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Presquevoix...
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30 novembre 2024

Une vie

 

Jean avait commencé sa vie en tant qu’humoriste et il l’avait finie en tant que fanatique, un métier ardu et dangereux. Trois ans durant il a incarné la Vérité avec une ceinture d’explosifs à la taille. Il est mort le 25 décembre. Un choc pour sa femme, Marie, catholique pratiquante. Celle-ci m’a dit, quand je lui ai demandé si elle avait préféré son mari humoriste ou fanatique. 

  • Humoriste, bien sûr, un métier plus léger, mais mon mari ne supportait plus que le public rie de moins en moins de ses sketches, ça le faisait pleurer et souvent il me disait : « Il faut en finir, il faut en finir, il faut en finir ». C’est ce qui est arrivé quand il est devenu fanatique, un métier radical. Enfin, il est plus heureux là-haut, et maintenant moi et mes filles nous sommes plus heureuses ici-bas, car on en avait marre de ne plus pouvoir écouter de la musique, le Coran l’interdisait semble-t-il. Maintenant, je dirais que la vie est beaucoup plus légère. On chante, on prie et le dimanche on va à l’église St Jean Baptiste pour penser à lui et prier pour lui, amen !

 

PS : prochain texte, mercredi.

28 novembre 2024

L'apôtre

 

Ce « génie » de la Tech, roi des starts up, « héros » de l’IA et des réseaux sociaux qui devait être conseiller du plus grand parc d’attraction au monde – le Elan Land - a brusquement changé de vie suite à un terrible accident vasculaire cérébral survenu lors de son dernier entretien avec Donald Trump.

 

Désormais reconverti en  AA - « Apôtre Ambulant » - il erre seul sur les routes des Etats-Unis, simplement muni d’un sac à dos. Sa nouvelle croisade : inciter le monde à la sobriété, la vertu et l’amour du prochain. Son nom, sur la casquette qu’il porte jour et nuit, est devenu Jesus Musk.

 

Souhaitons-lui bonne route dans cette nouvelle épopée !

 

PS : prochain texte, samedi.

24 novembre 2024

Le végétarien

 

Elle l’avait connu lors d’un voyage à Valparaiso, une ville choisie pour son nom, uniquement, mais le Paradis ne s’était pas avéré ce qu’il supposait être. Dans l’avion, à côté d’elle,  il y avait un type bizarre qui, après le verre d’alcool et la pizza qu’il avait engloutie, lui avait dit.

  • Je m’appelle Juan et j’adore les pizzas végétariennes, sauf quand je suis cannibale. Je plaisante !
  • Drôle effectivement, avait-elle répondu, dans l’intention de continuer la conversation.
  • A Valparaiso je vais visiter l’ancienne prison. Un centre culturel maintenant, vous le saviez ?
  • Non, je ne connais pas Valparaiso. Vous aimez la culture ?
  • Bof ! A vrai dire, j’y vais plutôt pour retrouver la prison où je suis resté 15 ans.

Elle l’observa à la dérobée puis ne dit rien. Il continua.

  • J’en suis sorti en 1999, date de sa fermeture. Pour un peu on m’envoyait dans une autre prison
  • Ah ! Donc vous êtes rentré en 1984 ?
  • Vous calculez bien. Justement pour un problème de cannibalisme, mais maintenant, vous voyez, je suis végétarien.

Elle regarda, surprise, ce monsieur d’une cinquantaine d’années à l’air débonnaire et elle se demanda s’il se fichait d’elle. Finalement, elle opta pour l’ironie, rien de tel pour s’immuniser et  sortir de la somnolence. Après tout, que risquait-elle dans un avion ?

  • Le cannibalisme, je ne connais pas, mais n’est pas cannibale qui veut, hein ? Ça demande un grand sang-froid.

Il ne répondit pas tout de suite car l’hôtesse indiquait qu’il leur fallait attacher leur ceinture en raison de perturbations atmosphériques ; une fois sa ceinture attachée, il conclut.

