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29 juin 2024

L'homme sans nom

L’homme sans nom

Souvent je prends l'air bête parce qu'on ne se méfie pas des cons. Oui, vous avez raison, je suis peut-être vraiment con. C'est peut-être un travers chez moi, la connerie. D'ailleurs je m'appelle Travers, Jean Travers. Et vous ? Vous ne vous appelez pas ?  Étrange, non ? Moi tous les gens que je connais ont un nom de famille, qu’ils n’aiment ou n’aiment pas, mais ils en ont un. Et le prénom ? Pas de prénom non plus ? Bravo. Vous n’êtes personne, donc. Si vous saviez le nombre de plaisanteries auxquelles j’ai eu droit avec mon nom de famille ! La pire, je vous la laisse imaginer. Oui, vous avez raison, c’est celle des travers de porc. Je  crois que c’est pour ça que j’ai arrêté d’en manger, du porc. L’avantage quand on a l’air con, c’est qu’on n’imagine pas la violence qui est en vous. Oui, je suis violent et je peux aller très  loin. Ah, je vois que vous avez peur. Rassurez-vous, dans un train en plein jour, je ne passe pas à l’acte. Écoutez, si je vous dis que mon père est un acteur, ça vous rassure ? Non ? Alors un homme politique ? Encore moins ? Bon, eh bien je passe à la vérité :  mon père était curé. Non, pas un curé pédophile, un gentil curé qui avait des besoins sexuels comme tous les autres hommes et qui a eu une relation avec ma mère qui était une gentille femme qui a cru que s’il passait de la prière à l’acte sexuel, il quitterait l’église. Bon évidemment, il n’en a rien fait et ne m’a pas reconnu. C’est peut-être pour ça, d’ailleurs, que le premier homme que j’ai tué – avec l’air con qui est le mien – c’est mon père, et dans le confessionnal où je lui avais demandé de m'écouter. Ah, ça vous en bouche un coin, hein ? Bon, allez, j’arrête avec mon histoire. Passons à la vôtre, parce que si vous n’avez pas de nom et de prénom, vous avez au moins une histoire, non ? Pas d’histoire non plus, vraiment ? Eh bien, vous ne méritez même pas que je vous tue. Qui tuerait un homme sans passé ?

 

PS : prochain texte, mercredi.

23 juin 2024

Dialogue de deux amis autour de "la vie"

Dialogue de deux amis autour de « la vie »

 

