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Presquevoix...
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28 janvier 2025

La maîtresse d’école

 

Antoine était rentré de l’école primaire tout excité, le contraire de son état habituel, bougon, Etonnée, sa mère lui a demandé.

 

  • Tout à l’air de s’être bien passé à l’école, aujourd’hui ?
  • Oui, on a bien ri avec la maîtresse.
  • Et de quoi ?
  • Du collier de couilles pour la fête des mères.
  • Comment ça ? a hoqueté sa mère.

 

Et Antoine a tout expliqué, de la façon la plus claire possible, à sa mère qui tombait des nues. Il a commencé par lui dire qu’avant, on faisait des colliers de nouilles, qu’elle-même en avait certainement, mais que la maîtresse avait dit que, avec me-too, on pouvait maintenant faire des colliers de couilles.

 

  • Tu comprends ? avait-il conclu.

 

Sa mère avait éructé.

 

  • Oui je comprends, mais elle est folle ou quoi la maîtresse ? Tu sais ce que c’est les couilles ? Tu trouves ça drôle que la maîtresse dise ça ?
  • C’est pour rire maman, la maîtresse nous l’a expliqué. Bien sûr qu’elle ne veut pas couper les couilles des garçons. Elle a dit exactement : « Il faut séparer l’homme de ses couilles dès son plus jeune âge afin qu’il puisse réfléchir plus et qu’il évite de penser que les couilles passent avant le cerveau. Comme ça il sera aussi intelligent que les filles et arrêtera de les embêter tout le temps dans la cour de récréation en pensant qu’il est le plus fort. »

 

Sa mère n’a rien répondu. Elle a juste fait trois ou quatre longues respirations ventrales et a conclu.

 

  • J’en parlerai à papa ce soir.

 

Quand son mari est rentré à 20 h, harassé, comme à son habitude, elle a préféré se taire, écouter sa litanie, et attendre qu’Antoine soit au lit pour lui expliquer la situation. Jamais elle n’aurait pensé que ce mari en général si calme, si correct et si raisonnable eut pu réagir de la façon suivante : « Elle se fout de ma gueule la maîtresse. Qu’est-ce qu’elle a contre les couilles ? Encore une mal baisée ! Encore une revancharde qui n’a pas pu monter dans la hiérarchie, soi-disant parce qu’elle est une femme ! Eh bien je l’encule la maîtresse ! Je l’encule ! »

 

Sa femme a réussi à l’interrompre un instant.

 

  • Mais tu deviens fou, Romuald ?
  • Moi, fou ? Mais vous êtes toutes folles, des cinglées, des agressives, des mal baisées, oui des mal baisées.
  • Mais c’est toi qui me baises Romuald, a-t-elle ajouté.
  • Moi ? Moi ? Eh bien si je n’étais pas épuisé par le travail tous les jours de la semaine je te baiserais mieux.
  • Tu es dingue ou quoi ? Va te coucher, repose-toi et ça ira mieux demain.
  • Je me coucherai si je veux, tu commences à me faire chier en me parlant comme à un enfant de 6 ans. La guerre est déclarée Marion, et tu iras te faire baiser par qui tu veux, mais plus par moi.
  • Très bien, j’ai compris. Pour moi ce sera l’île de Lesbos cet été. Et, pour continuer sur le même ton que toi, non seulement tu me casses les couilles, mais tu n'as pas des couilles en or. Alors oui, tu as raison, si l'amour se barre en couilles chez nous, je vais aller voir au deuxième, au troisième, ou au quatrième étage, qui sait, peut-être que des couilles seront à ma disposition à ces étages-là ?

 

Et, avant qu’il ne lui réponde quoi que ce soit, elle est sortie de chez elle, direction, son amie Murielle qui elle, aurait sûrement une petite idée sur la marche à suivre parce que, elle, elle s’était séparée de son mari il y a bien longtemps et donc…

 

PS : prochain texte, samedi.

