21 septembre 2018

Les chiens

Plus je connais les Hommes, plus j'adore les chiens. Les humains me dépriment, surtout ceux qui se réjouissent de la vie, avec leur bonne conscience poisseuse. Franchement, merde, donnez-moi une bonne raison d’être heureux dans la vie, une seule ? Je déteste ceux qui insistent avec leurs « Et puis toi, tu peux décemment pas te plaindre, t’as un travail ! » C’est vrai que j’ai un travail et qu’est-ce qu’il me rapporte mon travail, à part des problèmes ! Le matin, quand mon réveil sonne, je n'ai qu’une envie, ... [Lire la suite]
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19 septembre 2018

La lettre

Violente, cette lettre qu’il lui avait laissée à cet endroit précis. Lettre que tout le monde avait peut-être lue, qui sait ? Il annonçait : « Chère Adeline ou Chère Anne ou Chère Agnès ? Combien de prénoms pour une même fille ? Je ne comprends pas cette variation en A. J’avoue que je préfère Anne entre les trois, ce prénom te va mieux au visage. Alors tu vis ici. Drôle d’endroit pour une vie, mais la peinture de la porte verte semble aussi fragile que ta peinture intérieure. Drôle de rencontre que la... [Lire la suite]
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17 septembre 2018

La nuit du dragon

La nuit où j'ai volé sur le dos du dragon, la vie pour moi avait perdu ses couleurs les plus vives. Il y avait juste l’absence qui me dévorait les entrailles. Quand le dragon m’a dit « Viens ! », je n’ai pas hésité une seconde, même si je n’ignorais pas que les dragons n’existaient pas. C’était la première fois que je voyageais sur le dos d’un dragon. J’avais un peu peur mais je savais qu’il m’emmènerait hors de moi et je voulais me fuir à jamais. Nous avons longtemps voyagé, traversé bien des pays, vu l’Alaska et la terre... [Lire la suite]
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15 septembre 2018

Siffler ?

Il lui avait dit. - Ce soir, si tu siffles les premières notes de notre chanson,   ça voudra dire que tu m'aimes. Elle n’avait pas sifflé et il était parti. Longtemps elle l’avait attendu, blottie dans le silence de ses rêves, flottant au gré d’une partition inachevée. Quand elle le revit par hasard, quinze ans plus tard, le pas énervé et la voix tranchante, elle remercia le ciel  de ne lui avoir jamais appris à siffler.  
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13 septembre 2018

Monsieur Augustin

Elle voyait M. Augustin à 17 heures, tous les mardi, depuis deux ans. Il  lui disait bonjour le regard sombre, s'allongeait avec lenteur sur le divan, puis il restait silencieux pendant deux minutes. La vie de Monsieur Augustin était d'une terrible morosité et ses répétitions permanentes la plongeait parfois dans un endormissement léger.  Quand allait-il en finir avec ses ressassements ? Cette photo, elle l'a prise discrètement le mardi 11 septembre pour une étrange raison : Monsieur Augustin avait réussi à dire qu'un jour... [Lire la suite]
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11 septembre 2018

Fin programmée ?

Et si je ne rentrais pas ? Chaque année la même question, chaque année la même réponse, le même manège désenchanté, le même fiasco. Evidemment elle était libre de ne pas rentrer. Il suffisait de prendre un billet de train au hasard et hop, le tour était joué. Soudain la voix de son mari résonna dans leur maison pimpante du bord de mer. -          Chérie, qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Elle répondit. -          Je n'en sais... [Lire la suite]
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09 septembre 2018

La vie est-elle un étrange palais ?

C'est là qu'il la séduite de son  regard simiesque. Depuis combien de siècles vit-elle dans le parc de cet étrange palais où le présent envahit le passé? Elle ne le sait même plus. Ici, vivre  ne consiste en rien, sinon écouter les conversations d'êtres aux langues singulières qui pensent que la vie est faite de délicieuses photos dont ils ne connaissent pas même l’histoire…     PS : photo prise à Lisbonne, au "Palacio da Fronteira", il y a bien longtemps...
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07 septembre 2018

Les comprimés

J’en ai assez d’avaler des comprimés pour aller mieux. Il faut que je m’oublie. Tous les matins, je  me réveille une demi-heure plus tôt pour les prendre : quatre boîtes, quatre comprimés, un ordre à respecter, et un comprimé à couper en deux.  Hier matin, j’étais pressé – je n’avais pas fermé l’œil de la nuit parce que j’avais pensé à elle - et au lieu de couper mon comprimé en deux  je l’ai pris entier ; grossière erreur. Au bureau, je me suis endormi devant l’ordinateur et ma collègue Josiane n’a pas réussi à me... [Lire la suite]
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05 septembre 2018

Magritte ?

Il lui avait dit qu'il s'appelait Magritte mais elle n'en avait rien cru. Elle était persuadée que cet homme se présentait ainsi  parce qu'il souhaitait se moquer d'elle. N'était-elle pas qu'une simple caissière ? Pourtant il avait insisté. - Les affinités électives sont le portrait des amants qui n'ont pas de lunettes d'approche. Vous savez, je suis aussi "therapist".  Elle avait rougi, incapable de répondre quoi que ce soit à cet homme qui transformait la vie en une suite de représentations. Elle avait tout de même... [Lire la suite]
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03 septembre 2018

Attente

Je vous parle comme à une amie, je ne vois pas beaucoup de monde, je suis seule, je regarde le monde vivre. Les vieux dérangent ; ils sentent la mort. Ils perdent la tête et laissent le corps prendre la place de l’esprit. Je vous parle comme à une amie,  vos yeux surpris lisent la vieillesse de votre jeunesse. Vous ravalez votre orgueil, vous m’observez, vous déchargez votre jeune pitié compatissante, vous parlez lentement, vous prenez le temps, vous vous adaptez,  vous êtes mes yeux,  vous êtes mon esprit... [Lire la suite]
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