22 mai 2007

Combien ai-je encore de dents à vivre ?

- Merde, il y a un truc qui est parti !- Parti d’où ?Elle ne lui répond pas et continue à mâcher lentement, attentive aux aliments broyés par ses dents. Tout son être se concentre sur l’infiniment petit. Elle sent sous sa langue un  noyau dur, le voilà ! – « Putain, mon plombage ! »- Ses doigts extirpent prestement l’objet inattendu de sa bouche et le ramène discrètement sous la table pendant que sa langue cherche le trou béant que l’absence de plombage a creusé. Son mari l’interroge machinalement.- Alors ?- Quoi alors, qu’est-ce... [Lire la suite]
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01 mai 2007

Sa naissance mouvementée explique son besoin forcené de reconnaissance

Sa naissance mouvementée explique son besoin forcené de reconnaissance ; car il eut deux mamans : sa maman et son papa. Dans le cas qui nous préoccupe, Antoine, ce « détail » eut une importance non négligeable. La détermination sexuelle est-elle si importante, me direz-vous ? Ah, si seulement nous ressemblions tous aux escargots, ces  mollusques hermaphrodites pulmonés à sang froid ! On s’accouplerait pour échanger nos spermatozoïdes et on serait tous, en un même élan, affectés à la ponte ! Plus de père, plus de mère, plus de... [Lire la suite]
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28 avril 2007

Le chapeau

Elle resta un instant devant la vitrine, puis elle se décida à entrer. J’essayai de la convaincre du contraire – on m’attendait à la maison pour me présenter le cousin d’un ami de la famille et j’espérais beaucoup de cette rencontre – mais rien n’y fis, c’était aujourd’hui ou jamais. Je lui dis que j’avais encore le souvenir de ce qu’elle m’avait dit du précédent chapeau acheté par sa mère – évidemment les goûts de sa mère, en matière de chapeaux, comme en matière de prétendants, étaient loin d’être les mêmes que les siens – mais elle... [Lire la suite]
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11 avril 2007

Télévision, piège à cons…

Si j’étais plus con que je suis, eh ben, je vous dirais quand même  non ! Moi, votre émission bidon avec des candidats à la présidence, je  risque pas d’y participer, question de principe ! Parce que moi, les principes, j’en ai, c’est pas comme certains, suivez mon regard ! Moi je me fous de la télé, d’ailleurs, elle me le rend bien ! Les gens comme moi, ça intéresse pas la télé, sauf quand on veut du pauvre pour faire plus vrai, mais moi je suis pas une guirlande qu’on allume et qu’on éteint quand elle vous emmerde ! Et... [Lire la suite]
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10 avril 2007

Rupture

Il entra dans l’église l’esprit préoccupé ; depuis quelques jours il n’arrivait plus à faire cesser ce tic qui l’obligeait à soulever son épaule droite et à la ramener près de sa tête, comme si elle était animée d’une vie propre. Une seule chose le rendait heureux, savoir qu’il l’avait mouchée, cette hystérique, en lui disant que lui, représentait les « honnêtes gens », et qu’elle et son parti avaient perdu « tout sens moral ». Il ne l’avait pas loupée !Aujourd’hui, peut-être allait-il enfin pouvoir communier le cœur en paix. Le... [Lire la suite]
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06 avril 2007

Les dessous de la politique

– Voilà ce que je leur ai dit dans mon discours politique Élisabeth : « la société a changé, il faut savoir que dorénavant, seul le marché nous guide. », c’était même l’axe principal, dit-il à sa femme, installée confortablement dans un fauteuil Louis XV près de la cheminée. – Et ça a marché ? – Bien sûr Élisabeth que ça a marché. Ils croient tout. Il suffit de leur parler des contraintes du marché. Le mot marché allié au mot contraintes provoque des miracles, mieux que Lourdes, ces deux mots expliquent tout. – Sans rien... [Lire la suite]
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02 avril 2007

Le voleur de rêve (2)

La première fois que je l’ai vu, c’était au pied de mon lit, il était là, agenouillé, les mains jointes, comme s’il attendait quelque chose que moi seule pouvait lui donner…  Quand je l’ai aperçu, le visage recouvert d’un tulle noir, transparent,  je suis restée sans voix. Il m’a juste dit « je suis le voleur de rêve » puis il a ajouté d’un ton ferme. - Que voulez-vous exactement de moi ?La façon dont il s’exprimait laissait à penser que je le connaissais ou que nous avions passé un accord, mais j’ai eu beau chercher dans... [Lire la suite]
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15 mars 2007

La chambre

Sa chambre était restée identique, telle exactement  qu’il l’avait laissée* dix ans plus tôt, avant les événements, comme il les appelait de façon évasive. La photo, dans son cadre étroit, était toujours sur le bureau à droite et, au-dessus de la commode recouverte d’un napperon brodé, cette toile, peinte par sa mère, qui représentait la maison de ses grands-parents ; c’est là que la photo avait été prise. Pourquoi fallait-il que la mort l’oblige à refaire le chemin de l’enfance ?  Il s’approcha du bureau, prit la photo... [Lire la suite]
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24 février 2007

Depuis le lever terne...

Depuis le lever terne de ce jour tiède et trompeur, des nuages sombres, aux contours mal découpés, rôdaient sur la ville oppressée. La chaleur écrasait la poitrine de Maria qui, couchée sur son lit, passait une serviette humide sur son visage. Elle était nue, seule, à se tourmenter, son corps appelant sans cesse les caresses qui ne venaient plus, les mains douces de celui qui savait si bien apaiser. Déjà un mois depuis la dernière lettre, un mois à imaginer le pire, à tenir coûte que coûte, à repousser les angoisses qui... [Lire la suite]
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15 février 2007

Quand je me regarde dans la glace...

Quand je me regarde dans la glace, je me reconnais plus, forcément, j’ai grossi et, à part  le chat que je promène en laisse tous les soirs, je  fais plus grand chose. Le reste du temps, je reste cloîtrée, je regarde la télé et je mange… pour m’oublier ! Mais plus je mange, plus je grossis et plus je grossis, plus je me dégoûte ! Du temps où on m’aimait, du temps où on me disait bonjour, les choses étaient différentes et surtout, j’étais la même dedans et dehors ! Il y a une semaine, j’ai cassé le miroir de l’entrée,... [Lire la suite]
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