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28 avril 2026

L’agent conversationnel personnel

 

Quand Muriel regardait sa famille, elle ne voyait qu’un GV :  un Grand Vide. Il lui fallait d’urgence combler cet assèchement familial, mais comment ? L’idée a surgi illico presto : le chatbot émotionnel qui permet un soutien permanent, une nouvelle dynamique, une écoute attentive et bienveillante, des conseils précis et jamais d’opinions divergentes. Le tout pour un prix modique. « Une efficacité redoutable, c’est ce qu’il nous faut », a-t-elle pensé.

Muriel en a d’abord offert un à son fils de 14 ans, pour son anniversaire. Elle en avait marre de l’entendre se plaindre et grogner en permanence sur l’école, son père, ses copains et elle, sa mère. Ensuite, elle s’en est offert un pour elle ; puis son mari, lassé de ne plus avoir d’interlocuteur à la maison, a fini par s’y résoudre.

Cinq mois que la famille vivait avec son « agent conversationnel personnel » et tout allait pour le mieux. Calme et tranquillité régnaient au foyer. Chacun dans son univers. Plus de conflits. Tous les trois s’occupaient d’eux-mêmes par robot interposé. Le seul endroit de convivialité, le repas, se faisait rarement à trois, tout au plus à deux, ou individuellement, chacun dans sa chambre.

Lors de sa dernière visite, la mère de Muriel a montré un certain étonnement.

  • Vous ne mangez plus ensemble ?
  • Rarement.
  • Ça ne vous manque pas ?
  • Plus de conflits, c’est mieux. De tout façon chacun a son agent conversationnel.
  • Une application ?
  • C’est ça. Et voilà le résultat : Pierre vit le grand amour avec Olga, sa maîtresse par chatbot interposé, Jérémy, lui, ne nous empoisonne plus avec l’école et il a des copains qui l’écoutent, quant à moi j’ai une psy, Sonia, qui m’écoute dans mon bureau quand je reviens du travail.
  • Plus de vie de famille, alors ?
  • C’est ça et on évite le divorce, tu vois ?
  • Oui, je vois bien. Et pour le ménage, vous avez aussi un robot ?
  • Non pas encore, et c’est ça le problème.

Sa mère avait effectivement remarqué que la maison souffrait d’un abandon total.

  • Et les courses et la cuisine ?
  • On alterne, mais chacun fait sa propre cuisine ou non, c’est selon. L’argent est dans un pot commun.
  • Ah, il vous reste au moins ça, a conclu sa mère.

Un an plus tard, la maison abandonnée a fermé ses portes. Jérémy est allé en pension, ses parents se sont séparés, pour le meilleur ou pour le pire, et ont vendu la maison. Muriel fait partie d’un groupe de paroles anti-chatbot, quant à son mari, il a continué un temps avec son agent émotionnel mais a sombré dans une addiction qui l’a conduit en clinique après une tentative de suicide

Maintenant, Muriel se repend de son   idée désastreuse et souvent, elle dit lors des séances hebdomadaires du groupe anti-chatbot : « Une fois dans les eaux profondes de l’exil émotionnel, il est difficile de revenir à la surface de la vie. Heureusement, le groupe est là. Je vous dois tellement, tellement ! »

 

PS : prochain texte, vendredi.

 

26 avril 2026

Le MUE : Mouvement des Utérus Enervés

 

 

Elle faisait partie du MUE – Mouvement des Utérus Énerves. Comme le nombre d’adhérentes restait stationnaire, lors de la dernière Assemblée Générale, la présidente avait demandé à tout le monde de faire preuve d’imagination. Elles étaient 40 présentes et chacune fut mise à contribution. Quand vint le tour de Marion, celle-ci dit.

  • Je ne vois rien.

La Présidente sourit et demanda.

  • Comment ça rien ?
  • Oui, tout est noir… euh comme dans un utérus, quoi !

Eclat de rire général dans l’assemblée.

  • Mais à part cette évidence ? demanda la présidente.
  • Euh, pourquoi pas une pub qui fait preuve d’humour noir ?
  • Je ne sais pas si l’humour noir sera de bon aloi !

