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31 juillet 2024

Cette année-là !

Son occupation quotidienne, après la lecture de Paris Normandie, c’était de regarder le site « décès en France », uniquement pour voir si son ancien patron était au « programme » des décès du jour. Il se demandait d’ailleurs s’il détestait plus son patron que son père, qu’il détestait toujours, bien que mort.

 

Son ancien patron avait son âge, tout juste cinquante ans – encore fringant donc -  et il espérait bien qu’il allait disparaître cette année ! De temps en temps, pour se faire plaisir, il chantonnait une adaptation – écrite spécialement pour l’enterrement de celui-ci - de « cette année-là » de Claude François :

 

« Cette année-là

Tu es né sûrement pour me faire chier.

Dans mon coin je naissais moi aussi

Et nous étions tous deux voisins. 

 

Cette année-là

Au Portugal,  la fin d’la dictature

Mais en France nous on a eu Giscard

Et au square tu me poussais…

 

Déjà ah ah ah

Tu m’insultais en faisant Areu areu areu

Et moi

J’fermais ma gueule et j' te souriais ais ais ais »

 

PS : prochain texte, samedi.

28 juillet 2024

Le perchoir

Quand elle a lu dans son quotidien que Madame Yael Braun Pivet revenait sur son « perchoir » à l’Assemblée Nationale elle s’est étonnée. Pas facile tout de même de se transformer à nouveau en oiseau domestique. Mue par la curiosité, elle a tout de même fait une petite recherche sur le Grand Google et elle s’est aperçue que l’on était très bien nourri sur ce perchoir-là :12 937,75 euros par mois. La vie d’oiseau de perchoir à l’Assemblée Nationale a du bon.

C’est ainsi qu’elle a compris pourquoi l’oiseau de perchoir du Sénat – Monsieur Larcher - avait autant grossi pendant ses neufs ans et neufs mois de perchoir, d’autant plus que sur le perchoir du Sénat on est encore mieux nourri : un peu plus de 14 000 euros par mois ! Le pauvre homme ne va-t-il pas mourir sur son perchoir s’il continue à insister à y être élu ?

Souvent,  une question lui venait à l’esprit : pourquoi Dieu – à supposer qu’il existe -  n’a-t-il pas créé un huitième pêché capital : la connerie  ?

 

PS : prochain texte, mercredi.

25 juillet 2024

Le protocole des petites blessures

Le protocole des petites blessures

Moi, je vais prendre la route des coquelicots, et comme ça, les petites blessures disparaîtront peu à peu. Sur cette route, il y aura peut-être des murs à franchir avec d’étranges inscriptions, des chemins irréguliers ou des voyageurs qui m’effraieront mais je marcherai sans m’arrêter. Certains m’ont souvent dit « Une vie de malheur c’est au moins une vie ! » ou « Je souffre donc j’existe », ou « Oublie-toi toi-même et le ciel t’aidera. » C’est fou ce que les gens peuvent dire pour vous rassurer ou pour que vous parcouriez le même chemin que le leur, celui de la soumission, celui de ceux qui se disent que rien ne pourrait changer car ils ont peur.

J’ai toujours vécu en ville, dans des ZFE – Zone à faibles Émotions – ces zones où les voisins se ressemblent, où ils ont des chiens ou des chats qu’ils aiment ou qu’ils font souffrir, ces zones où on se dit bonjour ou au revoir sans savoir qui vous êtes, ces zones où l’on fait semblant d’être dans la Norme, ces zones qui vous font mourir sans jamais rien avoir appris.  La ville ne peut pas être la vie et la vie n’est pas un protocole de petites blessures du début jusqu’à la fin. Moi je veux la vie avec un grand V, celle qui nous fait sortir de l’ombre pour aller vers la lumière. Pas celle de la Foi, bien sûr, mais celle qui nous fait ouvrir les yeux afin de découvrir ce qui est en nous mais n’est pas encore né. Hegel disait que c’est l’habitude de la vie qui cause la mort. Pourquoi le disait-il ? Je n’en sais rien car je ne l’ai pas lu, mais cette phrase m’accompagnera sur la route des coquelicots. Vous savez tous qu’il suffit de dire « il est écrit que » pour que tout le monde nous croie. Eh bien moi, sur la lettre que je vais laisser sur la porte de chez moi, et que tout le monde pourra lire, s’il le souhaite, j’écrirai :

« Il est écrit que je serai heureuse car désormais,

je vais suivre la route des coquelicots.  »

 

 

PS : prochain texte, dimanche.

22 juillet 2024

Changer, oui, mais quand ?

Marion est assise au café avec son amie Corinne et, entre le plat principal et le dessert, elle lui dit.

