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Presquevoix...
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30 novembre 2007

Dans le bus.

A attendre le bus sur ce trottoir exposé au vent, je commence à geler sur place. Je remonte le col de ma veste, j’enfonce encore plus mes mains gantées dans mes poches et je rentre ma tête dans mes épaules. Je scrute l’horizon pour l’apercevoir mais rien. La file des personnes s’étire bien sagement à côté de moi, pingouins bien sagement alignés, emmitouflés et patients.
Enfin l’autobus arrive, je sors mon abonnement, je monte et me dirige vers le fond pour trouver un endroit où me poser. Le bus étant plein, je reste au centre, debout, et les deux pieds bien ancrés, je cherche à remettre mon abonnement dans mon portefeuille qui lui ensuite ira droit dans mon sac à mains. Le bus démarre brusquement, je me retrouve déséquilibrée et je pars en arrière sans avoir le moyen de m’accrocher aux barres, mes deux mains occupées. Je me sens heureusement retenue par des bras et replacée en position verticale, je me retourne et adresse un sourire au monsieur moustachu qui m’a rattrapée. Après quelques secondes de réflexion, la surprise passée, je me retourne vers lui et lui demande :
- 
Est-ce que je vous ai marché sur les pieds ?
Vu sa réponse négative, je continue.
- 
Je ne vous ai pas fait mal au moins ?
Il me répond alors.

- Non…et vous pouvez recommencer !

30 novembre 2007

Comment perdre ce que l’on n’a pas eu ?

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En effeuillant nos souvenirs…   ne croise-t-on pas les fantômes de ceux que l’on a longtemps aimés bien qu’ils n’aient jamais vraiment existé…  ?

Photo vue sur le site : http://midnightexpress.deviantart.com/

29 novembre 2007

Dépendance

Ces ondes, ces machines qui nous relient à autrui, serait-ce une forme de dépendance aussi forte que certaines autres ?

Dépendance autorisée et non contrôlée ?

Dépendance relationnelle aux autres mais par l’intermédiaire d’une machine ?

Dépendance à un monde virtuel ?

Ou/et…

Moyen de garder le lien ?

Moyen de maintenir les contacts ?

Moyen de suivre ceux qu’on aime ?

Moyen de communiquer, de transmettre, de partager ?

Ange ou démon ?

Je regarde cet ordinateur qui me lie et me relie et je ne sais que penser…

29 novembre 2007

Le décortiqueur de bonheur *

Il lui fallait aller au fond des choses, tout au fond, savoir le pourquoi du comment du pourquoi et justement, comment se faisait-il qu’en ce moment, il était presque heureux ? Son travail lui plaisait – il avait trouvé un « modus vivendi » avec son chef de bureau  ; il ne souffrait presque plus de  solitude – à vrai dire il en avait pris son parti  ; ses angoisses diminuaient - il ne prenait plus de deroxat, sauf un demi-comprimé  de temps à autre  ; son chat avait repris du poids après sa petite « dépression » - c’est le mot que le vétérinaire  avait mis sur sa maladie de l’été dernier ; le fils des voisins – il faut dire qu’il s’était acharné à coups de poing sur le mur mitoyen – ne jouait plus de guitare électrique après 22 heures 30 ; sa mère ne le harcelait plus au téléphone – il est vrai qu’elle perdait la mémoire et ne se souvenait même plus qu’il était son fils  ; oui, tout allait bien… enfin presque bien, jusqu’à hier, quand il avait ouvert sa boîte aux lettres.
Il y avait trouvé une petite enveloppe  blanche, non timbrée, à son nom. Elle contenait une lettre toute simple qui disait  :

« Monsieur, hier vous marchiez à grandes enjambées dans la rue du Renard. Je vous ai suivi parce que quelque chose, chez vous, m’a paru bizarre. J’ai su que vous habitiez ici. Je vous laisse donc cette lettre pour que vous sachiez que quelqu’un vous suit pour éclaircir votre mystère… »