Marion se tut, puis pendant que les autres parlaient, elle écrivit sur sa feuille : 

Une Grève Génitale ?

Des Utérus qui disent non ?

Des trompes Fallope qui disent merde ?

Des ovules qui partent en vacances ?  

Adhérez au MUE (Mouvement des Utérus énervés), une association qui se pose des questions et trouve des réponses pour sortir de l’hibernation patriarcale.

Quand, à la fin de l’AG, elle proposa son texte à la présidente, celle-ci lui dit.

  • Ok Marion, il y a de l’idée, mais attention à la stérilité !
  • La stérilité ?
  • Ben oui, quoi le refus de la procréation. Ce n’est peut-être pas de bon aloi.

Marion se tut et pensa que la présidente aurait besoin d’un petit ravalement des muqueuses cependant, elle n’en dit mot car à l’âge qui était le sien - Marion venait d'avoir  60 ans - son utérus ne demandait qu’une chose, qu’on le laisse tranquille quand il le souhaitait !

 

PS : prochain texte, mardi.

24 avril 2026

Théâtre

 

Au cours de théâtre ils étaient 15, dont Chantal. L’atmosphère était souvent à la plaisanterie. Lors du dernier cours, comme Chantal était absente, Jean a dit.

  • Le seul et unique rôle que Chantal a fait à la perfection, c’est celui de la morte, l’année dernière, dans le spectacle de fin d’année. Vous vous souvenez ?

Et tout le monde a ri. Il faut dire que Chantal avait quelques difficultés, et le quelque aurait pu être remplacé par autre chose. Jean était du genre bout en train, mais parfois, il allait trop loin. Quand Chantal est revenue en cours, il s’est cru obligé de lui dire.

  • Tu te souviens du rôle où tu jouais la morte ?

Il dépasse les limites  se sont dits les autres. Trop tard. Chantal a répondu.

  • Non, je ne m’en souviens pas puisque j’étais morte.
  • C’est vrai, tu as raison. En tout cas, ça a été ton plus grand rôle.
  • Merci pour le compliment, Jean. Et tu te souviens du rôle où je jouais une prostituée. J’ai adoré.
  • Euh, je t’ai trouvé moins bien dans ce rôle – a répondu Jean, gêné – parce que les dialogues étaient mal écrits et un peu longs alors il y a eu des petites confusions.
  • Ah bon ? Moi ça m’a amusée. Ça me changeait un peu des rôles où j’ai pas grand-chose à dire.

Dans le groupe, certains souriaient discrètement. Quant à Jean, il a acquiescé et s’est maudit d’avoir engagé la conversation sur ce sentier glissant.

 

PS : prochain texte, dimanche

21 avril 2026

L’ascension

 

La carrière de cet homme politique – jeune, souriant, élégant -  évoluait à une vitesse faramineuse. Son succès : des discours simples qui ouvraient grand les portes de l’illusion. Cet homme avait compris qu’au royaume du découragement, les stigmatisations devaient aller bon train car elles enflammaient les foules en nommant les responsables de la crise que vivait la nation. Plus l’audience croissait, plus son langage se faisait combattif, jusqu’à atteindre, parfois, des pics d’hostilité.

Le problème, soulignait-il, ce sont les autres, ceux qui « profitent » et immobilisent notre avancée vers un monde plus juste, plus fort.  Au siège de son parti, lors des courtes formations qu’il mettait en place pour ses membres, il disait très clairement.

  • Le bouc émissaire est un pourvoyeur d’énergie. Il suffit de trouver les bons – vous les connaissez maintenant par cœur - et grâce à eux, nous monterons rapidement en puissance. N’oubliez pas les mots clefs, ceux qui galvanisent, je vous en donne quelques-uns à placer à bon escient dans vos discours : dangereux, le pire, le meilleur, corruption, truqué, l’ennemi, migratoire, fraudeur, sécurité, protéger, chez nous, liberté, attentats, ultragauchistes, terroristes. Maintenant à vous de jouer ! Par ailleurs, nous mettons en place un GPS ( Groupement de Protection sécuritaire), pierre angulaire du parti, et il nous faut des volontaires pour cet encadrement viril. Et, pour terminer, n’oubliez pas cette phrase de je ne sais plus qui, mais qui sera d’une grande aide dans votre carrière politique : « Il est plus facile de gérer un mensonge que l'on peut contrôler qu'une vérité que l'on ne peut pas changer. ». Je vous dis à tous et à toutes bonne chance et bon courage pour votre mission !

