La gifle du président
Quelle est la distance exacte entre la réalité et la comédie de la vie ? s’était-elle dit avant que l’avion n’atterrisse à Hanoï.
Elle arrivait au soir de sa vie, lui à la moitié de la sienne, et leur couple déclinait aussi vite que la France où son époux « régnait » depuis maintenant 8 ans.
N’ayant aucun humour et sentant en elle la colère gronder, elle opta – malgré la présence des médias - pour la gifle décontractée, juste avant leur descente de l’avion.
Ensuite, cérémonie oblige, ils descendirent les marches en souriant. De bien piètres comédiens pour un bien piètre royaume, mais une fin de règne est souvent une souffrance.
Le soir même, dans l’intimité de leur chambre « royale », ils choisirent le grand La Fontaine pour créer leur dialogue nocturne. Voici leur joute verbale entendue à travers les murs de leur chambre, et les citations de la Fontaine sont entre guillemets :
Elle : « Un sot plein de savoir est plus sot qu’un autre homme ! ».
Lui : « Propos, conseil, enseignement, rien ne change un tempérament », sachez le madame.
Elle : « Se croire un personnage est fort commun en France », vous êtes d’une vulgarité !
Lui : « La vieillesse est impitoyable », madame, je l’observe en vous écoutant.
Elle : Peut-être, mais « C’est double plaisir de tromper le trompeur. »
Lui : Mais qui ai-je trompé madame ? Vous ou la France ?
Elle : Fourbe !
Lui : Madame, « La dispute est d’un grand secours, sans elle on dormirait toujours. »
Elle : Dormons alors Monsieur, mais je sais que vous ne le pourrez point car vous êtes insomniaque. Et, pour l’amour de dieu, cessez d’accuser « toujours les miroirs d’être faux ».
Lui : Sachez que je vous plains. Quant aux miroirs, c'est vous qui les craignez madame. Le grand âge vous effraie plus que ne m’effraie la France qui me hait. Allez, dormez madame, que la nuit vous apaise.
Elle : Rien de plus ne vous dirai, monsieur, mais je n’en pense pas moins. Bonne nuit .
PS : prochain texte, lundi.