09 décembre 2007

Le sous-sol du château

Elle venait d’arriver au château dont le guide du routard vantait la beauté, mais en fait de château, il n’y avait que des ruines dispersées dans une nature sauvage que le ciel devenu lourd rendait  inquiétantes. Il lui aurait fallu beaucoup d’imagination pour reconstituer la demeure telle qu’elle avait dû être au quatorzième siècle. Les quelques murailles crénelées aux murs délabrés ne lui suffisaient pas ; elle n’avait jamais eu aucune imagination, même enfant. Une fois hors de sa voiture, son premier réflexe fut d’y... [Lire la suite]
Posté par gballand à 08:56 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

07 décembre 2007

La fenêtre

Je suis allongée sur le lit, les yeux ouverts, tu es endormi à mes côtés et je ne peux m’empêcher de fixer ce rideau blanc que le  vent déplace imperceptiblement. Ce frémissement léger, c’est celui de mon amour pour toi, prêt à s’envoler à la moindre blessure. Et cette ombre projetée sur le mur, n’est-ce pas mon passé qui tend sa griffe pour me voler un présent si ténu ?  L’Amour est un puzzle dont je n’ai jamais eu toutes les pièces, certains diront « tu te cherches des excuses parce que ça t’arrange », mais moi je sais... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:34 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
06 décembre 2007

Petite scène de misogynie conjugale

Il était debout derrière elle, en slip, son pantalon à la main, tentant désespérément de nettoyer le chewing-gum qui s’était collé sur le velours marron. Il attendait certainement qu’elle lui propose de le faire à sa place.- Tu remarqueras que la ménagère n’a pas de masculin, lui dit-il tout en frottant le tissu.Elle continua à taper son texte imperturbablement, sans lever les yeux de son écran, et lui répondit tranquillement.- Tu vois, elle mériterait d’en avoir un !
Posté par gballand à 06:50 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
29 novembre 2007

Le décortiqueur de bonheur *

Il lui fallait aller au fond des choses, tout au fond, savoir le pourquoi du comment du pourquoi et justement, comment se faisait-il qu’en ce moment, il était presque heureux ? Son travail lui plaisait – il avait trouvé un « modus vivendi » avec son chef de bureau  ; il ne souffrait presque plus de  solitude – à vrai dire il en avait pris son parti  ; ses angoisses diminuaient - il ne prenait plus de deroxat, sauf un demi-comprimé  de temps à autre  ; son chat avait repris du poids après sa petite « dépression... [Lire la suite]
Posté par gballand à 11:39 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
28 novembre 2007

Le droit d’espérer

Elle s’était placée au-dessus de la grille d’aération du métro, oh, juste une minute, juste pour le plaisir de sentir la chaleur qui s’engouffrait sous sa jupe. Elle ferma les yeux et se souvint de l’air doux de Mangaia, au bord de la mer Noire. Elle y pensait chaque matin quand elle partait mendier ; elle aimait à se souvenir du port et de la lumière dorée quand elle marchait dans la grisaille matinale des faubourgs parisiens. Une heure à pieds et elle arrivait dans le ventre de Paris. Puis son travail commençait : s’asseoir,... [Lire la suite]
Posté par gballand à 08:17 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
23 novembre 2007

L'éventail noir

Tous les jours, elle marquait un temps d’arrêt devant la  vitrine aux éventails. Ce jour-là, elle  les regarda deux longues minutes jusqu’à ce que… mais elle en parlerait plus tard. Les éventails l’avaient toujours fascinée, n’étaient-ils pas l’exacte représentation du désir féminin ? C’est au moment où ses yeux fixèrent l’éventail noir que l’homme l’avait abordée, mais elle ne s’était pas retournée et sa voix n’avait fait que l’effleurer. Il avait murmuré une phrase qu’elle n’était pas prête d’oublier « Fermé, ouvert,... [Lire la suite]
Posté par gballand à 08:01 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

19 novembre 2007

Noir c’est noir… !

A chaque fois qu’elle le rencontre, une fois passé le préambule rituel à toute conversation, il commence à râler ! Tout y passe, les élèves, les collègues, la direction, le je m’en foutisme généralisé, la retraite, la droite, la gauche, les maladies, la sécurité sociale, les médecins… elle se demande s’il n’éprouve pas une jubilation secrète à tout voir en noir. A vrai dire, elle le soupçonne même de ne survivre que grâce aux perfusions du  malheur du monde… Inutile de lui pointer une  éclaircie à venir, il l’assombrit à... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
18 novembre 2007

Le voyage

Elle savait bien qu’elle n’aurait pas dû aller la chercher à l’école à la place de son père, ni mentir à la maîtresse, ni prendre ces deux billets de train pour le Portugal ! Elles étaient  toutes les deux seules dans le compartiment, avec pour seul bruit le léger cliquetis des roues. Le soleil illuminait les banquettes parce qu’elle n’avait pas voulu fermer le store. Maintenant, elle vivrait au grand jour avec l'enfant, mais ailleurs. Depuis le début du voyage son regard s’abîmait dans la contemplation de sa fille dont le... [Lire la suite]
Posté par gballand à 08:35 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
14 novembre 2007

Comment faire disparaître un homme ?

Chaque jour elle déposait un mot – ou deux -  dans sa poubelle, les mots des lettres qu’il lui avait envoyées et qu’elle dépiautait consciencieusement. En désossant ses phrases, elle désossait son souvenir. Comme il ne lui avait écrit que 7  courtes lettres, elle en aurait fini assez vite avec lui. Le précédent, par contre, il lui avait fallu  douze longs mois pour le faire mourir, c’était un amoureux des mots … Il l’avait aimée un mois, à raison d’une lettre tous les deux jours, et pas n’importe quelles lettres, des... [Lire la suite]
Posté par gballand à 08:39 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
11 novembre 2007

L’obsessionnel

Quand il l’a rencontrée, il lui a dit gêné, en esquissant un vague sourire. – Je n’aime pas le désordre. Sur la table du café, il a remis les cuillères dans les soucoupes et a disposé symétriquement les tasses. Elle n’y a pas fait attention. Un mois plus tard, il lui a dit. – Je ne supporte pas  que des choses traînent sur les tables. Elle venait juste de lui servir le café dans le studio qu’elle louait au cinquième étage et avait oublié de ranger les revues éparses. Elle lui a répondu souriante. – Je... [Lire la suite]
Posté par gballand à 08:52 - - Commentaires [6] - Permalien [#]