  • Tiens, je vais te raconter une histoire. Le 14 juillet, on était autour d’une table, avec un groupe d’amis et il y avait une fuite de gaz. Il y en a un qui a craqué une allumette pour y voir clair et boum.  
  • Étrange, non ?  C’est un dingue qui a fait ça ?
  • Je te l’accorde, mais c’est ce que nous sommes en train de vivre dans notre société.
  • Que veux-tu dire ?
  • Eh bien de nombreux citoyens ont envie de faire boum, et il y a de nombreux députés qui mettent des allumettes afin de faire exploser la société qui a une fuite de gaz, et la fuite, c’est Marine !

Corinne sourit et attend un instant avant de répliquer.

  • Toujours ton optimisme « invertébré », si je puis dire. Effectivement, tu as raison, on a du mal à mettre en place les vertèbres de notre devise Républicaine : « Liberté – Égalité – Fraternité ».
  • Exactement, c’est pour ça que je dis BOUM moi aussi !
  • Et tu proposes quoi ?

Marion sourit, inspire et expire longuement plusieurs fois avant de répliquer.

  • Aller dans la rue et crier : « On en a marre de ces guignols qui vivent dans le formol et volent nos espoirs ! »
  • Et les guignols, c’est qui ?
  • Tous ces hommes politiques qui ne pensent qu’à leur parti et à leur carrière. Qu’on les foute à la retraite ces mecs. Trois mandats, quatre maximums, et ça suffit amplement. Être femme ou homme politique, ce n’est pas une profession !

Corinne soupire, regarde Marion et dit avec prudence.

  • Oui, tu as raison, mais je ne suis pas prête à descendre à nouveau dans la rue pour faire exploser tout ça.
  • Dommage, gueuler ça fait du bien, surtout que chez moi, je dois restreindre mes cris. Mon mari me dit qu’il faut que j’arrête de gueuler après les enfants.

Corinne sourit puis dit plusieurs fois, d’une voix forte : «Vive le partage des tâches et vive la concertation au foyer, au Front Populaire et à l’Assemblée ! »

  • Tu vois, tu es prête, conclut Marion. Dès qu’une manif est prévue, je te fais signe !  Et souviens-toi que la société commence à s’effondrer quand on empêche toute pensée critique !

 

 

PS : prochain texte, jeudi.

18 juillet 2024

L'idiocratie

Devenir idiot, c’est simple. Vous mettrez d’abord en place sur votre portable, l’application « abêti » qui est d’une grande aide. Ensuite, vous consulterez les réseaux sociaux en permanence. Il est également recommandé de ne jamais regarder les autres lorsque vous sortez de chez vous, et de ne jamais leur parler, que ce soit dans les transports en commun, au café ou dans la rue ; votre portable suffit amplement. Préférez également le virtuel à la réalité afin de pratiquer des récits divers et variés de vous-mêmes.

Ainsi, au fil des jours, vous vous éveillerez, non à la conscience, mais à la connerie, ce qui est bien évidemment l’élément le plus favorable au développement d’une société néo- libérale avancée. Et pour finir, il est fort utile de décomposer votre passé et d’en faire, non un passé qui vous a été « imposé », pauvre de vous, ou un passé compassé, mais un passé créé où la réalité laissera place à l’imagination et à la rêverie.  Votre devise sera désormais : " Moi d'abord."

Vous voici enfin prêt(e) pour une société d’idiocratie où vous serez la plus heureuse des femmes ou le plus heureux des hommes.

 

PS : prochain texte, lundi.

13 juillet 2024

La Manif de droite

Carole – danseuse, musicienne et intermittente du spectacle -  avait organisé dans sa petite ville de province - 55 % des votes pour le RN aux élections législatives - une « manif de droite », caricaturale, s’il en est.

 

Devant la mairie, ils tenaient une grande banderole où était écrit :

 

« Venez participez au grand Carnaval des Casseroles de Droite ! »

 

Autour de la banderole, ils étaient 10 à chanter - avec cinq tambourins, cinq casseroles et cinq maracas - et à danser, revêtus de Bleu, Blanc, Rouge, sur l’air de la chanson « Si tu vas à Rio » dont le nouveau titre était transformé en : « Si tu vas au RN »

 

 

Si tu vas au RN
N'oublie pas d’passer par la droite

On attend une vague
Qui court sur la droite et drague
Les eaux brunes de la Patrie.

 

C'est au gouvernement

Qu’ tu verras le revirement
Des pantins hors des boîtes

Pour cette samba adroite
A la fête du RN.

 

Et tu verras dans tous les partis de droite
Hommes et Femmes danser la samba, à petits pas
Et les fanfares dans ce joyeux tinta marre
Emmener le flot bizarre des écoles du RN !

 

 

Devant eux, tenu par une seule personne au visage blanc et noir, un épouvantail où on lisait « Attention à l’Extrême Gauche !»

