20 octobre 2009

L’agent contaminateur (gballand)

On avait fait venir sa mère à l’école. Elle, elle aurait préféré ne pas y aller, mais il avait bien fallu qu’elle s’exécute. La directrice lui avait téléphoné en lui précisant que si elle ne venait pas, son cas serait signalé à la Direction Régionale des Affaires sociales.Maintenant, elle était dans le bureau de la directrice et regardait la pointe de ses chaussures d’un air gêné. Qu’est-ce que son fils avait bien pu faire pour qu’elle soit convoquée ? La directrice commença d’un air solennel :- Madame, vous n’êtes pas sans savoir que... [Lire la suite]
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15 octobre 2009

Les couches (gballand)

Hier, en faisant mes courses au supermarché, j’ai vu des couches pour chien. Depuis le temps que j’attendais ça ! J’en ai acheté un paquet. Il faut dire que je ne supporte plus de ramasser les crottes de Robert  dans ma main gantée de plastique.Les couches étaient en promotion : 30 euros les 30. Pour une promotion, c’est un peu cher, mais  le pire ce n’est pas le prix, c’est qu’elles ne sont pas ergonomiques. Non seulement j’ai eu du mal à aider Robert à enfiler sa première couche mais je m’en suis tirée avec une morsure.... [Lire la suite]
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12 octobre 2009

Le cadavre (gballand)

On a tous un cadavre qui nous hante. Au début le mien ne pesait pas lourd mais il a grossi avec les mois. Oui, même les cadavres grossissent. Depuis le mois d’avril, le cimetière est devenu l’annexe de mon appartement. Le matin, je passe un long moment à contempler sa tombe ; après je déjeune le long du fleuve sous un arbre paisible.Aujourd’hui, je suis resté au cimetière plus longtemps qu’à l’habitude ; une de ces crises de mélancolie dont je suis coutumier. J’avais acheté du pain pour les oiseaux et je les regardais voleter de tombe... [Lire la suite]
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04 octobre 2009

La leçon (gballand)

Être propre et se tenir droit*, tout est là, ce n'est quand même pas difficile ! C'est ce qu'il se répétait encore à 50 ans passés, où qu'il fût et avec qui il fût. Il n'avait jamais  oublié les leçons de son enfance. Ce jour-là, celui de l'enterrement de sa mère, il était très propre dans son costume sombre et il se tenait bien droit sur le banc de l'église. Il ne manifestait aucune douleur apparente. Il faut dire que cette mort il s'y attendait, et elle aussi : 90 ans, n'est-ce pas un bel âge pour mourir ? Peut-être... [Lire la suite]
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27 septembre 2009

L’événement (gballand)

Il fallait bien que ça arrive, cette espèce d’imbécile n’avait pas pu se taire. J’étais sûre qu’un jour elle me tirerait dans les pattes, j’en étais sûre. J’en étais là de mes réflexions quand le chef de service m’a téléphoné pour me dire qu’il m’attendait dans son bureau à 12 h 30. Ce type était un sadique, il allait me faire rater mon repas. A 12 h 30 pile, l’estomac dans les talons, j’ai frappé à sa porte. Une fois à l’intérieur, je l’ai salué la tête haute. « Ne jamais se soumettre », telle est ma devise.- Madame Durand, a-t-il... [Lire la suite]
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24 septembre 2009

L’entrepôt (gballand)

Ses doigts effilés aux ongles soignés caressaient distraitement sa tête. Elle aimait bien son poil court et ras. Lui, il ronronnait en regardant la télévision. Elle pensait que le lendemain c’était le jour des commandes et qu’elle se retrouverait seule avec Manuel dans l’entrepôt. Elle aimait bien penser à ça en lui caressant la tête.  Elle mettrait son pantalon noir moulant, son bustier rouge et elle soulignerait ses yeux de mascara ; finie l’indifférence feinte. Demain, elle pourrait enfin cueillir à pleines mains le fruit de... [Lire la suite]
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21 septembre 2009

L’inscription (gballand)

Avant hier, j’ai passé la nuit chez mon amant, mon mari  était en week-end chez sa mère. C’est moi qui l’ai  poussé à partir :- Tu te rends compte que tu ne l’as pas vue depuis 6 mois ? Lui ai-je dit avec des trémolos dans la voix.Il s’est laissé convaincre et je suis allée illico chez mon amant. Dès que je suis arrivée chez lui, il m’a déshabillée ; mon amant est un homme pressé. Le temps, c’est du sexe, se plaît-il à me répéter. Nous faisions l’amour dans sa position préférée – je préfère passer sous silence certains... [Lire la suite]
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16 septembre 2009

Une contrée imaginaire (gballand)

Quand le prince au turban bleu m’avait dit « Viens voir ma contrée imaginaire », j’étais à un âge où l’on croit encore que les princes ne veulent que le bien des princesses. Il faut toujours se méfier des princes qui avancent masqués.La première fois que nous avons voyagé dans sa contrée imaginaire, les feuillages laissaient passer des trouées de lumière et les fleurs -  toutes plus étranges les unes que les autres - contemplaient la surface d’eaux claires et profondes. La deuxième fois, nous nous sommes baignés nus dans les... [Lire la suite]
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15 septembre 2009

Le genou (gballand)

Ce que je préférais chez lui, c’était son genou gauche. Vous me direz certainement qu’il n’a rien d’exceptionnel et je vous répondrai que c’est pour ça que je l’aimais. Pourquoi devrait-on forcément aimer des genoux d’exception ?La première fois que j’ai vu son genou, c’était en 2000, à la terrasse d’un café. Mes yeux s’étaient attardés sur lui, par ennui, et ils n’avaient pu s’en détacher. Il faut dire qu’à l’époque, j’allais mal, si mal que je pouvais fixer les choses et les gens pendant de longues minutes sans m’en rendre compte.... [Lire la suite]
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13 septembre 2009

Le cadeau (gballand)

Ma journée avait été infernale, deux rendez-vous non prévus, trois prévus, un entretien avec le Directeur- produit, un rapport à rendre le lendemain et j’en passe. C’est une fois dans la voiture, à 19 h, que je me suis rendu compte que c’était l’anniversaire de ma femme et qu’il me fallait un cadeau de toute urgence. Je me suis arrêté au premier drugstore venu, mais il n’y avait  rien, j’en étais pour mes frais, elle allait me regarder en chien de faïence toute la soirée et elle conclurait par sa tirade habituelle : j'ai ... [Lire la suite]
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