L’homme à la cape noire
Quand elle le voyait déambuler avec sa longue cape noire dans la rue du champ des oiseaux, elle l’accompagnait au loin par curiosité. Elle l’imaginait suivi d’un cortège d’oiseaux noirs, bestiaire fantastique qui donnait élégance et panache à cet homme si grand.
Elle ne lui avait jamais adressé la parole jusqu’au jour où il se retourna pour l’interroger d’une voix grave, qu’il porta loin.
- Alors mademoiselle, curiosité, goût de l’étrange, amour peut-être, qui sait ?
Elle répondit aussitôt et s’approcha.
- Goût de l’étrange et un certain désir de savoir.
Il lui sourit et lui tendit sa carte de visite où elle lut : Etienne Dumont, magnétiseur.
- Ça peut toujours servir, ne croyez-vous pas ?
Elle observa son visage long parcheminé de quelques rides profondes, puis elle ajouta.
- Qui sait ? On dit que le hasard fait bien les choses, alors…
Elle lui téléphona un mois plus tard. Au téléphone la voix de l’homme était moins grave et son ton lui déplut ; alors elle raccrocha, et jamais ne le revit.
PS : prochain texte, samedi.