16 septembre 2009

Une contrée imaginaire (gballand)

Quand le prince au turban bleu m’avait dit « Viens voir ma contrée imaginaire », j’étais à un âge où l’on croit encore que les princes ne veulent que le bien des princesses. Il faut toujours se méfier des princes qui avancent masqués.La première fois que nous avons voyagé dans sa contrée imaginaire, les feuillages laissaient passer des trouées de lumière et les fleurs -  toutes plus étranges les unes que les autres - contemplaient la surface d’eaux claires et profondes. La deuxième fois, nous nous sommes baignés nus dans les... [Lire la suite]
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15 septembre 2009

Le genou (gballand)

Ce que je préférais chez lui, c’était son genou gauche. Vous me direz certainement qu’il n’a rien d’exceptionnel et je vous répondrai que c’est pour ça que je l’aimais. Pourquoi devrait-on forcément aimer des genoux d’exception ?La première fois que j’ai vu son genou, c’était en 2000, à la terrasse d’un café. Mes yeux s’étaient attardés sur lui, par ennui, et ils n’avaient pu s’en détacher. Il faut dire qu’à l’époque, j’allais mal, si mal que je pouvais fixer les choses et les gens pendant de longues minutes sans m’en rendre compte.... [Lire la suite]
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13 septembre 2009

Le cadeau (gballand)

Ma journée avait été infernale, deux rendez-vous non prévus, trois prévus, un entretien avec le Directeur- produit, un rapport à rendre le lendemain et j’en passe. C’est une fois dans la voiture, à 19 h, que je me suis rendu compte que c’était l’anniversaire de ma femme et qu’il me fallait un cadeau de toute urgence. Je me suis arrêté au premier drugstore venu, mais il n’y avait  rien, j’en étais pour mes frais, elle allait me regarder en chien de faïence toute la soirée et elle conclurait par sa tirade habituelle : j'ai ... [Lire la suite]
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11 septembre 2009

Le coup de téléphone (gballand)

Aujourd’hui, j’ai appelé un ami à son bureau. Cela faisait un an que je devais lui téléphoner et que je remettais toujours au lendemain.- Pourriez-vous me passer Arthur D. s’il vous plaît ? ai-je demandé au standard. La fille  a hésité un instant puis a fini par dire :- Il est mort.Elle m’aurait planté un poignard en plein cœur que ce n’aurait pas été pire.- Mort, ai-je répété comme un idiot, mais ce n’est pas possible !- Oui, mort et on l’a même incinéré il y a une semaine, a-t-elle cru bon d’ajouter.J’ai bêtement répondu «... [Lire la suite]
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09 septembre 2009

Le divorce (gballand)

Ce samedi-là, à 20 h précisément, il sortit de chez lui en bleu de travail et entra dans son garage d’un pas décidé. Il réapparut en brandissant une tronçonneuse dans sa  main  droite et en criant à plusieurs reprises « Elle va voir ce qu’elle va voir ! Elle va voir ce qu’elle va voir !… » accompagnés de rires hystériques. Puis, il disparut aussi sec à l’intérieur de sa maison. Quand la police interrogea le voisin, celui-ci raconta que la tronçonneuse s’était mise en marche dès 20 h 15 pour ne plus s’arrêter qu’à ... [Lire la suite]
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06 septembre 2009

Le chapelier (gballand)

Elle était d’abord tombée amoureuse de la vitrine du chapelier, puis du chapelier, comme si l’un ne pouvait aller sans l’autre. Si le chapelier avait eu un fils, elle serait peut-être tombée amoureuse de son fils mais tel n’était pas le cas. Le chapelier vivait seul et  n’avait pas eu d’enfants.C’est lui qui lui avait fait signe d’entrer dans la boutique. Elle avait accepté, timidement d’abord, puis elle était passée tous les jours. Il lui parlait de chapeaux, elle lui parlait d’amour, de ses amours perdus. Lui parlait de ses... [Lire la suite]
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03 septembre 2009

Les vœux (gballand)

Je n'obéis aux vœux de chasteté que lorsque je porte la soutane*, voilà comment je me suis justifié, mais ma hiérarchie n’a rien voulu entendre. On m'a demandé des comptes. J'ai répondu que tout homme avait des besoins et j’ai ajouté que Dieu, dans sa grande bonté, ne souhaitait certainement pas soumettre ses serviteurs à la torture de l'abstinence  24 heures sur 24. L'évêque m'a signifié que je péchais par vanité.- Avec combien de femmes avez-vous forniqué mon fils ? m'a-t-il demandé.J'ai refusé de répondre. L'évêque s'est... [Lire la suite]
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01 septembre 2009

La décision (gballand)

Il avait contemplé les falaises pendant cinq jours. C’est en contre plongée qu’elles étaient le plus impressionnantes. Ce petit séjour à Etretat l’avait apaisé ; savoir qu’il y avait si peu de la vie à la mort était un baume sur sa plaie.En haut de la falaise, à plusieurs reprises, il avait senti qu’il pourrait se laisser porter, comme ces oiseaux qui tournoyaient au large. Il lui suffirait d’ouvrir son imperméable, de laisser s’envoler les  pans de tissus qui lui tailleraient deux ailes grises et de penser à la mer qui... [Lire la suite]
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30 août 2009

La pilule euphorisante (gballand)

Pour la rentrée scolaire je me suis achetée une boite de pilules euphorisantes. C’est une amie qui, connaissant mon syndrome de pré rentrée,  me les a conseillées. Il me faudra au moins ça pour supporter le discours-fleuve - souvent déprimant - du proviseur, les collègues, les élèves, l’emploi du temps aux mailles souvent lâches  et j’en passe… Mon amie m’a certifiée qu’il me suffira de prendre une pilule par jour pour nager dans la bonne humeur. « Tu ne le regretteras pas, et c’est complètement inoffensif. » a-t-elle cru... [Lire la suite]
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02 août 2009

Toi et moi (gballand)

Le temps que tu perds, ma pauvre fille, à te détester*! Il y en a eu d'autres avant toi des disgracieux, des malheureux… d'ailleurs toi, tu ne devrais même pas te plaindre, tu ne fais pas partie de ces catégories-là, tu es juste dans la moyenne. C'est la moyenne qui te porte au cerveau ? Mais qu'est-ce que tu veux ? Te rendre malade de toi ? C'est déjà fait. C'est quoi l'étape suivante ? Te suicider ? Mais qui va s'intéresser à ton suicide à part toi ? Tu t'intéresses aux autres, toi ? Je sais ce que tu vas me répliquer : on ne peut... [Lire la suite]
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