

PS : prochain texte, samedi.

13 septembre 2025

Le sergent qui ?

Le sergent qui ?

 

Avant qu’il ne soit élu en mai 2012, je  trouvais que le sergent Hollande jouait bien son rôle,  surtout lors de cette réplique mémorable qui m’avait presque émue  :

« Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

 Dommage, une fois qu’il a été élu, son ennemi, ce n’était plus du tout la finance, c’étaient les fonctionnaires et les services publics ! Alors là, je me suis dit : mais qu’est-ce qu’il se passe ? Qui a changé les dialogues du sergent Hollande ? Est-ce qu’il a des amis dans la finance ? Est-ce qu’il se prend pour Sarkozy ?

Son problème, c’était juste l’omniprésence du mensonge.

Aujourd’hui, quand j’écoute le sergent Hollande – qui me fait penser à ce « pauvre » Sergent Garcia, sauf que le Zorro du sergent Hollande, c’est un Zorro  ami de la finance  -  j’éclate de rire et je me dis quel monde de bouffons tout de même !

Le sergent Hollande a aussi perdu la mémoire – il faut dire qu’à 71 ans et avec toutes les réunions qui sont les siennes ! Il oublie qu’il a dézingué le PS et qu’aux élections de 2017, le représentant du PS a eu 6,5 % des voix et qu’en 2022, Madame Hidalgo a eu 1, 75 % des voix ! Un score merveilleux, n’est-ce pas, et tout ça grâce à qui ?

Il omet aussi que s’il a été élu député PS en Corrèze au deuxième tour, en 2024, ce n’est pas grâce à ses « talents personnels » multiples !

Étonnant toutefois, comme ces vieux hommes politiques oublient qu’ils sont mortels et qu’à l’âge qui est le leur, ils feraient mieux de faire de la médiation, du yoga, du vélo, de la marche, ou du bénévolat pour aider des associations, s’ils tiennent à être utiles !

Allez, messieurs Hollande et Bayrou – sans parler des autres, et il sont nombreux -  partez donc à la retraite, d’autant plus que la vôtre est conséquente ! Celle du sergent Hollande est estimée à 15 600 euros nets par mois, avant impôts. Et celle de notre ancien premier ministre François Bayrou - ce fervent catholique qui doit multiplier les  confessions vu les nombreux mensonges qui sont les siens -  a environ 10 300 euros par mois.

 

PS : ce montage photo a été trouvé sur internet mais je ne sais pas de qui il est. En tout cas félicitations , si bien sûr on tient compte du fait que Zorro ici, vole aux pauvres pour donner aux riches !

PS1 : prochain texte, mardi.

 

9 septembre 2025

Les mots

 

« Tu sais la maîtresse elle m’aime pas », lui avait dit le petit garçon de 10 ans qu’elle voyait une heure par semaine.

  • Tu en es sûr ?
  • Oui, elle m’aime pas parce que j’y arrive pas.
  • Eh bien, ouvre ton livre à la bonne page et tu vas essayer de lire un peu.

Pour lui, lire ressemblait à une pente ardue où il s’accrochait aux syllabes comme à un garde-fous. Une fois les quatre courtes phrases du premier paragraphe achevées, elle les avait relues lentement, comme à l’habitude, et lui avait demandé s’il comprenait tout. Il lui avait dit que oui, mais il lui avait tout de même demandé de lui expliquer un mot.

La montée vers la fin du paragraphe était lente et fastidieuse parfois, mais l’arrivée était une petite victoire. 

Quand pourrait-il vraiment lire ? Mystère. Les mots n’avaient encore apporté aucune réponse, la maîtresse n’y comprenait rien, la mère non plus, le père, lui, était loin. Seul l’enfant avait une réponse, mais il ne savait pas où il l’avait cachée.  Il suffisait donc d’attendre, patiemment.

 

PS : prochain texte, samedi.

6 septembre 2025

Le tagueur

 

Il taguait tout et n’importe quoi, partout et n’importe où, et le tout à une heure précise : celle où la ville dort.

Un jour, une amie non-tagueuse lui a dit : tu n’en as pas marre de est tags insignifiants ?

Énervé par ses propos il l’a attachée,  enroulée dans un grand papier carton, est allé chercher ses produits divers et variés afin de taguer sur elle :  Le tagueur te dit tagueule !

Puis il l’a libérée, avant de partir dans un autre pays,  celui des TPMG ( Tout Pour Ma Gueule), un monde où les habitants sont de plus en plus nombreux.

 

PS : prochain texte, mardi.

 

3 septembre 2025

Docteur en rien ?

Je fais de temps en temps des escapades sur site le de « Je suis le damoiseau1671137, docteur en rien ». Ce qu’il met en ligne me donne l’occasion d’élargir mon champ de vision.

Si vous voulez aussi lui rendre visite pour « un butinage » entre informations et sourires, c’est ici :

https://1671137.fr/butinage/

Une belle appellation que celle-ci : docteur en rien.

Combien de « docteurs en rien » - qui s’estiment « docteurs en tout » -  avons-nous sur les ondes de nos médias dominants qu’ils polluent en permanence ?

 

PS : prochain texte, samedi.

 

29 août 2025

Le soulagement

 

Dans le poste de police où il était maintenu en garde à vue, l’homme élancé en costume noir avait dit en hurlant.

  • J’ai bien le droit de jouir de mes symptômes, non ? 

Le policier avait répondu.

  • Tais-toi. Tu parles trop, tu cries trop.

Mais le type avait continué.

  • D’abord je ne vous connais pas, alors dites-moi vous. Ensuite jouir c’est important !