 

Les slogans martelés étaient  : «  Vive la Peur ! » « Vive l’Instabilité ! » « Vive la Vague Brune ! » « Vive le RNM (Rassemblement National Macroniste) » « Vive les SS-D (slogans subversifs de droite), « Vive l’Exclusion ! », « Vive les femmes aux foyers ! » « Oui aux inégalités ! » « Oui au Capital ! » , « Oui au patrimoine, non aux HLM ! » « Plus d’actionnaires, moins de chômeurs ! »

Une vingtaine de nouveaux manifestants sont venus les rejoindre, mais trente minutes plus tard, la gendarmerie arrivait en grand peloton.

Pourquoi, me direz-vous, y a-t-il eu une intervention de l’autorité face à une manifestation si pacifique qui prônait les valeurs de la droite renforcée ?

Carole a demandé aux gendarmes, en souriant, s’ils avaient tous voté Front populaire pour les élections législatives, mais sa question ne les a pas fait rire. Pourquoi ?

 

 

PS : prochain texte, jeudi.

 

 

9 juillet 2024

Rouge

Rouge

Ils sont assis dans un canapé, chez elle, et ils boivent du champagne pour fêter un événement.

 

  • Mais dis-moi, tu ne voulais pas te marier avec moi à un moment donné ?
  • C’est vrai, mais j’ai vite changé d’avis,  je savais que ça se terminerait dans un bain de sang !
  • Pourquoi ?
  • Tu me connais, je vois vite rouge.
  • Ce n’est pas faux
  • Tu n’étais pas mal non plus.
  • Tu te réfères à mon physique ?
  • Non, à tes talents de pousse au crime !
  • Tu as toujours été d’un caricatural !
  • Et toi, comment tu te vois ?
  • Moi ? je crois que je  suis quelqu’un d’empathique.
  • Empathique ? toi ? tu plaisantes ?  Quand tu me disais que je conduisais comme un pied, c’était de l’empathie ? Et quand tu me disais que j’étais nul en bricolage c’était de l’empathie aussi ?
  • Tu as fini ?
  • Pour l’instant.
  • Tu te souviens de ce que tu disais de ma mère ?
  • Ta mère ? Oui, très bien, je disais que Narcisse, à côté, c’était du pipi de chat.
  • Tu trouves ça normal ?
  • Non, ta mère n’est pas du tout normale, elle est même anormale, folle à lier, toujours à agiter le chiffon rouge devant le nez des gens. C’est même  à cause de ta mère que j’ai préféré ne pas me marier avec toi, au cas où il te viendrait  l’idée de lui ressembler !
  • Tu ne crois pas que tu exagères ?
  • Pas du tout, tu le dis toi-même quand tu parles d’elle.
  • Peut-être, mais moi j’ai le droit, c’est ma mère !
  • Ah bon ? Mais tu dis aussi la même chose de la mienne. Pourtant, ce n’est pas ta mère, c’est la mienne. Il est vrai que les contradictions ne t’ont jamais fait peur.
  • Arrête de parler de ce que tu ne connais pas.
  • Tu crois que je ne connais pas ma mère ?
  • Non, la mienne.
  • Mais attend, il suffit de rester une journée avec ta mère pour comprendre qu’elle a les yeux fixés sur son nombril.
  • Et la tienne ?
  • On ne parle pas de la mienne mais de la tienne.
  • J’insiste : et la tienne, elle est comment la tienne ?
  • La mienne ? elle est morte il y a deux ans, alors il n’y a plus rien à dire.
  • Elle est peut-être morte mais même morte, elle nous aurait toujours empoisonnés.
  • Ah bon ? Et comment ?
  • Avec son chien qui finissait par prendre pension chez nous.
  • Pauvre bête, il n’y pouvait rien.
  • Peut-être, mais si je suis partie c’est bien à cause du chien : il ne m’aimait pas.
  • Forcément, à chaque fois qu’il s’approchait de toi, tu voyais rouge.
  • Cette sale bête avec sa queue-balai qui ratissait tout sur son passage ! Il m’a au moins cassé 20 verres.
  • Maintenant il ne cassera plus rien, il est mort lui aussi.
  • Ce n’est pas une grosse perte. C’est marrant ça, hein ? Ils ont disparu tous les deux, le chien et ta mère. Il ne reste plus que toi.
  • Tu voudrais que je disparaisse moi aussi ?
  • Non, ce n’est pas la peine, nous sommes séparés depuis assez longtemps.
  • Si nous n’étions pas séparés,  tu aurais préféré que je disparaisse, c’est ça ?
  • Avec toi, on ne peut pas parler sérieusement.
  • Ah, voilà autre chose !
  • Je vais te faire un aveu. Il y a tout de même une chose que je regretterai toujours chez toi.
  • Tu m’en vois ravi. Et c’est quoi ?
  • Tu n’es pas susceptible.
  • Une qualité ?
  • On peut le dire comme ça. Et toi ? Il y a quelque chose tu regrettes chez moi ?
  • Euh… laisse-moi réfléchir… à vrai dire je suis un peu gêné parce que je ne vois rien.
  • Tu te fiches de moi ?
  • Non.
  • Tu ne vois rien du tout, vraiment ?
  • Si je cherche bien, mais vraiment bien, je verrai peut-être un truc, un tout petit truc : ta mauvaise foi.
  • Mais ce n’est pas une qualité !
  • C’est bien pour ça que je te disais que je ne voyais rien du tout !
  • Je vois ! Alors bon anniversaire de séparation : 10 ans déjà !
  • A la tienne très chère amie, et au plaisir de nous revoir pour nos 20 ans de séparation !

