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Presquevoix...
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24 avril 2026

Théâtre

 

Au cours de théâtre ils étaient 15, dont Chantal. L’atmosphère était souvent à la plaisanterie. Lors du dernier cours, comme Chantal était absente, Jean a dit.

  • Le seul et unique rôle que Chantal a fait à la perfection, c’est celui de la morte, l’année dernière, dans le spectacle de fin d’année. Vous vous souvenez ?

Et tout le monde a ri. Il faut dire que Chantal avait quelques difficultés, et le quelque aurait pu être remplacé par autre chose. Jean était du genre bout en train, mais parfois, il allait trop loin. Quand Chantal est revenue en cours, il s’est cru obligé de lui dire.

  • Tu te souviens du rôle où tu jouais la morte ?

Il dépasse les limites  se sont dits les autres. Trop tard. Chantal a répondu.

  • Non, je ne m’en souviens pas puisque j’étais morte.
  • C’est vrai, tu as raison. En tout cas, ça a été ton plus grand rôle.
  • Merci pour le compliment, Jean. Et tu te souviens du rôle où je jouais une prostituée. J’ai adoré.
  • Euh, je t’ai trouvé moins bien dans ce rôle – a répondu Jean, gêné – parce que les dialogues étaient mal écrits et un peu longs alors il y a eu des petites confusions.
  • Ah bon ? Moi ça m’a amusée. Ça me changeait un peu des rôles où j’ai pas grand-chose à dire.

Dans le groupe, certains souriaient discrètement. Quant à Jean, il a acquiescé et s’est maudit d’avoir engagé la conversation sur ce sentier glissant.

 

PS : prochain texte, dimanche

Commentaires
K
Lié indéniablement, côté cour pour la prostituée, et la morte côté jardin, pour l'enterrer.
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G
Le côté cour côté jardin, le paysage du théâtre en action !
A
Voilà deux rôles qui s'imbriquent très bien.<br /> J'avais lu un article sur la prostitution. L'une d'elles déclarait en substance que pendant que le client faisait sa petite affaire, elle ressentait son corps absent d'elle-même, comme mort.
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A
😀
G
Une des rares professions où il vaut mieux être morte pour continuer à travailler !
P
Se trouvent dans un cours de théâtre,<br /> <br /> Plusieurs motivations à catégoriser:<br /> <br /> Les uns qui sentent leurs pulsions bellâtres<br /> <br /> Et cherchent à les canaliser. <br /> <br /> D’autres, qui manquent d’assurance,<br /> <br /> Par entrainement cherchent à surmonter…<br /> <br /> Ainsi pensait l’animateur<br /> <br /> Soucieux du rôle éducatif<br /> <br /> Qui écoutait d’un air moqueur<br /> <br /> Jean fignoler son narratif.<br /> <br /> Les dérisoires critiques rances<br /> <br /> De ceux qui cherchent à épater, <br /> <br /> Des spécialistes de la basse dérision<br /> <br /> Rencontrent parfois douce surprise<br /> <br /> Malicieux défi d’improvisation:<br /> <br /> Ecoute! Ecoute le chant de brise<br /> <br /> Grand acteur, Jean, pour toi, strip tease<br /> <br /> Ainsi, s’arrêta la vantardise.
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G
Joli, "fignoler son narratif". La "basse dérision", est souvent à l'oeuvre et marche mieux que la "haute, il faut dire qu'il est difficile de monter les escaliers de l'humour !
W
Ça me fat penser à ces funérailles où des personnes viennent dire au défunt des choses qu'ils auraient mieux fait de lui dire de son vivant...
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W
Oui, ça rappelle Georges :<br /> "Il est toujours joli, le temps passé,<br /> après qu'ils ont cassé leur pipe,<br /> on pardonne à tous ceux qui nous ont offensé,<br /> les morts son tous de braves types !"
G
Ce que vous dites est amusant, des souvenirs reviennent. Oui, il vaut mieux d'abord apprécier les vivants !
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