25 janvier 2025

L'affaire Trompe

 

Dès le début de sa campagne, Monsieur Trompe,  bouffon et patron de la SPA (Société des Patriarches Avariés) a fait allégeance avec l’ultra-libéralisme, le virilisme, le protectionnisme, le messianisme, le chauvinisme et la chasse aux immigrés. Au début de son discours d’investiture, souriant largement de ses grandes dents blanches, il a immédiatement fait allusion au fait suivant : « J’ai été sauvé par Dieu pour rendre sa grandeur à l’Amérique ». Sans doute est-ce pour cette raison que Dieu, furieux, est intervenu avant la fin de son discours :

 

« Qui es-tu pour ainsi parler ? N’oublie pas que Seul Dieu peut parler en son nom. Grande est ma mémoire, et je ne me rappelle nullement t’avoir sauvé. D’ailleurs, dans ta petite vie de grand capitaliste pré-fascisant, qui as-tu voulu sauver à part toi-même ? Tu te crois irrésistible et tu défies le monde entier mais sache que si tu chasses les immigrés de ton pays comme on chassait les lépreux dans les temps anciens, et si tu opprimes indigènes, noirs, et blancs qui vivent dans la misère de cet immense pays qui est le tien, c’est toi et ton peuple qui seront chassés car de terribles incendies ravageront tous les Êtas Américains, d’Est en Ouest et du Nord au Sud. C’est tout ton peuple qui sera voué à l’exode, un peuple de 335 millions d’habitants que nul ne voudra accueillir car son président, satisfait de son « érection » présidentielle – si je peux me permettre un trait d’humour avec  ce changement de consonne -  se prend pour le Dieu du monde avec son apôtre Muskle, amoureux de la chemise brune. Sache que tu as exactement sept jours pour reconstruire ton projet politique afin que l’équité, la justice et l’unité soient au cœur de ton programme. Si tu persistes sur le même chemin, les foudres de Dieu anéantiront ton pays et s’arrêteront exactement aux frontières du Canada et du Mexique, frontières que ni toi, ni ton peuple ne pourrons franchir, car j’y mettrai de très hauts murs, plus hauts encore que votre présomptueux Empire State Bulding. Quant aux avions, ils n’auront plus de carburant. Penses-y pauvre mortel qui veut tromper la mort. Il va te falloir réfléchir et ce, pour la première fois de ta vie.

 

Sache que ni la bourse, ni les dollars, ni l’intelligence artificielle, ni le numérique, ni le pétrole, ni le gaz ne pourront faire quoi que ce soit pour toi et ton peuple. Souviens-toi mon fils que l’intelligence se travaille jour après jour et, si la tienne ne peut se mettre sur le chemin de la réflexion, tu te dois de consulter neuf sages qui vivent en ton pays mais que tu ne connais pas car tu n’écoutes que toi et ceux qui représentent le pouvoir de l’argent. Je vais donc te donner immédiatement leurs noms. Ecoute-les, homme vaniteux, afin que les incendies ne soient pas la plaie qui vous fera disparaître à tout jamais. »

 

Après les paroles de Dieu, l’Assemblée est restée silencieuse, et quand le président Trompe, puis Monsieur Muskle ont voulu prendre la parole, les micros ont été coupés, les téléphones et les ordinateurs se sont arrêtés de fonctionner afin que le peuple lui aussi puisse réfléchir durant sept jours. Les incendies, eux, avaient déjà commencé à faire rage en Californie et, dans l’Assemblée ce mot commença à être prononcé par tous : C’est l’Apocalypse !

 

PS : prochain texte, mardi.

 

22 janvier 2025

Le pouvoir des rêves

 

Il y avait un alpiniste à la combinaison rouge qui venait escalader ses rêves, nuit après nuit. À force d’en parler aux autres, le rêve devenait-il réalité. ? Ne devenait-il pas fou ?  Le pire c’était que ce type ne se contentait pas de se hisser au sommet de sa corde mais, une fois arrivé au sommet, il brandissait une pancarte avec un message écrit en lettres rouges sur fond blanc. Le dernier en date disait. : « Souviens-toi de l’enfant que tu portes en toi ! » Les précédents messages étaient tout aussi énigmatiques : « Ton père est-il ton père ? » et « As-tu déjà pensé à tuer celle qui ne voulait pas te mettre au monde ? »

 

Il avait parlé de ces pancartes à son médecin généraliste qui s’était contenté de lui dire, l’air songeur.

 

  • Avez-vous pensé à consulter un psychiatre ou un psychothérapeute ?

 

Ah ça non, surtout pas de psychiatre ! Le malade ce n’était pas lui, c’était l’abruti qui se trimballait dans ses rêves au bout d’une corde et qu’il n’arrivait pas à chasser. Il n’allait tout de même pas faire les frais d’une consultation à soixante euros à la place d’un autre type !

