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Presquevoix...
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31 mai 2007

Nos voitures rouleront-elles avec le sang des travailleurs des pays les moins avancés ?

C’est ce que l’on peut craindre. Non seulement  les monocultures d’agro-combustibles accentueront les problèmes de  faim et de déforestation mais, comme on le voit déjà au Brésil avec la monoculture de la canne à sucre, ces monocultures favorisent le retour à un esclavagisme moderne où le grand propriétaire utilise le travailleur comme du « bétail » corvéable 12 heures par jour.
Ne voyons plus la voiture comme le symbole de la liberté, mais comme celui d’une société de consommation schizophrène qui, au nom de la croissance, dévore  notre seul lieu de vie, la terre ! Bientôt, c’est à notre enterrement que nous nous rendrons !

29 mai 2007

Faire le portrait d'un élève

Choisissons le moins motivé de tous, celui qui même présent est absent, celui qui rechigne, résiste, récrimine, répugne à participer, révèle le gouffre de son désinvestissement du haut de sa passivité irrévérencieuse.
Choisissons  l’élève que nous n’élèverons pas : notre discipline ne lui inspire que soupirs sans désirs.
Choisissons celui qui nous signifie que nous avons atteint le degré 0 de la pédagogie, celui qui nous maintient à distance, et à une distance telle, que les mots proférés se perdent en chemin sans pouvoir le toucher.
Choisissons celui qui nous avertit, dans la forteresse de son silence, qu’à trop vouloir prêcher nous risquons  aussi la surdité totale.
Choisissons l’élève qui nous fait clairement entendre que le flot de notre harcèlement éducatif sert d’abord à justifier notre “généreuse” conscience pédagogique dont le rôle est, avant tout, de nous éviter de sombrer corps et biens dans la dépression didactique…

Pourquoi ce choix ? Sans doute parce que cet élève-là interroge en profondeur le sens de notre travail...

28 mai 2007

Peut-il y avoir des compétitions sportives sans dopage ?

Dans quelles pratiques sportives professionnelles ne se dope-t-on pas ? C’est la question que je me pose. La gratuité de l’effort est sans nulle doute le meilleur ennemi du dopage…
Et si on boycottait toutes les rencontres sportives puisqu’elles finissent par se transformer en foires aux marques ! Finis aussi les jeux olympiques, les coupes du monde et les coupes d’Europe du fric ! RIDEAU ! A DEGAGER !
Quand la coopération remplacera la compétition et que la gratuité remplacera l’argent, on arrêtera de bousiller la santé de millions de sportifs considérés comme des esclaves du MARCHÉ du sport !

27 mai 2007

Mes chers remords…

Je préfère avoir des remords que des regrets. Je suis faite comme ça. J’aligne les cadavres de mes remords sans compassion, je les contemple et hop, je les exécute froidement et les envoie ad patres !
Mon dernier remord en date, s’appelle Jordan. Je savais pertinemment que tout nous séparait Jordan et moi : il est petit, râblé, amateur de body building, ennemi affiché de la lecture et moi je les aime plutôt grand, mince, amateurs de théâtre et de littérature. Je peux dire que j’ai savouré le défi jusqu’au… lit et jusqu’à la lie, comme à chacun de mes délits. 
A vrai dire, comme d’habitude, j’ai plus goûté le plaisir de l’interdit que le plaisir lui-même, quoique le sexe avec Jordan m’a laissé une saveur particulière… sans doute à cause de son acharnement à me conduire coûte que coûte au septième ciel ! Pas une seule fois il n’a renoncé - il n’aimait pas l’échec – un roc ! On l’aurait dit dopé à la testostérone ! Enfin, il a bien fallu en finir où il m’aurait achevée : j’ai rompu hier ! Nous sommes restés ensemble sept jours exactement et quand je me levais le matin, j’étais déjà sur les genoux. Au bureau – je travaille chez un concessionnaire Peugeot - mes collègues commençaient à me faire des allusions grivoises sur mes nuits harassantes ; ce n’était plus possible…. J’ai dû y mettre un terme… jusqu’au prochain…

26 mai 2007

Félix Fénéon, nouvelles en trois lignes*

Les nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon sont tirées de faits divers réels notés avec précision et cruauté.

« Danielle L, 53 ans, empoisonna son jeune amant. Puis, trop fatiguée pour le traîner jusqu’à la cave avec les autres, elle alluma une cigarette. »

A la manière de Felix Fénéon :

Emile B, 60 ans, boucher, assomma sa femme avec un rouleau à pâtisserie puis la découpa en morceaux  avec son couteau de boucher. « Elle m’a roulé dans la farine pendant 40 ans ! » se justifia-t-il quand la police vint le chercher.

