Troublée par l’escalade guerrière provoquée par messieurs Trump et Netanyahou, j’ai envoyé vendredi, par la poste, la lettre suivante - traduite en anglais bien sûr, car j’aime cette langue - au Vice-Président américain. J’avoue avoir précédemment envoyé une lettre à notre Président, et à la Présidente de la commission Européenne. Dès lundi, j’en enverrai une au Premier Ministre Israélien, ainsi qu’à son Ambassadeur à Paris. Des actes infimes, certes, mais je me libère ainsi de cette colère qui m’envahit.
Voici donc cette lettre :
Monsieur Le Vice-Président,
Je me permets de vous écrire en tant que citoyenne française, amoureuse de la liberté, de la démocratie et de la langue anglaise.
Après avoir écouté quelques discours du Président des États-Unis, en anglais bien sûr, je me pose de nombreuses questions quant à ses capacités cognitives, mais vous aussi, j’imagine. Sa nièce, psychologue s’en pose aussi ; d’ailleurs, elle le signale lors d’un entretien avec une journaliste.
Ne croyez-vous pas que ceci puisse porter préjudice à l’avenir du monde ? Quand s’arrêtera cette « Epic Fury » ? Lors d’un discours devant les journalistes, Monsieur Trump a dit lui-même qu’au départ vous n’étiez pas tout à fait d’accord avec cette « Epic Fury », ce qui est tout à votre honneur, mais cet Epic Fury continue. Jusqu’où ira-t-elle ?
Ne pensez-vous pas, Monsieur, que ces interventions américaines intempestives nous font cheminer vers un monde à feu et à sang ?
J’ai entendu dire, Monsieur, que votre femme est enceinte de son quatrième enfant et que la naissance est prévue pour juillet. Naissance dont vous vous félicitez, et je le comprends. Mais quel avenir construisez-vous pour cet enfant à naître ? Vous ne vous posez aucune question ? Ou peut-être croyez que votre pays sera épargné par ces guerres que vous multipliez ? Savez-vous qu’en Iran déjà deux cents enfants sont morts, sans parler de Gaza ou sans doute plus de 20 000 enfants sont morts ? Cela va continuer jusqu’à quand cette tuerie d’enfants ?
Est-ce bien sérieux, Monsieur, d’œuvrer au service d’un président qui souffre de problèmes de santé mentale en faisant semblant – comme tous les sénateurs républicains d’ailleurs - que son comportement est tout à fait normal ? Sans parler de l’ absence profonde d’humanité dont il fait preuve.
Monsieur Trump se dit croyant, ce qui laisse perplexe. Il ne me semble pas que Dieu – mais les pasteurs évangéliques venus récemment à la maison blanche lui ont peut-être dit le contraire et il les a crus – sauve des faiseurs de guerre qui détruisent l’humanité. D’ailleurs combien de morts votre Président a-t-il sur son « tableau de chasse » depuis son deuxième mandat ? Et le tout, sans que cela lui coupe l’appétit ou l’empêche de faire du golf dans sa très grande propriété de Mar-a-Lago.
Monsieur Trump représente actuellement l’incarnation de la violence et de la prédation, sans parler bien évidemment de son grand allié israélien, Monsieur Netanyahou, Premier ministre d'Israël. Tous deux sont à la première place ex-aequo sur le podium de la guerre. En ressentez-vous de la fierté M. Vance ?
Sachez qu’en France l’inquiétude se généralise et que notre regard sur les États-Unis change profondément. Si ce pays, pour certains, fut longtemps considéré comme celui de la liberté et de la capacité à s’enrichir, il est désormais, pour nombre d’entre nous, considéré comme celui de l’injustice et de la folie destructrice.
Si l’Union Européenne se tait face à cette entrée en guerre contre l’Iran – mis à part les trois pays courageux que sont l’Espagne, l’Irlande et la Norvège - les citoyens européens, eux, rejettent votre entrée en guerre en grande majorité. De même que les citoyens américains, d’ailleurs, qui à plus de 60 % sont contre cette guerre.
Comment expliquez-vous, Monsieur, que le Président Trump, qui a fait campagne pour la paix et qui a créé « the board of peace » œuvre maintenant pour la guerre ? Serait-ce que le mot guerre signifie paix maintenant, aux États-Unis, et que nul n’était au courant à part les membres du gouvernement américain ?
Après le Vietnam, l’Irak et l’Afghanistan, les États-Unis – qui sont « a great country », comme le dit M. Trump - auraient dû comprendre que la guerre ne sera jamais la paix, mais que la guerre conduit irrévocablement à l’anéantissement du monde, même si l’on est le premier exportateur de matériel de guerre et que l’on se trouve loin des conflits !
PS : prochain texte, mardi.