 

Et il continuait à vivre vaille que vaille, avec des migraines de plus en plus fréquentes qui lui vrillaient le cerveau, et des nuits  de plus en plus sombres qui ternissaient ses jours.

 

Son collègue de bureau, un homme qu’il jugeait transparent, marié avec deux enfants, avec qui il échangeait des phrases de circonstance, lui posa un jour une question qui l’intrigua et à laquelle il ne sut répondre.

 

  • Tu as déjà pensé à te suicider ?

 

Soudain, le gris de sa vie s’éclaira d’une petite touche verte qui peu à peu fit disparaître la combinaison rouge de l’alpiniste qui s’était approprié ses nuits. Son collègue avait sans doute raison ; il lui restait un dernier choix, celui de disparaître, s’il le souhaitait. Raison pour laquelle, un matin, il lui dit.

 

  • Je vais mieux.

 

Et son collègue lui répondit d’une voix calme : « Tu vois, parfois il suffit de parler de ses problèmes pour trouver une solution. »

 

PS : prochain texte, samedi.

 

19 janvier 2025

L’Assemblée Nationale imaginaire

 

Il avait atterri à un poste de premier ministre temporaire comme on atterrit sur un vieux terrain d’aviation après un long voyage. Catholique pratiquant – il n’avait jamais pensé quitter Dieu– il continuait son chemin de pénitent depuis plus de 40 ans car pour lui, hors la politique, point de salut.

 

Lors de son discours à l’Assemblée Nationale, certains avaient ricané en écoutant quelques éléments de langage « catholiques » qu’il affectionnait. D’autres s’étaient endormis en raison de la lenteur de ses phrases, héritage de son enfance de bègue.  Nul ne l’avait trouvé inspiré et rares étaient ceux qui se sentaient prêts à déplacer les montages avec lui. Quand il avait évoqué son « plan infertilité », un député avait même dit « Et pourquoi pas un « plan infidélité », en rigolant grassement.  

 

Animé, certes il l’était – il voulait achever sa carrière de façon grandiose – mais  son inspiration, loin d’être divine, risquait de plonger le pays dans un nouveau trou noir ! Quelques mal-pensants avaient même suggéré à très haute voix que ce « conclave » auquel il appelait pour discuter de la réforme des  retraites était un « conclave d’enfumage ». Un député avait même hurlé  « Encore un « Habemus papy », à quand un habemus Démocratie !».

 

Oui, en cette Assemblée Nationale certains se gaussaient, certains s’énervaient et d’autres s’exaspéraient. Et ceux qui restaient silencieux, mais à quoi pensaient-ils ? A leur carrière politique peut-être ?

 

Une voix de femme émanant des sièges de la France Insoumise avait même dit « Allez faire un pèlerinage à Lourdes, ça nous fera des vacances ! ». Une écologiste avait lâché « On en a marre du catéchisme des marchés financiers. Nous on veut le tango de la retraite à soixante-deux ans ! ». Sa voisine avait ajouté : « Quant à la fertilité, comptez pas sur nous. Pourquoi être fertiles dans ce trou noir du libéralisme avancé qui n’a que la pollution à nous proposer ! »  Elle avait été rejointe par une autre qui avait crié : « Non à la fertilité et Stop à la pollution,  aux guerres et au fric donné aux armées et à la police ! ». Il y eut même un député PS – ce parti de « grands sages » -  qui avait osé : » Moi j’aime les pratiquants quand ils pratiquent au quotidien, pas quand ils se gorgent de leurs mots pour ne rien dire », jusqu’à ce qu’un autre député ajoute en chantonnant « trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées. », ce qui avait fait rire ses voisins.

 

Oui, son discours fut un échec, comme celui du précédent premier ministre temporaire, mais celui-là ne s’en rendit même pas compte, tout occupé à se rengorger de son poste de premier ministre attendu depuis si longtemps !

 

« Hélas, il faut bien que vieillesse se passe », avait conclu un député qui siégeait à l’Assemblée depuis trente ans.

 

PS : prochain texte, mercredi.

15 janvier 2025

Le cercueil

 

Marie et Paul avaient décidé d’acheter un cercueil IKEA. C’était une nouveauté proposée par le magasin depuis quelques mois. Marie avait dit à son mari.

