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Ce type avait une tête de loup. Un fou, c’est certain, mais quand il la suivit, elle fit semblant de rien et continua son chemin jusqu’au fleuve.

C’est là qu’il lui sauta dessus, non pour l’étrangler ou la manger - comme elle aurait pu le penser - mais pour lui dire qu’il l’aimait.

-          Moi ? Mais vous ne me connaissez pas, lui dit-elle aussitôt.

-          Connaissons-nous alors, fut sa seule réponse.

Elle pensa bien sûr au loup qui dévora le petit chaperon rouge, mais elle n’avait rien d’un chaperon rouge, même si certains l’imaginaient vulnérable.

Elle accepta donc et ils se connurent jusqu’à ce que le fleuve les sépare, un an plus tard. Nul ne connut la raison de leur séparation - sauf eux peut-être – et ce, pour une raison très simple, personne jamais ne les revit.

Seule une lettre envoyée à leur famille respective expliqua cette étrange situation :

« Nous nous séparons et partons chacun de notre côté. Ainsi va la vie de ceux qui veulent vivre une autre vie. »

 

PS : photo prise à Rouen, rue des bons enfants.