Lors des meetings, ses discours  enthousiasmaient la foule qui applaudissait généreusement en criant « Nous sommes chez nous ! ». La stigmatisation constante des fraudeurs, chômeurs, immigrés, migrants, homos, féministes, et gauchistes donnait au parti un regain d’adhérents. Oui, disait ce chef, la France unie de ses nationaux redeviendra à nouveau juste, confiante, et un doux vent de liberté soufflera sur nos plaines.

Il était troublant de noter que la plupart des médias se réjouissaient de ce nouveau démiurge qui faisait monter leurs audiences. Mais jusqu’où irait-il ?

 

PS : prochain texte, vendredi

19 avril 2026

La maison du cocu

 

Depuis que sa femme était partie vivre avec son amant, il avait écrit sur la porte de sa maison, en grande lettres noires : Ici, vous entrez dans la maison du cocu.

Sa mère et son père étaient immédiatement venus lui dire l’absurdité de la chose mais il n’en démordait pas : ça resterait ainsi !

  • Je veux que tout le monde le sache, avait-il dit colérique.
  • Mais pourquoi ? A quoi ça sert ? s’était entêtée sa mère, désespérée.

Le fils leur avait répliqué qu’il était inutile de lui répéter la même chose : il ne changerait pas d’avis.

  • Et tes enfants ? avait essayé sa mère.
  • Quoi les enfants ? Ils ont 20 ans et 22 ans et ils n’habitent plus ici. D’ailleurs ils ne viennent jamais me voir, alors les enfants, je m’en fous !
  • Avec la tête de croquemort que tu as, avait souligné son père, on comprend pourquoi ils ne viennent plus.

Leur fils leur avait claqué la porte au nez et était retourné s’allonger sur la banquette afin d’écouter le « lacrimosa » du requiem de Mozart. Et c’est en pleurant qu’il articula

Lacrimosa dies illa
Qua resurget ex favilla
Judicandus homo reus etc.

Il conclut par un « Je les emmerde tous, TOUS ! Et elle, qu’elle crève ! » puis il sombra dans le sommeil. 

 

PS : prochain texte, mardi.

17 avril 2026

La vigie

La vigie

 

 

L’été, elle s’asseyait nue sur la balustrade de son balcon, une heure, jamais plus. Voir la vie d’en haut et imaginer un voyage à travers ce corps nu et pure ouvert à la brise, tel était son chemin.

Elle vivait au Portugal, pays où les azulejos donnent à la terre une couleur de ciel. L’équilibre de sa posture et la beauté de son corps ajoutaient à la ville de Porto une touche étonnante que des photographes  avaient mis en scène sur la toile du monde.

Les après-midis se succédaient, tranquillement, jusqu’à ce jour où surgit d’en bas une voix forte, si forte que la vigie faillit en perdre l’équilibre.

  • Eh, vous, la vigie connue dans le monde entier, est-ce que je peux avoir un entretien avec vous ?

La vigie ne répondit rien et l’homme réitéra.

  • Vous qui pensez d’en haut plutôt que penser tout haut, je peux vous parler ?

La vigie l’observa puis lui dit.

  • Je descends.

Sans doute n’aurait-elle pas dû descendre, elle qui, d’en haut, s’était séparée du monde. Tous deux s’assirent sur les marches de l’immeuble où elle vivait. Il se présenta.

  • Je suis journaliste et photographe. Je viens de loin, du japon. Une amie vous a prise en photo, photo qu’elle a mise sur son site, alors j’ai eu envie de vous voir et de vous parler. J’ai fait le voyage rien que pour vous.
  • Ah ! fut sa seule réponse.
  • Vous surveillez l’horizon, là-haut, ou bien vous pensez à la vie ?
  • Ni l'un ni l'autre.
  • Vous vous moquez de moi, dit-il en souriant.
  • Non.
  • Et qu’avez-vous vu d’en haut ? demanda-t-il en prenant son stylo.
  • J’ai vu que les hommes sont petits et que le ciel est haut. Que penser à rien est mieux que de penser à tout.

