Presquevoix...

Création de textes et de nouvelles : deux femmes, deux voix, deux univers... Les textes et photos sont propriétés de leurs auteures.

06 mars 2009

Ecrire (gballand)

Il avait un peu la manie d’écrire* des choses éparses qui s'accumulaient sur des carnets, c’est tout au moins ce qu’il faisait croire, le stylo à la main. De la matière brute, disait-il, content de lui.  Un jour vous verrez, avait-il coutume d’affirmer. Ses amis se moquaient gentiment de la fébrilité de sa prise de notes. Quelle œuvre construisait-il donc dans l’ombre ?


- Alors, ce roman que tu nous caches, c’est pour quand ? Etait la question la plus fréquente qui lui était posée.

Il laissait dire et souriait de façon énigmatique.Quand il mourut, on s’aperçut que ses notes n’étaient que du vent posé sur des pages blanches.

* phrase extraite du livre d’ Emmanuel Bove, le pressentiment.

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19 février 2009

Les mots (gballand)

J’ai servi tous mes mots* et vomi toute ma bile. Je suis exsangue, murée dans la marge de ma page blanche. On ne repasse jamais les plats, je devrais le savoir. Mon corps résonne du meurtre de mots avortés et mes phrases sont des friches où la colère grave ses lettres dans la terre sèche. Un jour j’y mettrai le feu, je le ferai, et quand les flammes jailliront, les mots  seront bien forcés de sortir en gueulant leur rage de vivre.

* Je me suis inspirée de la phrase de Lidia, du blog « petites régurgitations »   pour écrire ce texte.

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03 février 2009

Tuer ou écrire (gballand)

Si je n’écrivais pas, je pourrais tuer. Oh, pas un meurtre  sanglant, dramatique, de ceux qui font la une des journaux nationaux, non ! Juste un meurtre anodin, insignifiant, passe partout. Un meurtre provincial.
Je me suis longtemps demandée qui je pourrais bien tuer, sans trouver de victime idéale ! Lassée d’attendre, je me suis décidée à tuer de ma plume. Chaque semaine, j’écris une histoire où j’assassine un homme, une femme ou un enfant. Oui, même les enfants je les assassine.  Je sais c’est inconvenant, les enfants on devrait les aimer, même en écrivant. On devrait caresser leurs cheveux d’anges et s’extasier devant la fraîcheur de leurs mots innocents, mais non, pas moi !
Je sais que les enfants seront les hommes de demain…

PS : ce texte est une fiction

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