  • Exact. Moi, je voulais marquer les esprits et  je voulais qu’on m’écoute, ça a marché, on a parlé de moi dans tous les journaux, même à l’étranger. Vous ne vous souvenez pas ?
  • Euh… je n’étais pas née !
  • Effectivement, dit-il en la fixant. Vous savez, J’ai eu du mal à m’en remettre. L’autre aussi, d’ailleurs : il est mort.
  • Mort ? Fit-elle le visage blême.
  • Oui, hélas, mais ne craigniez rien, j’ai suivi une thérapie et je vais mieux. Comme je vous le disais, je suis végétarien.

Elle hocha de la tête et ne répliqua rien, mais quand il lui proposa de rester chez son frère à Valparaiso, elle essaya de sourire en lui disant.

  • C’est gentil, mais non, merci, je vais rester chez mon frère et ma belle-sœur. Mon frère habite à Valparaiso.

Un pieux mensonge, car elle était fille unique et ne connaissait personne à Valparaiso.

 

PS : prochain texte, jeudi.

21 novembre 2024

Les oiseaux

Les oiseaux

 

L’enfant observait les oiseaux assis sur l’herbe épaisse du vieux château que certains disaient hanté. Soudain, il demanda à sa mère.

 

  • Est-ce que les oiseaux convolent avant de recevoir du plomb dans l’aile ?
  • Quelle drôle de question mon chéri ! A ton âge on pense à autre chose.

 

L’enfant avait 9 ans et détestait ce regard condescendant que sa mère portait sur lui. Pourquoi le considérait-on comme un enfant stupide alors qu’il ne l’était pas ?

 

  • Tu  me réponds pas maman !
  • Pense à autre chose et ça ira mieux.

 

Autre chose ? Mais quelle chose quand la vie était pâle, sombre, et qu’aucune couleur n’éclairait l’horizon.

 

  • Et papa ?
  • Quoi papa ?
  • Qu’est-ce qu’il en pense papa ?
  • Je n’en sais rien, il habite loin.

 

Son père avait disparu trois ans plus tôt, par une belle matinée d’automne et il n’était jamais revenu. Comme l’univers était gris, il osa lui dire.

 

  • Loin mais où ?
  • Dans un pays que tu ne connais pas.
  • Qui s’appelle comment ?

 

Elle se tourna vers lui, le prit dans ses bras et lui chuchota à l’oreille.

 

  • Le pays où les enfants sont interdits.
  • Pourquoi ?
  • Parce que les pères ne veulent plus les voir.

 

Disait-elle la vérité ou lui mentait-elle, comme souvent ? Il opta pour le mensonge car sa grand-mère lui avait dit : « Ta mère est mythomane ». Mais était-elle mythomane tout le temps ? Il se rassura en se disant que tant que les oiseaux ne se cachaient pas, son père ne mourrait pas.

 

PS1 : photo empruntée à « l’œil du krop », http://loeildukrop.eklablog.com/ , avec son accord.

 

PS2 : prochain texte, dimanche.

 

17 novembre 2024

L’éditeur

 

L’éditeur que Norah avait contacté pour la publication de son livre lui avait finalement donné un rendez-vous. La première chose qu’il lui avait dite fut.

 

  • Vous savez, je tiens à vous prévenir que notre travail c’est emballer et déballer. Deux mois en librairie et après on passe au suivant. Eh oui, une nouveauté chasse l’autre et après, au pilon ! Ensuite, les livres deviennent du papier hygiénique ou du carton d’emballage pour pizzas. Alors, vous me direz peut-être :  est-il bien sage de publier dans ces conditions ?

 

Norah avait hésité un instant, le regard perdu sur les livres qui envahissaient le bureau de cet éditeur qu’elle connaissait à peine, puis elle avait répondu.

