03 juin 2007

« C’est à ne pas laisser en d’autres mains que les vôtres »

C’est à ne pas laisser en d’autres mains que les vôtres*... Voilà ce qu’elle m’avait dit avant de s’enfuire à toutes jambes. C’était une parfaite inconnue et j’avais maintenant dans les mains cette enveloppe renflée dont je ne savais que faire. Pourquoi m’avoir donné ça, à moi justement ? L’après midi avait été chaude et je revenais chez moi par de petites rues tranquilles, après avoir flâné dans les magasins sans rien acheter, comme à mon habitude. Après qu’elle m’eut donné l’enveloppe, j’avais continué mon chemin comme si de rien... [Lire la suite]
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01 juin 2007

La vierge à vélo

Un coup de pédale pour le démarrage, le vélo a glissé sur le bitume glacé du matin. La liberté est au bout de la pédale et la prison à la fin du trajet. J’ai descendu la rue Ango, j’ai tourné à gauche, rue Constantine pour arriver dans la rue du Clos. Rien que du plat pour aiguiser mes pédales du matin. J’ai voyagé tout droit en territoire connu. Le vent cinglait mon visage et mon nez furieux pestait contre les odeurs d’usine et de gaz d’échappement. J’ai glissé devant la préfecture où une mamie faisait pisser son chien devant un... [Lire la suite]
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27 mai 2007

Mes chers remords…

Je préfère avoir des remords que des regrets. Je suis faite comme ça. J’aligne les cadavres de mes remords sans compassion, je les contemple et hop, je les exécute froidement et les envoie ad patres !Mon dernier remord en date, s’appelle Jordan. Je savais pertinemment que tout nous séparait Jordan et moi : il est petit, râblé, amateur de body building, ennemi affiché de la lecture et moi je les aime plutôt grand, mince, amateurs de théâtre et de littérature. Je peux dire que j’ai savouré le défi jusqu’au… lit et jusqu’à la lie, comme... [Lire la suite]
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26 mai 2007

Félix Fénéon, nouvelles en trois lignes*

Les nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon sont tirées de faits divers réels notés avec précision et cruauté. « Danielle L, 53 ans, empoisonna son jeune amant. Puis, trop fatiguée pour le traîner jusqu’à la cave avec les autres, elle alluma une cigarette. » A la manière de Felix Fénéon : Emile B, 60 ans, boucher, assomma sa femme avec un rouleau à pâtisserie puis la découpa en morceaux  avec son couteau de boucher. « Elle m’a roulé dans la farine pendant 40 ans ! » se justifia-t-il quand la police vint le... [Lire la suite]
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22 mai 2007

Combien ai-je encore de dents à vivre ?

- Merde, il y a un truc qui est parti !- Parti d’où ?Elle ne lui répond pas et continue à mâcher lentement, attentive aux aliments broyés par ses dents. Tout son être se concentre sur l’infiniment petit. Elle sent sous sa langue un  noyau dur, le voilà ! – « Putain, mon plombage ! »- Ses doigts extirpent prestement l’objet inattendu de sa bouche et le ramène discrètement sous la table pendant que sa langue cherche le trou béant que l’absence de plombage a creusé. Son mari l’interroge machinalement.- Alors ?- Quoi alors, qu’est-ce... [Lire la suite]
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01 mai 2007

Sa naissance mouvementée explique son besoin forcené de reconnaissance

Sa naissance mouvementée explique son besoin forcené de reconnaissance ; car il eut deux mamans : sa maman et son papa. Dans le cas qui nous préoccupe, Antoine, ce « détail » eut une importance non négligeable. La détermination sexuelle est-elle si importante, me direz-vous ? Ah, si seulement nous ressemblions tous aux escargots, ces  mollusques hermaphrodites pulmonés à sang froid ! On s’accouplerait pour échanger nos spermatozoïdes et on serait tous, en un même élan, affectés à la ponte ! Plus de père, plus de mère, plus de... [Lire la suite]
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28 avril 2007

Le chapeau

Elle resta un instant devant la vitrine, puis elle se décida à entrer. J’essayai de la convaincre du contraire – on m’attendait à la maison pour me présenter le cousin d’un ami de la famille et j’espérais beaucoup de cette rencontre – mais rien n’y fis, c’était aujourd’hui ou jamais. Je lui dis que j’avais encore le souvenir de ce qu’elle m’avait dit du précédent chapeau acheté par sa mère – évidemment les goûts de sa mère, en matière de chapeaux, comme en matière de prétendants, étaient loin d’être les mêmes que les siens – mais elle... [Lire la suite]
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11 avril 2007

Télévision, piège à cons…

Si j’étais plus con que je suis, eh ben, je vous dirais quand même  non ! Moi, votre émission bidon avec des candidats à la présidence, je  risque pas d’y participer, question de principe ! Parce que moi, les principes, j’en ai, c’est pas comme certains, suivez mon regard ! Moi je me fous de la télé, d’ailleurs, elle me le rend bien ! Les gens comme moi, ça intéresse pas la télé, sauf quand on veut du pauvre pour faire plus vrai, mais moi je suis pas une guirlande qu’on allume et qu’on éteint quand elle vous emmerde ! Et... [Lire la suite]
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10 avril 2007

Rupture

Il entra dans l’église l’esprit préoccupé ; depuis quelques jours il n’arrivait plus à faire cesser ce tic qui l’obligeait à soulever son épaule droite et à la ramener près de sa tête, comme si elle était animée d’une vie propre. Une seule chose le rendait heureux, savoir qu’il l’avait mouchée, cette hystérique, en lui disant que lui, représentait les « honnêtes gens », et qu’elle et son parti avaient perdu « tout sens moral ». Il ne l’avait pas loupée !Aujourd’hui, peut-être allait-il enfin pouvoir communier le cœur en paix. Le... [Lire la suite]
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06 avril 2007

Les dessous de la politique

– Voilà ce que je leur ai dit dans mon discours politique Élisabeth : « la société a changé, il faut savoir que dorénavant, seul le marché nous guide. », c’était même l’axe principal, dit-il à sa femme, installée confortablement dans un fauteuil Louis XV près de la cheminée. – Et ça a marché ? – Bien sûr Élisabeth que ça a marché. Ils croient tout. Il suffit de leur parler des contraintes du marché. Le mot marché allié au mot contraintes provoque des miracles, mieux que Lourdes, ces deux mots expliquent tout. – Sans rien... [Lire la suite]
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