03 avril 2012
La poésie
L’endroit où il préférait lire de la poésie c’était aux toilettes et, dans chaque livre, il plaçait de petits morceaux de PQ pour signaler les poèmes intéressants. Elle aussi aimait la poésie, mais en d’autres lieux, et les longues lectures qu’il s’accordait au WC, entrecoupées « d’onomatopets », l’énervaient au plus haut point. Elle ne se privait pas de lui faire des remarques acerbes qui perturbaient sa lecture. Finalement, il avait trouvé la parade : il lisait ses poèmes avec des boules quies...
14 février 2012
La page 137
Chaque soir, depuis un mois, il prenait le même livre à la page 137 et il s’endormait inévitablement après la lecture du premier paragraphe. Il aurait pu changer de page ou changer de livre, mais non, il insistait.
Devenait-il fou ? C’est la question que sa femme se posait mais elle n’était pas certaine de la réponse. Son mari, apparemment, était toujours le même, à part une certaine tendance à la méfiance : la veille, il lui avait demandé si ce n’était pas elle qui avait mis son signet à la... [Lire la suite]
08 décembre 2011
Le cabinet de lecture
Le cabinet de lecture prenait tant d’importance qu’on ne savait plus où ranger le papier hygiénique, les affaires de toilettes et les produits d’entretien. Les livres aux oubliettes étaient placées sur l’étagère du haut. Quant aux livres sur le pèse personne – qui ne pesait plus personne depuis longtemps - ils faisaient partie de la catégorie « à lire absolument ! » et ils étaient dévorés, sans que nul ne se soucie jamais de « l’envie pressante » des uns et des autres…
06 septembre 2008
Ça pense un lecteur ?
Hay muchos, muchissimos lecctores que no gustan de quien se les obligue a pensar y que solo buscan el que les diga lo que ya saben, lo que ya han pensado.
Unamuno ( Soliloquios y conversaciones) (1864 1936 )
Et, traduit par mes bons soins :
Il y a beaucoup, même énormément de lecteurs qui n’aiment pas qu’on les oblige à penser et qui ne cherchent que celui qui leur dira ce qu’ils savent déjà, ce qu’ils ont déjà pensé.
PS : « Penser ne suffit pas, il faut penser à quelque chose. » Jules Renard.
