Il n’y a jamais eu de vélo sans toi. Souvent, nos guidons se frôlaient  dans les virages et nos cœurs se blessaient  dans les orages. 

Te rappelles-tu ta sonnette qui hurlait sans crier gare et affolait les passants sur les trottoirs ? Et cette chaîne qui sur tes mains laissait ressasser le noir chemin de ton enfance ; t’en souviens-tu ?  

Je me rappelle aussi les prés qui abritaient nos corps fourbus et les herbes folles qui caressaient la moiteur de nos peaux brunies par le soleil.

Aujourd’hui ton vélo est au grenier  -  pourquoi l’aurais-je jeté ? -  et je  voyage seule sur les routes de mes rêves.