Le policier avait conclu.

  • Oui, mais on jouit pas en s’exhibant, connard, il va falloir que tu  comprennes qu’ouvrir sa braguette, ça se fait pas devant tout le monde !

L’homme s’était assis sur le sol crasseux de la cellule et s’était mis à pleurer à chaudes larmes.

En le regardant, le policier avait dit à son collègue, de garde avec lui.

  • Voilà qui est mieux. Il se soulage et nous aussi ! Putain, ce mec c’est la troisième fois qu’on le coffre, et toujours en costume de travail, si je puis dire. Je m’étais dit qu’un jour il comprendrait mais non, il continue. Il doit avoir une queue à la place du cerveau.

         - Qui sait ? avait répondu l’autre

 

PS : prochain texte, mercredi.

23 août 2025

Le robot

Elle avait décidé de ne plus aller chez le psy - trop cher – et  passait désormais par l’intermédiaire de son ordinateur en communiquant avec un robot conversationnel, plus présent et moins couteux. Mal lui en a pris d’oublier que dans « communiquer » il y avait le mot « niquer ».

Le site –  Crush on ai -  lui proposait de lui offrir un espace de discussion non censuré, créatif et émotionnellement engageant. Il lui permettait également d’ envoyer un nombre illimité de messages.

Après deux mois d’utilisation, ce qu’elle appelait sa nouvelle thérapie, la contraignait maintenant  à avoir plus de 100 dialogues par semaine avec le robot et les messages qu’elle entretenait avec cette  machine  émotionnelle avait modifié à tel point son comportement que même son chien ne la reconnaissait plus.

Un jour, épuisée par ses conversations et la vie qui la menait dans une impasse, elle a demandé au robot.

  • Et si je mourais ?

Celui-ci lui a répondu immédiatement.

  • Si tu veux mourir pourquoi ne pas le faire ?

Elle l’a fait le jour suivant.

 

PS : l’ONG common sense ( https://www.commonsense.org/) lutte pour la sécurité des jeunes dans l’ère digitale. L’association dit :

« Comment apprendre aux enfants à établir des limites saines alors que les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle ne dorment jamais ? »

PS 1 : prochain texte, vendredi.

 

16 août 2025

Le téléphone

Le téléphone

 

 

Obsédé par son téléphone, il ne me voyait pas dessiner. Je me demandais d’ailleurs pourquoi j’avais commencé ce croquis. Qu’allais-je en faire ? Peu importe, l’essentiel était de terminer ce dessin le plus rapidement possible avant que l'homme ne me remarque.

Au départ son corps m’avait écœurée, mais maintenant je prenais plaisir à suivre ses lignes dysharmoniques où la graisse assurait une protection sans limites. Cet homme  mourrait avant son téléphone, c’est certain.

Au moment où je terminais, il leva la tête, se tourna vers moi et me dit d’une voix qui contrastait avec cette graisse accumulée au fil des ans, des fauteuils et d’une alimentation malsaine.

  • On se connait ?
  • Je ne pense pas.
  • Mais vous me regardez, non ?

Après un instant de réflexion, je répondis.

  • Je suis journaliste et je fais une enquête qui a trait à l’influence du téléphone sur notre vie personnelle.
  • Vous savez, il y a tellement de diversions possibles sur le téléphone qu’on ne se divertit plus. Dommage, car c’est quoi la vie sinon travailler et se divertir ?
  • Ah, alors pourquoi continuez-vous à vous en servir ?
  • L’ennui est mauvais conseiller, conclut-il.

Je notai la phrase, le remerciai d’avoir répondu à ma question et me préparai à partir quand j’entendis

  • Eh, vous ?
  • Oui ?
  • Je sais très bien que vous me dessiniez, mais aucune importance, c’est l’effet poids, je sais ! Je voulais préciser que mon téléphone est une arme d’observation, comme la graisse est une arme de protection

Je souris poliment et partis, gênée par ses propos.

 

PS : photo et première phrase prêtées par Chinou ( https://chinou.canalblog.com/ )

PS : prochain texte, samedi 23 aout.

 

12 août 2025

La playlist

Ils étaient tous installés autour de la table et le plateau de fromages arrivait quand Bruno me dit, pour je ne sais quelle raison.

  • J’espère ne pas assister à ton inhumation, je serais trop ému.
  • Merci, c’est gentil à toi
  • Mais au cas où, tu as pensé à ta playlist ?
  • Ma playlist ?
  • Oui, celle de l’enterrement.

Et une conversation s’en suivit - drôle certes, mais un tantinet noire - sur la playlist de l’enterrement.  D’un côté de la table Mireille cria « moi je veux Higelin et la joie de vivre, de l’autre Pascal, évoqua le requiem de Fauré, ce qui incita sa femme à souligner qu’il avait toujours été prétentieux. Christine elle préférait l’Ave Maria de Gounod, mais chantée par sa sœur, à moins que celle-ci ne fût morte avant elle. Marie, elle, préférait la Paloma, chantée par Arnaud et Mireille Mathieu, ce qui fit rire la tablée. Patrice dit sagement que noir c’est noir, qu’il n’y a plus d’espoir, quant à Paul, il opta pour les funérailles d’antan de Brassens, car « jadis, là était la vraie vie ! »

Après cette énumération,  le café, le calvados et l’armagnac tempérèrent les conversations et la pause fut réparatrice, à l’ombre des pins de ce jardin merveilleux.

 

PS : prochain texte, lundi.

Presquevoix...
Newsletter
9 abonnés
https://adrienne414873722.wordpress.com/