* Lu  dans l’un des textes du blog de Frisaplat

28 novembre 2007

Le droit d’espérer

romElle s’était placée au-dessus de la grille d’aération du métro, oh, juste une minute, juste pour le plaisir de sentir la chaleur qui s’engouffrait sous sa jupe. Elle ferma les yeux et se souvint de l’air doux de Mangaia, au bord de la mer Noire. Elle y pensait chaque matin quand elle partait mendier ; elle aimait à se souvenir du port et de la lumière dorée quand elle marchait dans la grisaille matinale des faubourgs parisiens. Une heure à pieds et elle arrivait dans le ventre de Paris. Puis son travail commençait : s’asseoir, ramasser sa jupe noire sous elle et mendier le jour durant. L’humiliation, jamais de sourires, jamais un mot, juste des têtes et des yeux qui se tournaient ou trahissaient  le mépris, la honte ou la peur. Elle était de trop.
- « Pars, pars, pars ! »
Ces mots résonnaient dans sa tête jour et nuit jusqu’à lui donner des migraines qu’elle ne pouvait calmer. Elle aurait pu leur dire qu’elle ne venait pas pour les voler, qu’elle venait pour ne pas mourir, mais comment leur parler ? Un jour, des hommes avaient craché sur elle, un autre jour ils avaient crié « Sale gitane*, fous le camp ! »… Elle était de trop ici, de trop là-bas, trop d’enfants, trop de problèmes, trop de misère… Quand elle voyait les uniformes des policiers, elle se redressait rapidement, relevait sa jupe et partait à toutes jambes de peur qu’on ne la renvoie nulle part. Elle ne voulait plus vivre avec un trou noir devant elle, elle voulait espérer…

* Cette photo est publiée avec l’autorisation de Diane Grimonet  qui vient de faire une exposition sur les sans droits.

*Le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, s’est inquiété, le 24 octobre, que le « sentiment d’hostilité à l’égard des Roms ou l’antitsiganisme se soit indéniablement accrus en Europe ». (Sources : le Monde du 4 -5 novembre 2007 )

27 novembre 2007

Bug

Comment réagir quand la machine en qui vous aviez placé votre confiance vous lâche...

Comment surmonter la perte de tout ce que vous aviez enregistré, ces mots qui ont formé des phrases, puis des textes, puis des souvenirs...

Comment repartir à zéro sur un ordinateur qui n'est pas le vôtre, qui est inconnu et qui ne met pas les accents sur les bonnes lettres...

Comment trouver le point d'interrogation sur ces touches qui ont plusieurs fonctions...

Comment surmonter le découragement...

Avec le temps... vraisemblablement.

26 novembre 2007

Les trottoirs de Montréal.

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Dix cm de neige, moins 6 degrés, rien de tel pour transformer des trottoirs en embûches dangereuses. Une couche de glace de 5 cm sur du béton ou des pierres lisses et vous avez toutes les chances de tomber une fois malgré de bonnes chaussures. C’est ce que j’ai expérimenté cette fin de semaine dans le centre-ville de Montréal. Parfois, la glace vive était remplacée par de la « semoule », ce mélange composé de neige et de sel où je pataugeais péniblement pour passer d’une rue à l’autre.

Envieuse je regardais passer les voitures circulant sur une chaussée dégagée mais je n’osais m’aventurer sur leur territoire, de peur de me faire bousculer par ces véhicules qui devaient quand même se contenter de voies rétrécies par les tas de neige.

Un peu plus loin, je croisais une personne en train de gratter les vitres de sa voiture, une autre en train de casser le muret de glace que le chasse-neige avait édifié le long de la carrosserie et je me disais que chacun avait ses petits ennuis en ce début d’hiver…

Je suis revenue avec plaisir vers ma rue où le gravier répandu donnait un illusoire sentiment de sécurité et permettait une marche moins chaotique.

26 novembre 2007

Mélancolie

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Comment oublier ces pluies verticales qui noient l’empreinte des  mots ?   

* Photo prise par C. V. de la fenêtre de la maison.

25 novembre 2007

Mot doux.

Rue St Paul dans le Vieux Montréal, il est bientôt midi. Nous regardons les menus affichés aux devantures des restaurants. Il fait très froid, le soleil, bas à l’horizon, n’arrive pas à poser ses rayons par-dessus les maisons qui bordent cette rue, une des plus anciennes de la ville. Sur l’autre trottoir, en face de nous, un homme fait la manche. Il tend son gobelet de carton aux passants, les gens continuent leur chemin, indifférents, tous emmitouflés sous leur capuchon, bonnet et écharpe. Malgré les refus, il semble rester optimiste. J’observe quelques minutes cet homme, d’âge certain, vêtu d’un imperméable passé vraisemblablement sur plusieurs couches de vêtements vu son air boudiné d’homme « michelin ». Je traverse la rue, il me voit avancer dans sa direction, je dépose un dollar dans son gobelet. Il me regarde étonné semble-t-il de mon geste et me dit : « vous avez traversé la rue pour me donner une pièce… » puis  il poursuit et me demande : «  Quelqu’un vous a-t-il déjà dit je vous aime aujourd’hui ? ». Je fais non de la tête alors il me le dit avec un beau sourire.

24 novembre 2007

Tous ces mots…

- T’en as pas marre de tous ces mots que tu lis ? Lui dit-il mi-figue mi-raisin à force de la voir dévorer journaux, romans et essais.
- Non, parce que les mots des autres m’empêchent de voir mes maux !
- Une bouée de sauvetage ?
- Mieux que ça, une assurance vie ! 

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