  • Dimanche, je n’ai rien fait mais ça m’a pris toute la journée.
  • Ah bon ?
  • Oui, j’aimerais bien changer de vie.
  • Ah bon ?
  • Arrête de dire « Ah bon », c’est énervant.
  • Très bien. Donc, tu voudrais changer de vie ?
  •  Oui, mais pour que je change de vie, il faut d’abord que j’en aie vraiment une !
  • Ah bon, tu n’en as pas vraiment une ?
  • Je t’ai dit d’arrêter avec ce « Ah bon », s’il te plaît. Et pour répondre à ta question, non je n’en ai pas vraiment une.
  • Si tu n’as pas de vie, essaie d’avoir des avis.
  • Très drôle. Et des avis, pour quoi ?
  • Pour réfléchir à la vie que tu pourrais avoir.
  • Tu as raison. Pose-moi une question ou plusieurs questions pour que je te donne un avis.
  • D’accord. Alors : Penses-tu que l’homme fait des plans et que Dieu rigole ?  ou encore : Crois-tu que la vulnérabilité de l’homme peut le conduire à sa disparition définitive de la terre ? ou pense-tu que demain avec le front populaire ce serait mieux que demain avec le RN ? ou…
  • Stop, c’est trop, arrête. En plus ça me fatigue.
  • Exact, réfléchir peut fatiguer, mais ça peut t’élever aussi.
  • M’élever où ?
  • En toi et à force, tu finiras par voir que tu as vraiment une vie.
  • Mais je t’ai dit que je voulais changer de vie.
  • Certes, mais tu veux changer de vie parce que tu ne connais pas le sens de la tienne et que tu ne peux  donc pas en apprécier  le contenu.
  • Tu essaies de me flatter ?
  • Comment ça ?
  • Tu crois vraiment que ma vie, telle que je la vis aujourd’hui a un contenu ?
  • Bien sûr, comme toutes les vies.
  • Comme celle des gens qui nous gouvernent ?
  • Oui, mais eux, leur vie justement, ils préfèrent en sortir pour diriger celles des autres et oublier la leur !
  • Tu plaisantes ?
  • Non, pas du tout
  • Tu veux dire que notre président, par exemple, a voulu être président pour sortir de sa vie qu’il ne connaissait pas et entrer dans la vie d’un président ?
  • Exactement. Il voulait du nouveau, et là, il en a eu ! Tu as remarqué qu’il a vieilli de 14 ans en sept ans ?
  • Euh, non, mais c’est vrai que je ne vis pas avec lui au quotidien.
  • C’est certain et heureusement pour toi car il parait qu’il dort trois heures par nuit.
  • C’est pas beaucoup. Quand je pense que moi je dors 9 heures, au moins !
  • Tu as de la chance. Tu vois, ce président, si tu vivais avec lui, il t’empêcherait de dormir et, en plus, il t’obligerait à l’écouter car il parle tout le temps. Le genre de type pour qui l’autre n’existe pas, tu vois ?
  • Oui, c’est vrai ce que tu dis, tout à fait vrai. Je plains sa femme.
  • Euh, n’exagérons pas. Elle n’est pas obligée de rester avec lui, hein ?
  • C’est vrai, mais si elle quitte l’Elysée, elle perd tout et revient à la case départ : une petite retraite d’enseignante et un petit logement, surtout à Paris où c’est cher. D’ailleurs elle serait obligée d’aller en banlieue.
  • Tu as tout compris, voilà pourquoi elle ne le quitte pas !
  • Tu sais que je n’y avais pas pensé à tout ça ?
  • Ça ne m’étonne pas puisque tu dis que réfléchir te fatigue.
  • Je crois que je vais commencer à réfléchir.
  • Une bonne résolution et une bonne solution à tous tes maux.
  • Mes maux ?
  • Enfin quand je parle de tes maux, c’est aussi les nôtres. Si chacun réfléchit un peu, on échappera à la catastrophe du 30 juin : la bordelisation – ou bardelisation -  du pays ! Tu vas voter le 30 ?
  • Bien sûr, j’ai toujours voté, tu le sais bien. Mais je ne sais pas encore pour qui.
  • Comment ça tu ne sais pas encore pour qui ?
  • Eh bien, je fais ce que tu m’as conseillé. Je réfléchis.
  • Parfait. Réfléchis bien alors et au 30, au bureau de vote, comme d’habitude.

 

PS : prochain texte, samedi.

19 juin 2024

L'EHPAD

L’EHPAD

 

Lettre non-imaginaire écrite par un résident à la Directrice d’un Ehpad privé mais, qu’ils soient publics ou privés, les Ehpad ne se ressemblent-ils pas dans la façon dont ils traitent les dits « vulnérables » ?

        

 Madame la Directrice

 

            Je suis désolé de venir perturber, à nouveau, le travail qui est le vôtre, mais je tiens à ce que vous sachiez quel « agréable » dimanche ont passé les résidents du deuxième étage.

            La matinée s’était déroulée sans histoire. Nous étions tous à table depuis une trentaine de minutes lorsque, tout à coup, Monsieur C. a commencé son récital de sa voix si puissante. Malgré les efforts des uns et des autres, rien ne l’a arrêté. Aussi, après avoir bu rapidement son café, chacun a rapidement regagné sa chambre, laissant la salle à manger et le salon à la seule disposition de l’ultrapuissante voix de basse de Monsieur C. Il a continué son concert jusque vers 15 heures.

