Moi présidente !
Elle était prête, déterminée et elle avait la prestance : 1 mètre soixante-douze tout de même ! De toute façon, en politique, le seul parti qui importe, c’est celui du MOI ! Par ailleurs, elle avait un mari qui avait de l’humour et parlait anglais. Important pour les réceptions.
Elle se répéta trois fois, avec un ton différent, la phrase suivante : « Je pense savoir comment présider la France ». Très important le TON. Ne jamais détonner où l’on rompt l’harmonie dès le départ.
Puis, elle continua sa causerie devant la glace de l’armoire en prenant comme exemple le « célèbre » discours de Françoise Hollande en 2012. Ah, ce Moi président, quelle trouvaille ! Elle, son « Moi présidente », elle le répéterait sept fois. Oui, le sept conviendrait parfaitement. La sagesse spirituelle et l’introspection.
Elle commença ainsi : « Moi présidente, je porterai haut et fort l’image des femmes dans notre pays. Banal, certes, mais pas mal parce que merde, j’en ai marre de ces machos quinquas, sexas, septas, qui pensent que le seul fait d’avoir eu une petite carrière politique et un pénis, cela ouvre les portes de la présidence. Circulez les mecs, embarquez sur l’autoroute des vacances, il n’y a plus de place pour vous à l’Elysée, j’arrive ! »
Soudain son mari entra dans la chambre où elle répétait et il lui demanda.
- Tu fais quoi devant la glace ?
- Je m’entraîne.
- A quoi ?
- A l’élection présidentielle.
- Ah bon, mais tu as un lourd handicap quand même, tu le sais ?
- Lequel ?
- Personne ne te connait et il te faut un nombre faramineux de parrainages d’élus !
- Je m’en fous, je rêve et après on verra.
Son mari se tut. Il savait que sa femme voulait se reconvertir professionnellement et que cette simple idée pouvait transformer son quotidien.
- Après tout, nombreux ont été les imbéciles à accéder au pouvoir, alors, pourquoi pas toi ?
- Tu te moques de moi ?
- Mais non, pas du tout, je me dis qu’on entrerait peut-être dans une nouvelle ère avec une femme !
Il profita de sa dernière tirade pour sortir de la chambre. Il savait qu’en cette période difficile, il fallait éviter les conflits !
PS : prochain texte, mardi.