Il n’a rien fait pendant l’année, mais cette absence de travail date de plus loin encore... En fin de troisième on l’a orienté en seconde, pas de projet, on ne voulait pas le garder au collège : la politique des quotas est implacable ! Alors  il est arrivé au lycée avec son paquetage d’élève presque mauvais à tout. Le professeur lui demande de rester à la fin du cours pour une petite mise au point :
- Qu’est-ce que tu veux faire plus tard Kevin ?
- Je veux être gendarme.
- Oui, mais pour être gendarme il faut étudier, avoir son bac.
- Alors je serai chômeur.
- Oui, mais pour être chômeur il faut déjà avoir travaillé.
- Alors je me suiciderai.
Le professeur le regarde ahuri et rien ne lui vient à l’esprit.
Oui, le lycée fabrique  du désespoir et de l’impuissance – tant du côté des élèves que du côté des professeurs -  et la réforme à venir va contribuer à le transformer en une usine à gaz beaucoup plus puissante encore.