Biographie de Félix Fénéon : http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_F%C3%A9n%C3%A9on
* Mercure de France, 3 euros.

25 mai 2007

Don’t hate the media, be the media !

Ne haïssez pas les médias, soyez les médias (http://www.indymedia.org/fr/ , http://www.agoravox.fr/) .

Un programme simple et d’utilité publique en ces temps troublés où l’information donnée par les médias dominants est passée au crible du politiquement correct !  Résistons à l’endormissement de la pensée, refusons de bêler, ne soyons pas  la chair qu’on mène à l’abattoir de la pensée unique !
Non à la cinquième symphonie Sarkozyienne !

24 mai 2007

Peut-on changer l’école ?

En tout cas, je ne pense pas que ce sera avec M. Darcos… notamment parce que j’ai lu le rapport qu’il a remis à M. Sarkozy en mars 2006…
Une autre école serait-elle possible ? Une école où, par exemple, on éduquerait à l’autonomie, à la participation et à la prise de responsabilités et non aux seuls contenus disciplinaires et au respect de la hiérarchie qui se décline ainsi dans l’Education Nationale :  l’élève est soumis à l’autorité du professeur qui  est soumis à l’autorité du chef d’établissement qui est soumis à l’autorité du recteur qui est  soumis à celle du Président de la République. Le Respect de la hiérarchie,  n’offre à vrai dire que deux possibilités : l’obéissance ou la désobéissance.
On peut d'ailleurs se demander si le respect de la hiérarchie éduque ou infantilise ?
Il faut hélas se rendre à l’évidence que l’école, en France, s’est construite à l’image de notre société où la Démocratie consiste, essentiellement, à voter et ensuite…à se taire jusqu’au vote suivant !
Mais quand donc seront créés des contre-pouvoirs satisfaisants, à l'école comme dans notre société, qui éviteront que les sentiments d’impuissance et d'injustice  ne se transforment en violence généralisée ?

23 mai 2007

C’est quoi un QI ? Une Qualité Improbable ?

Moi, franchement je ne préfère pas savoir quel est mon QI ! Si c’est pour découvrir qu’il est "au même niveau que ma température rectale" ( idée de Desproges), c’est pas la peine ! J’ai assez de raisons comme ça d’être déprimée ! Et puis à quoi ça sert un QI ? A continuer à faire croire aux naïfs que l’intelligence ça se mesure ? A  engraisser des psychologues ? A soutirer du fric aux parents qui doutent ?
Comme le dit un "sage" de ma connaissance, le QI ne fait que mesurer notre capacité à résoudre les problèmes posés… dans le QI, et rien d’autre !
Pourquoi vouloir enchaîner un  enfant, qui n'a rien demandé, à des batteries de tests qui finiront par lui mettre une étiquette autour du coup ?  Ne ressemblera-t-il pas alors à l’un de ces veaux promis à l’abattoir  ?
Si les parents ont besoin de se rassurer, qu’ils passent les tests eux-mêmes !

22 mai 2007

Combien ai-je encore de dents à vivre ?

- Merde, il y a un truc qui est parti !
- Parti d’où ?
Elle ne lui répond pas et continue à mâcher lentement, attentive aux aliments broyés par ses dents. Tout son être se concentre sur l’infiniment petit.
Elle sent sous sa langue un  noyau dur, le voilà ! – « Putain, mon plombage ! »-
Ses doigts extirpent prestement l’objet inattendu de sa bouche et le ramène discrètement sous la table pendant que sa langue cherche le trou béant que l’absence de plombage a creusé. Son mari l’interroge machinalement.
- Alors ?
- Quoi alors, qu’est-ce que tu veux que je te dise de plus, c’est mon plombage !
- Ben c’est pas grave !
- Forcément, c’est pas le tien ! Si c’était le tien, tu dirais pas la même chose.
- Qu’est-ce que tu en sais ?
- Je te connais.
- N’en fais pas tout un plat !