 Après quelques vains essais de reprise vers 16 30, il a eu la visite de sa fille et de son gendre qui sont restés autour d’une table de la salle à manger, sans se parler, car M. C. dormait profondément.

Enfin seul, M. C. a repris sa prestation au moment du repas – 18 h 30 -  et il n’y a mis fin que lorsque vers 20 h, de ma voix de stentor, je lui ai demandé de la fermer. Il s’est effectivement arrêté de gueuler et il m’a dit en me regardant fixement dans les yeux : « Pourquoi vous criez ? ».  Quel humour et quelle voix pour un homme de 94 ans. !

Cela me rappelle que dans les mêmes circonstances quelques semaine plus tôt – alors que je lui disais de se taire et pour les mêmes raisons -  il m’avait dit d’un ton colérique : « Tu veux mon poing dans la gueule ? ». De toute mon existence, je ne me suis jamais bagarré, mais je vous avoue sans vergogne que j’aurais bien envie de lui foutre un coup de matraque sur le crâne pour qu’il cesse de nous importuner.

         Officiellement, le dimanche 16 juin était le jour de la fête des pères. Je dois dire que pour les résidents du 2ème étage ce fût la fête des paires de leur cher « collègue ».

         A quand la solution afin qu’il nous laisse mener une vie tranquille ? Vous m’avez expliqué que ce ne serait pas » éthique », de déplacer Monsieur C. d’un étage à l’autre pour que chacun puisse profiter de sa voix ; cependant l’éthique a-t-elle été respectée lorsque vous l’avez déplacé de l’étage Alzheimer à notre étage il y a de cela six mois !

         A défaut, je vous propose d’indemniser les résidents concernés en diminuant leur « pension » du montant approximatif d’un point du GIR*, soit d’environ 250 € par mois pour défaut du « calme » que nous attendions dans cet Ehpad classé prémium.

         Dès ce matin, vers 7 h, alors que je vous écrivais ce mail, ce cher résident s’est fait entendre de nouveau. Pensez-vous que vous, qui êtes jeune, pourriez vivre cet enfer chez vous ?

 Si nous ne trouvons aucune solution rapidement, je pense que monsieur C. « aura la peau » des 20 résidents du deuxième étage et qu’il continuera ses concerts seul, jusqu’à ce que lui-même disparaisse.

         Croyez, Madame, en mes sentiments, malgré tout, les meilleurs.

 

*niveau de perte d’autonomie

 

PS : prochain texte, dimanche

16 juin 2024

l'ex.

Ils s’étaient séparés il y a deux mois, d’un commun accord, mais avaient décidé de vivre non loin l’un de l’autre en raison de l’enfant qu’ils avaient eu ensemble. Au départ, une merveille. De son appartement du quatrième étage, elle avait vu plongeante sur celui de son ex compagnon qui habitait au troisième étage de l’appartement d’en face. Elle avait même vue plongeante sur la grande salle qui lui servait aussi de chambre pour lui lorsque l’enfant venait.

Un bonheur, cette communication d’appartement à appartement. Jusqu’au moment où il reçut de façon assidue une femme et qu’il installa des rideaux. Elle se permit de lui demander qui était cette femme qu’il recevait.

  • Une copine. Tu la connais, c’est une ancienne collègue.
  • Au fait, et pourquoi ces rideaux ?
  • Privacy, lui avait-il répondu dans sa langue maternelle.
  • OK.

Non, elle ne la connaissait pas cette copine ; mais elle comprit vite, en les voyant s’embrasser longuement et revenir tous les soirs qu’ils en étaient à un stade avancé de leur relation. C’est à ce moment-là que l’appartement de son ex devint un cauchemar. Elle-même installa des rideaux, histoire de se cacher. Lorsque leur fils de quatre ans - une semaine chez l’un, une semaine chez l’autre - commença à lui parler de Marie,  ses nuits devinrent aussi noires que ses jours et elle explosa intérieurement.

