La maison du cocu
Depuis que sa femme était partie vivre avec son amant, il avait écrit sur la porte de sa maison, en grande lettres noires : Ici, vous entrez dans la maison du cocu.
Sa mère et son père étaient immédiatement venus lui dire l’absurdité de la chose mais il n’en démordait pas : ça resterait ainsi !
- Je veux que tout le monde le sache, avait-il dit colérique.
- Mais pourquoi ? A quoi ça sert ? s’était entêtée sa mère, désespérée.
Le fils leur avait répliqué qu’il était inutile de lui répéter la même chose : il ne changerait pas d’avis.
- Et tes enfants ? avait essayé sa mère.
- Quoi les enfants ? Ils ont 20 ans et 22 ans et ils n’habitent plus ici. D’ailleurs ils ne viennent jamais me voir, alors les enfants, je m’en fous !
- Avec la tête de croquemort que tu as, avait souligné son père, on comprend pourquoi ils ne viennent plus.
Leur fils leur avait claqué la porte au nez et était retourné s’allonger sur la banquette afin d’écouter le « lacrimosa » du requiem de Mozart. Et c’est en pleurant qu’il articula
Lacrimosa dies illa
Qua resurget ex favilla
Judicandus homo reus etc.
Il conclut par un « Je les emmerde tous, TOUS ! Et elle, qu’elle crève ! » puis il sombra dans le sommeil.
PS : prochain texte, mardi.