 

PS : prochain texte, samedi.

 

 

5 juillet 2024

Jordan l'influenceur

Jordan l'influenceur

 

Il avait trente ans, se disait Influenceur et créateur de contenus. Son nom, Jordan Barda. Un nom que l’on avait souvent moqué dans son enfance en lui répétant à tort et à travers : « Alors, tu l’as fichu où ton barda Jordan ? « ou  «Allez soldat Jordan, prends ton barda et marche ! » » ou « Ton barda c’est le bordel, Jordan ? »

Ce jeune homme, brun et élancé, portait bien mieux le costume que ses connaissances qui étaient aussi "légères" que les contenus qu’il diffusait. Pourtant, il revendiquait 800 000 « followers », l’air fier, en soulignant que c’était son seul travail.

Quel bonheur, pensait-il, d’être reconnu comme un consommateur qualifié par la marque qu’il diffusait et dont il incarnait le message promotionnel. A vrai dire, il se contentait de dire en boucle, le visage sérieux mais souriant, les mots que la marque souhaitait mettre en valeur.

Mais quelle marque promouvait-il, me demanderez-vous ? Eh bien, une marque peu appréciée dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, mais qui, depuis les années 2000, avait trouvé ses lettres de noblesse.  Une marque qui avait pour nom SIL (Sécurité, Intégrité, Liberté) ; quant au produit que Jordan vendait, c’était une huile essentielle qui assurait donner aux français les bonnes odeurs des territoires d’antan. Et il ne manquait pas d’ajouter : « Une huile naturelle et intégrale nourrit de véritables principes français actifs pour changer votre vie ». Et il est vrai qu’en ce moment, l’huile SIL faisait « un carton » - comme il le soulignait en privé – mais cela durerait-il encore longtemps ?

 

PS :prochain texte, mardi.

 

 

3 juillet 2024

La sauce

La sauce

L’homme était attendu dans le bureau du commissaire de police et il ruminait à voix haute : «  Je me demande bien ce que je fous ici, tout ça pour rien ! ». La jeune policière qui était en face de lui, lui a dit.

  • Monsieur pourriez-vous parler moins fort, s’il vous plaît je ne peux pas travailler. Le commissaire sera à vous dans un instant.
  • Mais pour quoi ?
  • Pour vous interroger bien sûr.
  • Mais pour quoi ?
  • Si vous avez oublié, réfléchissez et taisez-vous.

Et le type se tut. Il consulta son téléphone portable où sa femme lui avait déjà envoyé trois SMS qui disaient tous la même chose.

  • C’est à cause de la sauce ?

Il ne répondit rien. Dix minutes plus tard le commissaire lui demanda d’entrer dans son bureau.

  • Asseyez-vous monsieur.
  • Pourquoi je suis là ?
  • Asseyez-vous d’abord et ensuite on parlera.
  • Je suis assis, alors pourquoi je suis là ?
  • La sauce harissa, monsieur.
  • Et qu’est-ce qu’elle a la sauce harissa ?
  • Elle était sur les lèvres de votre fille de cinq ans.
  • Et alors ?
  • Alors on ne met pas ça sur les lèvres de sa fille, et on ne la gifle pas ensuite.
  • Je voulais lui dire d’arrêter de crier pour rien.
  • Ça s’appelle de la maltraitance monsieur.
  • De la sauce harissa, de la maltraitance ? Alors qu’on met ça sur n’importe quoi ?
  • Oui monsieur. Votre fille n’est pas n’importe quoi. Votre fille n’est pas une chose et on ne gifle pas sa fille pour rien.

La conversation avec le commissaire dura quinze minutes et quand l’homme apprit que c’était sa belle-mère qui l’avait dénoncé, il hurla de rage et une bordée d’injures suivit ; deux policiers l’emmenèrent en garde à vue pour qu'il se calme…

 

PS : prochain texte, samedi.

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