 

  • Consulte un psy, lui avait conseillé une amie bien intentionnée, sinon tu vas le harceler, je te connais.
  • J’ai déjà commencé, avait-elle répondu. La dernière chose que je lui ai écrit c’est « Sans toi, l’avenir se débrouillera très bien, je le jure sur la tête de  ta mère morte. »
  • Euh, es-tu sûre qu’un tel SMS va renouer les liens ? Et consulter un psychologue ?

 

Elle accepta donc la consultation avec un psychologue recommandé par cette amie bien que l’idée d’avoir un homme en face d’elle ne lui paraissait pas judicieuse. Au bout de la cinquième séance, elle lui dit.

  • Ça ne sert à rien, je vais arrêter !

Il lui a répondu.

  • Pourtant, il me semble que vous ne vous focalisez plus sur cette fenêtre ?
  • Je mens.
  • Pourquoi ?
  • Pour vous faire plaisir.
  • Mais vous n’êtes pas là pour me faire plaisir. 50 euros la demi-heure pour faire plaisir, quel sacrifice !
  • C’est mon tempérament.
  • Parlons-en alors de votre tempérament ?
  • Je n’ai rien à dire.
  • Mais vous voulez faire plaisir à qui, exactement ?

Et là, elle fondit en larmes. Le lot de mouchoirs en papier sur la table n’y suffit pas. Et la demi-heure se termina ainsi. Jusqu’à ce qu’il lui dit calmement.

  • La séance est terminée. A la semaine prochaine Madame Deschamps.

 

PS : prochain texte, mercredi.

 

12 juin 2024

Le bar du coin de la rue

Quand elle est entrée dans le bar PMU où la patronne mène sa barque toute seule depuis longtemps, elle  demande comme à l’habitude un café crème qui  arrive immédiatement, puis elle  consulte le journal Paris Normandie. Focalisation sur les élections Européennes, le RN est en première position dans 60% des villes de la Métropole de Rouen.

L’heure du départ approchant, elle rend le journal à la patronne et lui dit.

  • Pas simple ces élections.
  • Non, mais bon ça va changer, répond-elle
  • Vous croyez ?
  • J’ai voté RN alors…
  • Ah ! Et vous croyez que le RN va changer la vie des gens en mieux ?

Eh la patronne part dans un discours véhément sur les « assistés » qui ne veulent pas bosser, touchent le RSA ou le chômage et passent leur temps à jouer et à gratter – toute sa clientèle - alors qu’elle, elle paie des impôts et que si elle se trompe dans les factures, on l’épingle tout de suite.

Rien à répondre. Effectivement, la clientèle – que des hommes -  et pas des « français de souche » comme pourrait le  dire le RN – correspond à ce que la patronne décrit.

  • Oui, je vous comprends, vous voyez beaucoup de personnes dans des situations difficiles, alors…
  • Et je ne vous dis pas tout, ajoute-t-elle. Je vous parle pas des gens qui disent pas bonjour, me demandent quelque chose sans me regarder parce qu’ils consultent leur portable ou partent sans dire au revoir, sans parler des toilettes où on pisse à côté, des papiers jetés par terre. Bref, pas de respect. Il faut que ça change !

Etant en retard – son cours de guitare commence dans 10 minutes – elle la quitte en lui disant.

  • Bon, eh bien on va voir ce qui va sortir des prochaines élections. Bonne journée.

Elle, elle sort en pensant au RN et à l’atmosphère du bar où elle ne va qu’une fois tous les quinze jours.

Oui, elle, elle vit effectivement dans un monde différent, celui de la classe sociale « moyenne » vivant dans un quartier plutôt agréable. Oui, la diversité des vies peut parfois expliquer que, même si…

 

PS : prochain texte, dimanche.

 

8 juin 2024

Le piano

Suite à une nuit difficile, voici la lettre que Nadia avait déposée dans la boîte aux lettres de ses voisins :

 

Chers voisins,

 

Je ne vous ai encore jamais parlé mis à part un vague bonjour – il faut dire que vous êtes arrivés il y a peu – mais je me permets de vous envoyer ce courrier car j’ai passé une nuit épouvantable et ce, en raison de votre pratique du piano cette nuit, de minuit à 3 heures du matin, pratique qui m’a littéralement « percé » les tympans.

