J’épie, tu épies, il épie…Ça pourrait être une comptine, mais c’est ce que je fais à longueur de journée ; une règle de vie. J’épie sans montrer que j’épie, bien sûr. Je passe mon temps à épier mes semblables. J’épie pour le plaisir, pour mon plaisir. J’épie des vies qui pourraient être la mienne, pour vivre plusieurs fois, sans risque, comme au cinéma, mais avec l’émotion du voyeur actif en plus. Personne ne me connaît, mais je VOUS connais. J’ai l’air normal, une normalité de façade. Personne ne sait quel monde m’habite. Je mets un soin particulier à cacher ma véritable nature. Souriant, serviable, insaisissable, s’ils savaient. J’attends la faille, l’embûche, le piège et je regarde la chute, parfois. Je mène une existence parallèle à mon existence d’épieur, bien sûr. A vrai dire, je ne sais plus qui je suis et parfois, je me regarde et je ne me reconnais plus. Ça me fait peur, mais je dois continuer ou consulter.

Seulement, peut-on consulter si épier immunise de la vie ?