Pour ce duo de décembre avec Caro, du blog " les heures de coton ", nous utiliserons comme nous le souhaitons cette citation de Annie Ernaux - « Ce récit serait donc celui d’une traversée périlleuse… » extraite de « Mémoire de fille ».

Aujourd'hui, voici mon texte :

 

Le récit

Ce récit serait donc celui d’une traversée périlleuse.  Non en bateau – je déteste les bateaux même si, parfois, je les invente – mais à pied, en France. Je n’aurais qu’un sac à dos léger, dans lequel je mettrais un livre – celui  de « l’intranquillité »   - et un carnet où je noterais des phrases, longues ou courtes.

Dans ce récit, le péril reposerait non sur les mots mais sur l’interprétation que je pourrais en faire.

Lors de ma traversée, une même question serait posée chaque jour à un homme. Pourquoi un homme me direz-vous ? Sans doute parce que je préfère imaginer qu’ils sont ce que je ne suis pas.

La question posée serait la suivante : Vivre pour vous, c’est quoi ?

Avec ces réponses, je pourrais voguer sur l’océan de leur âme où d’étranges oiseaux poursuivraient leur voyage.

Puis un jour, sur mon chemin,  je rencontrerais celui dont la traversée s’est faite sans sac, sans peur, sans ombres. Je lui poserais la même question qu’aux autres et il m’inviterait à m’asseoir dans un grand jardin où nous finirions par nous connaître…