Je vous rappelle, au cas où vous ne le saviez pas, que nous sommes en mitoyenneté. J’entends donc beaucoup de choses qui se passent chez vous, sauf le contenu de vos conversations, n’ayez crainte.

J’espère que dans les jours, mois et années à venir, vous aurez l’extrême courtoisie de ne pas jouer du piano après 22 heures 30. Soyez sûrs que cela ne diminuera nullement vos progrès dans la pratique de l’instrument, surtout si vous prenez des cours.

S’il vous venait à l’idée de recommencer ces séances après 22 h 30, il me semble important de vous signaler que, de mon côté, je pourrai commencer mon concert de guitare – avec sono – très tôt le matin. Sachez que je me lève en général à six heures et parfois même à cinq heures !

Je vous souhaite une excellente semaine. La mienne, elle, commence mal avec cette migraine inquiétante et ce cerveau qui me ressasse certaines « mélodies inachevées »  de votre « concert ».

 

Votre voisine

 

PS : prochain texte, mercredi

 

 

6 juin 2024

L’autre pays

Quand le prince au turban vert m’a dit de venir voir son pays imaginaire, j’étais à un âge où l’on croit encore que les princes ne veulent que le bien des princesses.

La première fois que nous avons voyagé ensemble, les feuillages laissaient passer des trouées de lumière et les fleurs, toutes plus étranges les unes que les autres, contemplaient la surface d’eaux limpides. La deuxième fois, nous nous sommes baignés nus dans les eaux pures d’une rivière où le soleil faisait briller des myriades d’étoiles. C’est à ce moment-là que le mot FIN est apparu dans le ciel, mais j’ai préféré l’ignorer.

Une fois devenue princesse, j’ai commencé à comprendre que son pays ne serait jamais le mien. Jour après jour le Prince grignotait le pistil de mon cœur et mon âme se perdait dans des vallées obscures.  Nous nous baignions encore nus dans les rivières, mais les eaux étaient devenues sombres et le feuillage des arbres ne laissait plus passer de lumière.

Quand j’ai voulu partir de son pays, il était trop tard, son imaginaire avait refermé sur moi sa prison de pétales.

 

PS : prochain texte, samedi.

 

2 juin 2024

Scie et soucis

Scie et soucis

Avec cette scie pénétrante, il était entré dans le laboratoire de la désolation car l’engin ne fonctionnait pas, ou mal. Il aurait dû s’en douter. Déjà, il avait eu des difficultés pour la mettre à l’aplomb. Le type chez Brico dépôt lui avait conseillé.

- Droiture de la scie, comme quand on vise avec un fusil !

Seulement, non seulement il n’avait jamais tenu de fusil en main, mais il avait un début de cataracte qui l’empêchait d’atteindre cette fameuse droiture indispensable à la mise en fonction de la scie. Conclusion : le corps résistait.

Bien sûr, me direz-vous, un corps mort ne peut bouger, ce qui facilite les choses. Mais, dans ce cas précis, au moment où il avait saisi la scie, il avait regretté l’acte commis, avait pleuré, avait demandé pardon à sa mère, à son père, à ses frères et sœurs et à la terre entière.  

Hélas, impossible de revenir en arrière et impossible d’aller de l’avant car le paso doble entre lui et la scie échouait. La scie - taureau de combat imaginaire - semblait lui en vouloir à mort. Et si cette scie venait à le pénétrer gravement, comment survivrait-il ?  Il devait absolument cesser de scier et enterrer le corps dans la forêt. Aussitôt dit, aussitôt fait. Le corps fut embarqué et, une fois sur place, à l’ombre des arbres, la grande pelle remplaça la scie afin que le travail puisse reprendre un rythme satisfaisant qui devint presque parfait au bout de dix minutes.

PS : prochain texte, jeudi.

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