 

  • Triste voyage pour les livres. A votre avis, combien de lecteurs pourrais-je avoir ?
  • Je ne peux pas vous le dire exactement. : cinq cents, mille ? Enfin comme vous évoquez un sujet d’actualité, l’inceste, et que ces livres partent comme des petits pains, il y a de l’espoir ! En plus, vous n’écrivez pas si mal que ça, alors les enchères peuvent monter !

 

Norah regarda l’éditeur le visage blême, puis finit par lui dire.

 

  • En fait je ne sais plus. Je vais réfléchir et je vous dirai ça demain ; car finalement, à quoi bon publier pour finir aux toilettes ?

 

PS : prochain texte, jeudi.

14 novembre 2024

Le café

 

Tous les matins, je vais au café pour lire le journal. Bien sûr, j’en profite pour gribouiller sur un carnet ce que j’entends aux tables voisines. Une source d’inspiration que ces phrases qui font les tours et détours de mon cerveau. La semaine dernière, un groupe de vieux retraités discutait à qui mieux mieux de leur quotidien.  L’un d’entre eux a dit.

 

  • Quand on était jeune, on rêvait et on n’avait pas les moyens, maintenant on a les moyens et on rêve plus.

 

J’ai eu envie de lui suggérer de donner de l’argent à ceux qui rêvent encore et n’en ont pas. Bien sûr, je me suis tue, bêtement. J’en ai profité pour noter aussi ce que j’entendais à la table juste derrière moi où une dame disait.

 

  • Mais pourquoi elle sort encore avec ce type ?

 

Et l’autre lui répondait.

 

  • Parce qu’elle s’emmerde !

 

A ce moment-là, j’ai décidé d’abandonner la lecture de l’article du monde diplomatique qui s’intitulait « Pour une sécurité sociale de la mort » et de me consacrer à l’écriture…

 

 

PS : prochain texte, dimanche.

10 novembre 2024

Donald Trompe

 

Dans le cabinet cosy de madame X, l’ancienne psycho- sexologue – de nationalité française mais vivant aux États-Unis depuis dix ans - de Donald Trompe, j’ai eu la révélation suivante :

 

« Donald c’est intimidation, injurection, insurrection, et tout ça pour quoi ? Une dysfonction érectile qui dure depuis plus de  20 ans ! »

 

Donald l’a consultée alors qu’il était au bout du rouleau après l’élection de Joe Bidon. Cette psycho-sexologue reconnait elle-même avoir été injuriée dans son cabinet par M. Trompe qui n’a pas hésité à la traiter  de tous les noms d’oiseaux possibles en utilisant son langage si fleuri : « stupid », « liar », « crazy », « french bitch » mais elle ne lui en veut pas.

 

  • Comment est-ce possible d’oublier tout ça ? lui ai-je demandé.
  • Tout simplement, parce que je suis devenue très américaine in the bottom of my heart* ! Ici je gagne beaucoup plus qu’en France, alors je veux avoir des résultats. Certes, vous me direz que le dysfonctionnement érectile de monsieur Trompe est toujours le même – et même en phase ascendante -  mais, la chose la plus importante, c’est qu’ il a été élu et ça, c’est un succès, et je contribue au Make America Great Again !

 

Je suis repartie pensive après notre entretien. De quel Grandeur me parlait-elle ? J’aurais plutôt dit, pour ma part que monsieur Trompe était dans la mouvance  Make America grotesque again ! Comment cette sexologue peut-elle ainsi raisonner face à ce masculiniste abject, accusé d’agression sexuelle et de corruption ? J’imagine que ça doit être ça le déclin de l’Empire américain, et le nôtre, par conséquent, dans les années à venir !

 

*au fond de mon cœur

PS : prochain texte, jeudi.

6 novembre 2024

Le manque

 

Le cours avait ainsi commencé.

 

  • Je m’appelle William Wilford et je suis votre professeur de philosophie, La première chose que je vous dirai c’est : commençons à nous corriger avant de corriger les autres !

 

Quelqu’un dans la classe avait dit immédiatement.

 

  • C’est valable pour vous aussi ?
  • Oui, c’est valable pour toutes et tous, moi y compris.

