Il voulait toujours que tout soit vrai, pas de mensonges, pas de problèmes, pas de colère ; alors un jour je lui ai dit que ça suffisait. Il a très mal réagi et ses cris ont envahi la maison.

Bien sûr, je ne me suis pas énervée. On m’avait dit que les hommes dans son genre n’aimaient pas être contrariés et que je devais attendre. J’ai attendu, dix minutes, après je l’ai tué, ça suffisait.

Certains penseront que je suis folle et qu’on devrait m’interner. Peut-être, mais personne n’a jamais su qu’il était mort.

Même moi, maintenant, je me demande encore si je l’ai tué.  D’ailleurs, j’ai oublié où était son corps - si beau, si doux, si tranquille - et ma vie continue. Je travaille, je ris, j’invite des amis. Et quand on me demande où est Pierre, je dis qu’il m’a quitté un beau matin en prenant sa valise…