En parlant, elle ne le regardait pas par contre, lui observait son profil parfait, aussi parfait que certaines statues grecques qu’il avait photographiées lors de son dernier voyage à Athènes.

  • D’où vous vient cette perfection ?
  • De ma mère.
  • Vous pouvez tourner votre regard vers moi ?
  • Pourquoi ?
  • Pour penser à tête reposée.

Elle le fit et la lumière de ses yeux l’éblouit.

  • La pureté de vos yeux verts, d’où vous vient-elle ?
  • De mon père. Vert à l’extérieur, noir à l’intérieur. Danger !
  • Pourquoi ?
  • Pour rien. Je ne pense jamais tout haut.

Il se virent un mois durant, d’en haut, d’en bas et à l’intérieur, les jours de pluie. Il n’oublia jamais la perfection de son visage. Elle n’oublia jamais l’imperfection de ses mots lorsque ceux-ci envahissaient sa chambre et son âme. Quant au corps de cette femme, s’il revint à la vie, lui n’en sut rien, car la vigie s’enferma dans un silence de pierre.

 

PS : photo de Mado et quelques expressions autour du verbe "penser" prises dans un tableau de «  textes et intertextes » ( https://textes-et-intertextes.blogspot.com/

PS 1 : prochain texte, dimanche.

15 avril 2026

Le boucher

 

Boucher depuis 20 ans, il était devenu végétarien. Sa femme – professeur dans l’enseignement technique -  s’en était étonnée.

  • Toi, un amoureux de la viande ?
  • Eh oui, maintenant à chaque fois que j’en mange, je vois un corps humain devant moi. Ce n’est plus possible.

Sa femme se mit donc à la cuisine végétarienne, excepté le jeudi où elle mangeait du foie pour se fortifier, disait-elle.

Son mari lui avait souligné.

  • Tu remplaces la Foi par le foie.
  • Exactement. Le foie ça régénère, la religion ça extermine, regarde ce qui se passe au Moyen Orient.

Petit-fils et fils d’athée, il ne pouvait qu’être d’accord avec elle. C’est juste avant la mort de son père, d’ailleurs, qu’il avait appris que son grand-père avait quitté la religion catholique après avoir « fauté » - comme disait son père – avec une religieuse, sa grand-mère donc. Il en avait eu le souffle coupé.

  • Passer de nonne à jeune mariée, une épopée avait-il dit à son père.

Son père avait conclu en disant.

  • L’amour a ses raisons que la raison ne connait pas. En tout cas, il a fini par détester l’église et les curés, ta grand-mère aussi, moi aussi et ta sœur aussi d’ailleurs.

Soudain, lui revint à l’esprit cette phrase que sa grand-mère répétait souvent : « l’esprit est ardent mais la chair est faible ». Il la nota sur une feuille, la mit près de sa caisse à la boucherie, et sourit en pensant à cette grand-mère qui avait si mal commencé sa vie, dans un couvent, mais l’avait si bien terminée dans les bras de son grand-père aimant.

 

PS : prochain texte, vendredi.

 

12 avril 2026

L’ange gardien,

 

En contemplant Antoine - l’enseignant dont il avait la responsabilité - l’ange se disait que le déni avait du bon. En tout cas, c’était tout ce qu’il avait trouvé d’efficace pour son protégé et il n’en était pas peu fier quand il en parlait au GPA - Groupe de Parole des Anges - du dimanche soir. 

Ces derniers temps, l’ange se posait souvent sur l'épaule d'Antoine pour l’observer, mais celui-ci ne le sentait pas, il faut dire que l’ange ne pesait pas plus qu’une plume.

A coup de déni renouvelé, l’ange évitait à Antoine d’ouvrir les yeux. S’il les avait ouverts, il aurait remarqué que la plupart de ses élèves étaient plus "chiants" qu’attachants, et que seuls quelques-uns daignaient faire des « efforts ». Le mot d’ailleurs n’était plus prononcé dans les salles de classe, de peur de traumatiser les élèves et, surtout, de choquer les parents qui étaient prompts à se plaindre auprès du principal de l’établissement.