 

Et le professeur nous a ouvert les portes de la philosophie en soulignant que le chemin présentait des embuches, mais que tous les élèves pourraient le suivre. A un moment, M. Wilford s’est assis derrière son bureau, silencieux.  Personne ne disait mot. Au bout de trois minutes il a dit.

 

  • Sachez que l’identité se construit sur un manque, une frustration, une réponse mal adaptée à notre désir. Ceci n’est pas de moi, mais de Winnicott, un pédiatre et psychanalyste Britannique. N’ayez donc pas peur de ce qui vous manque mais, par contre, soyez y plutôt très attentif. C’est là que vous trouverez peut-être une réponse.

 

Ensuite, la sonnerie a retenti et il nous a montré la porte sans un mot.

 

Ce qui nous a tous stupéfiés, c’est que trois semaines plus tard, M. Wilford disparaissait. Il n’est plus jamais revenu en cours et a été remplacé par un homme insignifiant dont j’ai oublié le nom.

 

Depuis, il nous manque, et toutes et tous, nous avons commencé à nous poser des questions…

 

PS : prochain texte, dimanche. 

3 novembre 2024

Hommes politiques divers et… avariés

Il parait que Jordan Bardella a écrit un livre qui s’intitule « Ce que je cherche ». C’est beau de chercher ! J’imagine que Jordan n’a pas dû trouver grand-chose mais en tout cas, il a au moins trouvé un « nègre » sinon son livre n’aurait pu être écrit.

 

En ce qui concerne notre premier ministre, Monsieur Barnier, j’ai lu dans Paris Normandie, qu’il avait été opéré d’une lésion cervicale. J’aurais pourtant cru qu’il avait une lésion cérébrale car il y a des liaisons qui sont dangereuses ! J’ai appris aussi qu’il était à la recherche des cahiers de Doléances écrits par deux millions de français à la demande de notre Président, cahiers que celui-ci a dissimulés, bien sûr, car la peur est notre première ennemie.  Il est vrai, qu’un président à la « hauteur » de M. Macron préfère ignorer ce que répondent les gens à qui il pose des questions ! Il me semble que M. Barnier est sur la route de l’illusion, mais peut-être que lui aussi va écrire un livre qui s’intitulera « illusions perdues, deux ». M. Barnier – après sa « brillante » carrière politique, sera notre nouveau Balzac ! Bien sûr, pour écrire son livre, il se trouvera  aussi un « nègre » - peut-être celui de Jordan ? – car le temps est compté en politique.

 

Quant à Emmanuel Macron, il nage dans l’IA – l’Impasse Artificielle – mais lui, il s’en fiche puisqu’il a sombré depuis longtemps dans le NI – Narcissisme Intérieur – à la recherche – eh oui, comme Jordan, Emmanuel cherche encore – de sa « Révolution » (essai d’Emmanuel Macron publié en 2016). Hélas, il ne la retrouvera pas car elle a dû passer au pilon ! Maintenant, son « bâtiment intérieur » est vide, sans parler de l’extérieur. Si jeune et si vide, de quoi avoir des chutes de cheveux jusqu’à ce que la calvitie le rapproche de son crâne, enfin !

 

Il est amusant de se souvenir que notre ancien président, Monsieur Sarkozy – en « bisbille » avec la Justice depuis tant d’années – disait, lorsqu’il était président : « J’écoute mais j’tiens pas compte ». Le personnage que monsieur Macron incarne depuis mai 2017 – n’oublions jamais que son épouse lui a enseigné le théâtre dès l’âge de 15 ans avec une idée en tête, laquelle je vous laisse deviner  – pourrait dire « J’entends ma voix, je trace ma voie, la seule et l’unique. ».

 

« Pauvres » sont les  hommes politiques qui ne connaissent rien d’eux-mêmes car leur forteresse est vide* !

 

*référence à un livre de Bruno Bettelheim : « la forteresse vide »,

 

PS : prochain texte, jeudi.

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