  • Tu en penses quoi de cette promotion cercueil chez Ikea ?
  • Intéressante, mais un cercueil pour qui ?
  • Eh bien ma mère, bien sûr, puisqu’elle est encore vivante. A l’âge qui est le sien, je pense qu’elle ne va pas tarder. De toute façon, nous avons de la place à la cave.
  • Tu as raison, allons voir ce qu’ils proposent. 

Comme à l’habitude chez Ikea, il fallait passer par un nombre incroyable de rayons, de quoi se perdre. Au bout d’une heure de marche, ils arrivèrent enfin au rayon cercueil. Il n’y en avait que trois mais d’un prix tout à fait abordable. Ils s’adressèrent au vendeur.

  • Et pour le montage du cercueil, demanda Paul au vendeur, c’est long ?
  • Un peu long, mais simple, c’est un système de kits. Je l’ai fait moi-même pour ma belle-mère, et tout s’est bien passé.
  • Elle en a été satisfaite ? demanda Marie.
  • Impossible de vous le dire car quand elle l’a essayé, elle était déjà morte.
  • Ah, désolée, toutes mes condoléances.
  • Merci madame. En tout cas, je peux vous dire que ce cercueil nous a facilité les choses.
  • Je n’en doute pas. Nous allons donc l’acheter.
  • Vous ne serez pas déçus, je peux vous l’assurer.

Une fois rentrés chez eux, il leur fallut descendre à la cave les cartons très lourds. Ils faillirent appeler leur fils mais préférèrent prendre eux même les choses en main, inutile d’avoir un regard extérieur sur cet achat qui aurait pu paraître étrange.

Paul demanda à sa femme quand elle voulait commencer l’opération kits et sa femme répondit.

  • Le plus vite possible !
  • Alors demain dimanche, après la messe.

Marie sourit et lui dit.

  • Dominus vobiscum
  • Et cum spiritu tuo, répondit il l’air pénétré.

Tous deux se regardèrent en silence, prièrent longuement, et ne dirent plus rien jusqu’au moment où ils se mirent au lit.   Durant cette nuit paisible, dans les ténèbres de leurs rêves, l’un et l’autre voyagèrent au pays des disparus.

 

PS : prochain texte, dimanche

11 janvier 2025

Le toutologue averti

 

Il avait fait une thèse de toutologie à la Sorbonne, celle-ci portait sur « le tout et le rien », ce qui intriguait parfois ses interlocuteurs. Quand on lui demandait sa profession, il disait.

 

  • Expert en toutologie !
  • Et c’est quoi la toutologie, lui demandait-on ?
  • Une nouvelle branche des humanités, répondait-il, et les questions s’arrêtaient là.

 

Il possédait sur le bout des doigts des outils qui touchaient quelques grandes notions d’histoire, d’économie, de sociologie et de philosophie ; cela suffisait amplement à le faire entrer dans le monde des toutologues si demandés dans les médias.

 

A la fin de ses études, il avait été embauché, pour un stage de deux mois sur C8, juste avant l’extinction des feux de la chaîne et, actuellement, il intervenait de temps en temps en freelance sur BFM. Les thèmes d’"expert médiatique" qui lui étaient proposés portaient essentiellement sur les guerres ; il faut dire qu’elles étaient nombreuses, sur tous les continents, et ouvraient des portes sur l’islamisme, l’islamo-gauchisme, l’immigration, chemins que la chaîne BFM appréciait particulièrement. Il était fréquent qu’il ne sache que peu de choses sur les points évoqués, mais il avait appris, durant ses six années d’études, quelques ritournelles qu’il pouvait répéter ici ou là, avec une vitalité sans limite. Certes, ses participations aux débats ressemblaient à des boucles sans fin coupées en permanence par d’autres « experts », journalistes ou hommes politiques, mais cela avait-il de l’importance ? Tout un chacun sait que la loi du plateau de télévision est de ne jamais écouter personne.

 

PS : prochain texte, mercredi.

 

8 janvier 2025

Sortie

 

Quand la porte de la prison s’est refermée derrière lui, une angoisse l’a submergée et il a hurlé.

  • Je  veux pas sortir, je veux pas.