Grâce à son ange gardien, Antoine survivait. Nulle envie de se jeter par la fenêtre, nul désir de s’immoler, nulle velléité de se bourrer de médicaments, tout au plus quelques nuits d’insomnie et des somatisations fréquentes, mais il ne savait pas pourquoi !

 

PS : prochain texte, mercredi.

 

11 avril 2026

L’enfer du djihad

 

Abonnée à la case rebellions, dépression et outrages depuis ses 14 ans, Cindy avait décidé en 2014, à l’âge de 20 ans de se marier avec un type qui voulait partir en Syrie pour le djihad tant attendu. Internet lui en fournit un et le départ fut immédiat. Elle voulait devenir une guerrière et « niquer l’injustice ». L’endoctrinement fonctionnait à merveille sur les réseaux.

Après 5 ans en Syrie, elle était passée de la liberté à l’enfermement, de la classe outrage à la classe ménage, de la jeune fille rebelle à la mère de famille violée et voilée. Sans parler de la faim et des coups qu’elle recevait lorsque son deuxième mari – le premier avait eu la tête tranchée – rentrait des combats dont il ne parlait jamais.

Lorsqu’il était absent, elle l’injuriait et se prenait à hurler : « pauvre tête de bite. Je voudrais que tu meures ! ». Les deux enfants qui étaient les siens la regardait effrayés, alors elle pleurait et appelait Dieu à l’aide, mais qui était ce Dieu qu’elle ne connaissait pas ? Elle lui disait : « je veux rentrer en France, pour qu’un jour mes enfants soient fiers de moi. Je veux revoir ma famille, lui faire connaître mes deux fils. Ils pourront les élever, eux !»

Elle disait même, parfois, que la prison en France, ce serait mieux que la prison du djihad. Oui, elle aurait tout fait pour partir de ce trou à rat que la mort creusait chaque jour un peu plus, mais le pourrait-elle ?

 

PS : prochain texte, dimanche.

9 avril 2026

La Carte de Con

 

Ce matin-là, quand il a rencontré son ami Paul dans la rue des anciens combattants, Jean lui a demandé

  • Bonjour Paul, en forme ? Tiens, au fait, tu as pris ta carte ?
  • Quelle carte ?
  • Ta carte de Con.

Connaissant l’humour de son ami, Paul s’est esclaffé. Mais Jean a continué.

  • Non, non, je ne plaisante pas. Bientôt, si tu ne l’as pas, tu ne pourras rentrer nulle part. Ce sera obligatoire. Ordre du parti !
  • Quel parti ?
  • Le parti de l’avenir.

Paul a souri et a fini par dire.

  • Le RN ?
  • Exactement. Moi je suis allé les voir au siège qui est le leur et je leur ai demandé s’ils pouvaient me la donner avant le résultat des élections présidentielles.
  • Et que t’ont-ils dit ?
  • Qu’ils allaient appeler les flics !
  • Tu m’étonnes !

Jean est resté silencieux et a fini par continuer.

  • Tu sais qu’ils m’ont foutu au poste, les flics ?
  • Non !
  • Pour outrage.
  • Les flics ont déjà tous leur carte de Con alors ?
  • C’est ça. Voilà pourquoi je te dis de prendre la tienne, au cas où on t’arrêterait.
  • Une heure, ils m’ont gardé. Ils m’ont posé quelques questions et voyant que j’étais cadre à la SNCF, ils ont été plutôt bienveillants, si je puis dire. L’un m’a même dit. « SNCF : société nationale des cons français » ? j’en ai souri, tellement il m’a étonné. Et j’ai ajouté « C’est ça, vous avez tout compris ! ».

Comme la journée était belle, ils se sont installés à la terrasse du café de la gare pour boire un café. A la fin de leur conversation, à teneur plus ou moins politique, Paul a fini par dire.

  • Ça me fout le bourdon tout ça.
  • Il y a de quoi, je t’assure. Prépare-toi Paul, fais un stage de con, tu as jusqu’à mai 2027 !

 

PS : prochain texte, samedi.

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