Les bons comptes…
Ce soir-là Martine, après avait posé à son amie Sophie les questions habituelles sur son travail et ses problèmes de santé, avait fini par dire.
- Tu crois que faire ses comptes avec un partenaire qui ne compte que sur l’autre, c’est une bonne chose ?
Sophie n’a su que répondre à cette question qui manquait de clarté, et Martine a continué son monologue durant quinze minutes. Heureusement que le vin blanc et les gâteaux à apéritif étaient sur la table sinon elle se serait lassée de cette histoire sans fin. Lorsque Martine s’est arrêtée, enfin, elle lui a tout de même demandé.
- Et il compte pour toi cet homme ?
- Tu sais, le problème à mon âge c’est que le compte à rebours a commencé : j’ai 55 ans, et dans 5 ans, terminé, plus personne ne s’intéressera à moi !
- Et alors ?
- Alors je serai seule.
- Et alors ? Imagine que tu auras plus de temps pour toi et pour voir tes amies.
- Oui mais le reste ? Tu veux que je me fasse des masques anti-dépression tous les soirs ?
Sophie a souri et a rappelé à Martine que les contes de fée appartenaient au domaine de l’enfance, et qu’à défaut de contes de fée ou de contes à dormir debout, elle ferait bien de compter sur elle, que c’était le plus court chemin vers les comptes ronds !
Martine s’est contenté de lui répondre que son pragmatisme la tuerait !
Sophie a conclu avec une citation de Lewis Caroll : « Mais alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ? ». Puis elle lui a parlé de ce merveilleux monde à venir où femmes et hommes vivraient libres de leurs chaînes sans dépendance aucune, et où toute séparation serait une ouverture vers autre chose.C’est à ce moment là que Martine s’est endormie, la tête sur la table, entre la bouteille de blanc et son verre. Pourquoi ? s’est demandée Sophie.
PS : prochain texte, dimanche.
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