Elle le regarde méchamment. Comment peut-il lui dire que ce n’est pas grave alors qu’un autre morceau de plombage vient de céder et que maintenant elle sent distinctement sa gencive déserte là où, quelques minutes plus tôt, il y avait encore une illusion de dent. Un nouveau goût commence à envahir sa bouche, lentement, celui du sang. La gencive irritée laisse éclater sa douleur. Il faut absolument que sa bouche soit rincée. Elle se lève précipitamment.
- Tu vas où ?
Elle ne lui répond même pas. S’il la comprenait il saurait où elle va : dans la salle de bain pour soigner sa béance ! Elle entend une dernière fois la voix de son mari qui scande – Tu pourrais me répondre quand même ! – mais après avoir fermé la porte à clef, elle n’entend plus que le bruit de sa propre respiration.
Son visage décomposé se dessine tristement dans la glace. Une fois le robinet ouvert, elle engloutit une gorgée d’eau, la fait rouler dans sa gorge puis la recrache : le liquide rouge tournoie dans le fond du lavabo. Elle ferme l’écoulement de l’eau, recommence l’opération, crache à nouveau, mais  toujours le même liquide rougeâtre où elle voit se concentrer des débris de plombage qui stagnent à la superficie. Atterrée, elle se passe à nouveau la langue à l’endroit où autrefois une dent faisait semblant de vivre, et toujours cette gencive presque lisse où survivent quelques aspérités de la défunte ; une gencive d’octogénaire !
- Merde !
La voix de son mari résonne à travers la porte.
- Ca va ?
- J’ai plus de dent ! Tout est parti, gémit-elle.
- Eh bien tu iras chez le dentiste !
- J’ai tout perdu, tout je te dis, tout le plombage !
- C’est pas une dent de devant ?
- Non.
- Ben alors ça va !

Il lui demande si elle a l’intention de rester toute l’après midi enfermée dans la salle de bain, mais elle ne répond pas. Pourquoi elle ? Tout fout le camp, une dent pour commencer, puis une autre demain, chaque trou laissant apparaître la nudité de sa gencive, sans que rien ne puisse l’habiller à nouveau, la tragédie d’une bouche où rien ne pourra plus jamais renaître, une bouche habitée par la mort.

- C’est pas juste ! hurle-t-elle.

Rien n’est juste ! C’est pourtant le discours qu’elle tient à sa fille, et elle en fait les frais aujourd’hui. La vie est injuste ! Elle fixe à nouveau son visage devant la glace et ses traits lui semblent difformes. Maintenant, quand elle ouvrira la bouche pour parler, tout le monde verra  la dent manquante, on ne verra que ça, tout le monde sera dégoûté, on ne la regardera plus, on l’appellera   l’édentée en catimini, et on chuchotera derrière son dos qu’elle a pris un sacré coup de vieux, un coup terrible,  d’ailleurs, t’as vu,  elle perd même ses dents ! Rajoutera-t-on en douce. Et si la mort l’avait choisie, elle, pour construire son œuvre funèbre, tout de suite ? Cette mort qui lui dit que bientôt, elle ne sera plus une femme ;  elle sera vieille,  neutre, c’est tout !
Elle s’aperçoit soudain qu’elle est recroquevillée contre la baignoire, le visage en appui sur le rebord. Effrayée, elle se redresse immédiatement et se replace devant la glace, bouche ouverte, son index fébrile tâtant le trou du fond.
- Il faut que je téléphone au dentiste, voilà ce que je dois faire, c’est quand même pas sorcier ! Voilà ce que je dois faire et je vais le faire maintenant !
La porte de la salle de bain s’ouvre en grand et elle en sort en hâte, le visage livide. Son mari la regarde interloqué sur le seuil de la chambre.
- Ca va ?
- Tu as d’autres questions aussi connes que ça encore ? Non ça ne va pas et ça n’ira  plus jamais comme avant, tout ça à cause de cette foutue dent à la con ! Peut-être que le dentiste, lui, pourra quelque chose pour moi. J’aurais dû épouser un dentiste, tiens  !

21 mai 2007

Qui domestique qui ?

Je ne voue aucune amitié particulière aux animaux domestiques.  J’ai même envie de mordre  lorsque je vois  des propriétaires laisser leurs chiens se vider sur les trottoirs et pelouses de mon quartier. La bête déclenche… la bête en moi ! Si mes dents n’étaient pas ce qu’elles sont – hélas ! - j’aurais déjà attaqué les mollets des propriétaires de chien, et notre journal local,  Paris Normandie, m’aurait certainement déjà consacré sa Une avec ce titre  :  « Expédition punitive d’une croqueuse de mollets…».
Et les chats, me direz-vous ? Ils sont plus discrets les chats, on dirait même qu’ils pratiquent l’invisibilité – mis à part dans les jardins où leurs passages ne manquent pas de se faire sentir…
J’ai lu dans le Nouvel Observateur cet article de Frédéric Vitoux qui va certainement ravir les propriétaires de chats… « Il est l’animal domestique par excellence, c’est-à-dire le seul qui ait réussi à domestiquer l’homme et non le contraire, et d’un autre côté, il incarne la vie sauvage à l’état pur. Ce qu’a si joliment souligné Alexandre Vialatte, disant de lui : « Dieu l’a fait dans Sa grande bonté pour que l’homme puisse caresser le tigre. »… »

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