30 décembre 2008

Le chien ( gballand )

Sa cravate était aussi pourpre qu’un coucher de soleil*, et son visage aussi blanc que le lavabo d’un appartement témoin. Il était devant son patron, les yeux vides de tout expression. Fuir ou affronter ; il avait choisi d’être là, mais il subissait comme il avait toujours subi. - Alors, qu’est-ce que vous dites pour votre défense ? Il ne répondait rien. Son patron continua. - Vous ne dites rien ?- Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Rétorqua-t-il d’une voix blanche. Aucun argument pour sa défense. Il avait... [Lire la suite]
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28 décembre 2008

La question ( gballand )

Ils étaient tous deux installés  dans son nouveau bureau qui donnait sur l’Eglise St Germain. Ils sirotaient un café et fumaient un cigare quand Hervé lui dit. - Tu veux que je te dise Paul, tu manques de rondeur !- Moi ? Je manque de rondeur ? Il avait pensé  toute la journée à cette phrase de son ami. Il était du genre obsessionnel, névrosé obsessionnel, et quand on lui faisait une remarque qui touchait à un trait de sa personnalité, il ne pouvait s’empêcher de la ressasser jusqu’à épuisement. En  fin... [Lire la suite]
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27 décembre 2008

Alors, t’es prête ? (texte de gballand )

Ça faisait maintenant trente minutes qu’elle était dans la salle de bain et elle ne sortait toujours pas. - Alors, t’es prête ? Lui cria-t-il à travers la porte. Je te rappelle que ma mère n’aime pas qu’on arrive en retard. Midi, c’est midi ! Elle répondit énervée. - Ça fait quarante ans que je ne suis prête à rien ! Quant à ta mère, elle m’emmerde avec ses névroses ! Quand elle était de cette humeur, il  préférait ne rien dire, mais cette fois-là il eut le malheur d’ajouter. - On dirait que tu... [Lire la suite]
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25 décembre 2008

Le cinéma de Noël (texte de gballand )

- Qu’est-ce qui vous a pris ? Vous êtes indécent*,  chuchota-t-elle en lui enlevant la main qu’il avait placée sur sa cuisse, comme un propriétaire en terrain conquis. Il retira sa main immédiatement. On ne l’y reprendrait plus ! Au café, elle l’avait aguiché en passant sa langue plusieurs fois sur ses lèvres  entrouvertes. Elle avait même donné un vibrato sensuel à sa voix, et maintenant qu’il lui mettait la main sur la cuisse, dans l’obscurité de la salle de cinéma, elle faisait la prude ! Il y... [Lire la suite]
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23 décembre 2008

Je ne monterai pas ( texte de gballand )

Pour se donner de l’assurance, il avait crié à l’employé du funérarium. - Non, je ne monterai pas dans mon cercueil ! L’homme avait paru surpris, ce devait être la première fois qu’on lui résistait en 20 ans. Il ne comprenait pas. D’habitude, tous s’exécutaient, sans discuter. Il regarda l’homme qui lui faisait face, l’air incrédule. Le cercueil qu’on lui avait choisi avait pourtant de quoi émerveiller le premier mort venu : l’intérieur était en velours blanc chatoyant, le ciel de lit était capitonné et l’imbécile ne voulait pas... [Lire la suite]
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21 décembre 2008

La tête de l’emploi ( texte de gballand )

Evidemment quand il m'a posé sa question tout à trac, juste avant le dessert, je n’ai pas su quoi lui répondre ! D'un côté je commençais à m'habituer à ma tête : 45 ans à me voir dans la glace et à me supporter, ce n’est pas rien ! Je n’avais pas osé lui dire à ce moment-là, mais je commençais même à l’apprécier, ma tête, aussi bizarre que cela puisse paraître. J'aimais cette transparence qui me permettait de tout voir sans être vue. Mais mon silence ne le satisfaisait pas, ce tortionnaire, alors il a répété autrement sa question. ... [Lire la suite]
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19 décembre 2008

La pire chose… ( texte de gballand )

Le dimanche après-midi s’étirait, comme tous les dimanches après-midi qu’elle passait avec sa mère dans sa maison de retraite, et elle finit par  lui demander, plus par ennui que par curiosité. - Quelle est la pire chose que tu aies faite dans ta vie ? Sa mère hésita un instant et lui demanda soupçonneuse pourquoi elle lui posait cette question alors qu’elle connaissait déjà la réponse. Devant l’étonnement manifeste de sa fille, elle finit par répondre, agacée. - Me marier avec ton père, bien sûr,... [Lire la suite]
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18 décembre 2008

L'absence ( texte de gballand )

- Maman, maman j'ai la tête qui sent le pourri ! Elle le contempla  interdite, remarqua que ses cheveux étaient en désordre, que son pull-over était déchiré, qu’il n’avait pas son sac d’école, et que  ses yeux semblaient rouler dans ses orbites. – Qu’est-ce que tu me racontes là mon chéri ? Essaya-t-elle de dire rassurante tout en sachant que sa question ne servait à rien. Et l'enfant répéta obstiné – J'ai la tête qui sent le pourri ! Il n'en démordait pas. C'est à ce moment là qu'elle... [Lire la suite]
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17 décembre 2008

La main ( gballand )

Avant-hier, le directeur m’a convoquée dans son bureau, au vingtième étage de la Tour Breteuil, pour connaître mon avis sur l’entreprise MAP. Je le lui ai donné sans mâcher mes mots, mais au moment où j’ai voulu sortir, il m’a coincée contre l’armoire en fer tout en me chuchotant que je l’excitais et qu’il aimait mon côté rebelle. Sa chemise était  bleu pâle et il sentait la sueur. J’ai gardé sur moi son odeur acre  pendant toute la journée. Je me demande pourquoi je n’ai rien fait pour l’empêcher de me toucher... Oh, il n’y... [Lire la suite]
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16 décembre 2008

Le modèle ( texte de gballand)

Il était arrivé à l'atelier  avec son carton  à dessin sous le bras et son âme en bandoulière ; la séance de dessin lui permettrait peut-être de se vider la tête. Ce jour-là le modèle était un homme nu, allongé, le visage impassible. Il ne l'avait encore jamais vu à l'atelier. Il s'installa sur la chaise, sortit son fusain et déplaça légèrement le chevalet. Avant de commencer, il regarda autour de lui, l'atmosphère était studieuse. Il finit par poser les yeux sur le modèle, mais les rabaissa aussitôt, le visage... [Lire la suite]
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