15 mars 2007

La chambre

Sa chambre était restée identique, telle exactement  qu’il l’avait laissée* dix ans plus tôt, avant les événements, comme il les appelait de façon évasive. La photo, dans son cadre étroit, était toujours sur le bureau à droite et, au-dessus de la commode recouverte d’un napperon brodé, cette toile, peinte par sa mère, qui représentait la maison de ses grands-parents ; c’est là que la photo avait été prise. Pourquoi fallait-il que la mort l’oblige à refaire le chemin de l’enfance ?  Il s’approcha du bureau, prit la photo... [Lire la suite]
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24 février 2007

Depuis le lever terne...

Depuis le lever terne de ce jour tiède et trompeur, des nuages sombres, aux contours mal découpés, rôdaient sur la ville oppressée. La chaleur écrasait la poitrine de Maria qui, couchée sur son lit, passait une serviette humide sur son visage. Elle était nue, seule, à se tourmenter, son corps appelant sans cesse les caresses qui ne venaient plus, les mains douces de celui qui savait si bien apaiser. Déjà un mois depuis la dernière lettre, un mois à imaginer le pire, à tenir coûte que coûte, à repousser les angoisses qui... [Lire la suite]
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15 février 2007

Quand je me regarde dans la glace...

Quand je me regarde dans la glace, je me reconnais plus, forcément, j’ai grossi et, à part  le chat que je promène en laisse tous les soirs, je  fais plus grand chose. Le reste du temps, je reste cloîtrée, je regarde la télé et je mange… pour m’oublier ! Mais plus je mange, plus je grossis et plus je grossis, plus je me dégoûte ! Du temps où on m’aimait, du temps où on me disait bonjour, les choses étaient différentes et surtout, j’étais la même dedans et dehors ! Il y a une semaine, j’ai cassé le miroir de l’entrée,... [Lire la suite]
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07 février 2007

J’ai été seule pendant 2000 ans...

J’ai été seule pendant 2000 ans, le temps de l’enfance*. Un chemin barré de ronces dont les épines s’enfonçaient doucement dans mes pieds et mains nus, sans que je ne sente jamais la douleur ; c’est bien plus tard qu’elle m’est apparue, et j’ai dû retirer les épines une à une.Enfant, je ne pensais pas mon enfance, je la vivais dans toute sa vérité crue. Je me revois échevelée, jouant au foot à corps perdu sur la place de l’école, fraternisant avec les garçons, fière d’être la seule fille de leur équipe ; un peu plus tard, c’était le... [Lire la suite]
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18 janvier 2007

Préméditation

« Donc je me lève et je pars et nous ne nous verrons ni ne nous parlerons pendant deux ans et demi… » C’est comme ça qu’il m’a quittée, et  je n’ai plus jamais entendu parler de lui jusqu’à aujourd’hui. Sa voix est la même, j’ai failli raccrocher dès que je l’ai reconnue, mais à quoi bon, je sais qu’il m’aurait rappelée le lendemain ou le surlendemain, je connais sa ténacité. Il dit que son éloignement l’a fait réfléchir et que maintenant il sait qu’il doit m’éliminer ; « je te ferai la peau », ce sont les deniers mots qu’il a... [Lire la suite]
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12 janvier 2007

Donc je me lève et je pars et nous ne nous verrons ni ne nous parlerons pendant deux ans et demi

- Donc je me lève et je pars et nous ne nous verrons ni ne nous parlerons pendant deux ans et demi, c’est bien ce que tu veux ?  Elle hoche la tête, la bouche crispée, le regard mouillé mais résolu, les mains serrées sur son tablier. Petite femme en noir, courbée par des années de labeur, desséchée par le travail sous le soleil de ce pays où l’eau est aussi rare qu’une rose sur un caillou, elle hoche la tête. L’homme se lève donc, prend le baluchon qu’elle lui a préparé, jette un dernier regard dans la pièce où il a vécu... [Lire la suite]
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12 janvier 2007

Pour son anniversaire, il avait décidé de l'étrangler.

C’était il y a deux ans, les anniversaires s’étaient succédé et pourtant elle était toujours là ! Ernest se rongeait les ongles, il se recroquevillait, se ratatinait car il savait que demain il n’aurait pas le choix, pas cette fois. Il se souvenait du jour exact de cette résolution et maudissait sa grande gueule qu’il aurait dû garder fermée pour une fois. Pourquoi vouloir toujours faire le malin en compagnie des copains ? Pour exister face à eux, pour prouver qu’il était un dur, qu’il était capable de forfaits abominables lui... [Lire la suite]
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03 janvier 2007

On a beau ne jamais sortir de sa peau...

On a beau ne jamais sortir de sa peau, où qu’on aille, un changement de décor est toujours salutaire. C’est pour ça qu’il partait de sa ville natale, l’air y  était devenu irrespirable ; et surtout il y avait ce type qui lui collait à la peau comme un maillot trempé de sueur dont on ne peut plus se débarrasser. Pourquoi s’était-il laissé aller à coucher avec lui ? Au moins, maintenant, il savait qu’il pouvait encore « bander » - comme disait son père - mais il avait aussi la preuve que jusqu’alors il s’était menti, les femmes ne... [Lire la suite]
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21 décembre 2006

On m’a retourné la lettre que j’avais envoyée à Jim.

On m’a  retourné la lettre que j’avais envoyée à Jim. Je sais toujours pas pourquoi. Peut-être parce que Jim aime pas les lettres, surtout les lettres qui parlent de lui et de ses rapports avec les gens. Jim a toujours eu du mal avec les gens, surtout avec les femmes ! Je dis bien « On m’a retourné la lettre » parce que je suis sûre que c’est la folle qui vit avec lui qui m’a retourné la lettre… ou alors, il aurait bien changé Jim… Jim est influençable. Je me souviens d’une fois, il y a longtemps,  quand je vivais avec... [Lire la suite]
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20 décembre 2006

On m’a retourné la lettre que j’avais envoyée à Jim

On m’a retourné la lettre que j’avais envoyée à Jim ! Je regarde cette enveloppe où la mention « personne inconnue à cette adresse » est inscrite en lettres manuscrites. Je pense aux mots que j’avais patiemment cherchés dans le dictionnaire, aux phrases difficilement élaborées et à mes hésitations quant aux tournures de style. J’avais laissé le texte reposer quelques jours, l’idée étant de le relire et d’y trouver toutes les imperfections que mes yeux auraient laissés échapper. J’y avais mis des mots d’amour et j’avais l’illusion d’y... [Lire la suite]
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