Hélas, personne n’a voulu lui rouvrir la porte et il est resté assis sur le trottoir, son sac à côté de lui, à attendre ; mais quoi ? Il n’en savait rien. Il n’avait plus de famille, plus d’amis, plus qu’un vieux sac rouge avec quelques vêtements. Il s’est pris la tête dans les mains et a pleuré en ressassant la prison, sa cellule, le gardien avec qui il avait sympathisé et qui s’appelait Moustapha. Soudain, il a senti une main sur son épaule et il a relevé la tête.

  • T’es pas prêt on dirait !

Il a regardé le géant devant lui. Un mètre quatre vingt dix, une casquette noire, des cheveux longs et  roux, et un visage long, très long.

  • J’te connais pas.
  • Moi non plus, et alors ? Tu veux un abri pour ce soir ?
  • On s’connait pas.
  • C’est important ?

Il a réfléchi un instant avant de répondre au géant.

  • Non, personne m’attend..
  • Moi, je connais un endroit où Dieu t’attendra.
  • J’crois pas en Dieu.
  • Moi non plus. Je crois juste en l’aide qu’on apporte aux autres. Alors, tu viens ? C’est là que je crèche.

Et ils sont repartis ensemble à l’abbaye St Christophe.

Se pouvait-il que Dieu, pour une fois pense à lui ? « Sois bon et le ciel t’aidera » lui disait sa grand-mère, mais avait-il été bon, lui, ces quinze dernières années où il purgeait sa peine pour assassinat ? Un assassinat qu’il avait toujours nié. Pourtant oui, il l’avait bien assassiné Ryan, mais il avait une raison : Ryan avait tué son chien berger – son presque frère - et lui avait pris les économies qu’il cachait sous son matelas. Le connard, a quoi cela lui avait-il servi ? Maintenant il était sous terre. Mais où ? Il faudrait qu’il aille le voir pour lui dire que s’il n’avait pas tué son chien, rien ne serait arrivé et qu’il serait toujours vivant !

 

PS : prochain texte, dimanche.

4 janvier 2025

Discours de nouvelle année

 

Cette année, le Président d’un petit pays de l’Europe, avait décidé de faire un discours court. Sa femme lui avait dit.

 

  • Ah bon ? mais ils ne vont pas comprendre.

 

Le Président avait répliqué.

 

  • Il n’y a rien à comprendre de toute façon.
  • Mais moi j’aime beaucoup tes phrases alambiquées…

 

Le Président n’avait rien répondu. Sa femme vieillissait et tout un chacun sait qu’après soixante-dix ans, les problèmes cognitifs sont en courbes ascendantes.

 

Voici comment a débuté le discours qu’il n’a pu achever car ses gardes du corps sont intervenus rapidement, à la demande du président de l’Assemblée Nationale.

 

« Mes chers compatriotes,

Ensemble, cette année, nous avons prouvé – j’ai prouvé – que le mot impossible ne nous appartenait pas, et nous allons continuer à cheminer ensemble sur cette route exemplaire. Afin de trancher certains sujets déterminants comme l’immigration, l’islamisme, la sécurité, le service militaire obligatoire dès l’âge de 18 ans, nous allons user du référendum. C’est ce qui s’appelle redonner la parole au peuple. En ces années de guerre et d’incertitude, où l’Europe doit se protéger, nous nous devons de former nos jeunes générations à la défense du territoire et ce rapidement et efficacement. 

 

Par ailleurs, si j’ai dissous l’assemblée et j’ai – disent certains esprits mal intentionnés – usé et abusé de mon statut, c’était afin que nous retrouvions ensemble moral, humilité, lucidité, vision, stabilité, clarté et éthique. 2050 sera notre ligne de mire. Pour quoi me direz-vous ? J’en garde pour l’instant le secret mais il vous sera bien vite dévoilé. En tout cas, mes chers compatriotes, sachez que chaque soir, quand je regarde le ciel, je ressens la valeur de mon travail, sa grandeur… »

 

C’est exactement à ce moment-là que les gardes du corps se sont saisis du président. Il n’a montré aucune résistance. Vous souhaitez peut-être savoir où  se trouve le Président de ce petit pays européen en ce quatre janvier 2025 ? Eh bien, suivant mes dernières informations, il est interné à l’étage VIP de l’hôpital psychiatrique Saint Vincent de Paul, étage où d’autres hommes politiques le rejoindront, c’est certain, mais il m’est impossible de citer leurs noms aujourd’hui.

 

 

PS : prochain texte, mercredi.

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