19 novembre 2017

Eclat

Ne lavez jamais vos rêves ou si vous les lavez, préférez un savon doux, à la lavande ou à la camomille. N’oubliez jamais que les lavages répétés, même à la main, risquent de donner aux couleurs originales des teintes que la mémoire ne  reconnaîtrait plus… et quand une mémoire se sent trahie, elle peut y perdre son âme.   PS : photo prise à Nancy, dans une boutique très particulière.
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [24] - Permalien [#]

11 novembre 2017

Les gants

Elle l’avait giflé avec un gant en peau de chaque couleur. Le goût du travail bien fait. -          Comme ça, ça t’apprendra les couleurs de la vie, avait-elle conclu. Lui, à tort, croyait qu’elle l’aimait ; un effet de sa grande naiveté. Allongé sur son brancard, aux urgences du CHU, il disait encore, malgré sa difficulté à articuler : une peau de vache, certes, mais quel revers, quel punch, quelle énergie !     PS : photo prise à Bruxelles.
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
07 novembre 2017

La robe

Elle lui avait dit. -          Dévore-moi toute crue. Sans hésiter un seul instant,  il l’avait mangée de la tête aux pieds. Deux heures plus tard, penché au-dessus du lavabo, il vomissait chaque petit morceau de la femme  chocolatée. Arrivé au bout de son marathon, il se dit que l'anthropophagie exigeait un estomac qu'il ne possédait pas. Sans doute valait-il mieux qu'il ingurgitât des nourritures abstraites telles que la philosophie ou la littérature...   PS : photo... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
30 octobre 2017

solitude

La maison était silencieuse, vouée à la solitude des pierres qui ne reçoivent plus l'écho du monde. Quand elle s’approcha et colla son oreille au mur, elle entendit des sanglots. Malgré les trente ans passés, suffisait-il de passer devant la maison pour que tout resurgisse ? Elle eut soudain la certitude que son ombre avait étouffé le gardien de la forteresse de ses peurs et que tous les démons  sortaient de leur geôle pour se précipiter à la lumière du jour. Effrayée, elle partit en courant, étrangère à la voix d'enfant qui... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
16 octobre 2017

Le message

Sur la feuille ce message mystérieux « Je tue il » qu’on avait glissé dans sa boîte aux lettres. Avant ou après avoir déposé le pigeon mort ? Cette question lui avait trotté dans la tête toute la journée. Qui lui en voulait à ce point ? Elle ? Non, pas elle quand même, mais alors qui ? Retirer le pigeon avec du papier journal l’avait fait vomir. Il n’avait pu que constater combien il était fragile, son estomac se retournait pour un rien.  Si c’était elle, elle avait la rancune tenace. Un an plus... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
12 octobre 2017

Méditation

- Oui, la vie c'est ça, pause, on profite, on offre son visage au soleil, on se détend, on est soi et on regarde le soleil qui est en soi, sa part d'ombre aussi, sinon le paysage ne serait pas complet.Elle le regarda un peu surprise par cette logorrhée - qu'il appelait "diarrhée verbale" chez les autres. Il était d'ordinaire si mesuré en toute chose. Que lui était-il arrivé ? Une rencontre ? Sa rencontre ?Elle le sut la minute qui suivit : il avait décidé de faire de la méditation en pleine conscience. Une façon radicale de panser... [Lire la suite]
Posté par gballand à 06:20 - - Commentaires [23] - Permalien [#]

04 octobre 2017

Ophélie

Souvent elle se rêvait en Ophélie, sa longue chevelure blonde balayant les eaux où se reflétait le visage des fées qui s’étaient penchées sur son berceau à la naissance. Maintenant, elle n’était plus une enfant, à 20 ans passés elle était en âge de se marier, comme toute jeune fille de bonne famille. Vierge et pure, elle attendait son prince, confiante, le cœur empli de toutes les légendes contés dans son enfance. Quelle ne fut pas sa surprise, par une belle journée d’été, de voir un jeune homme arriver dans leur propriété sur son... [Lire la suite]
Posté par gballand à 06:30 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
26 septembre 2017

Le signe

C’est dans le sixième tiroir qu’elle l’avait trouvé. Un mot jauni, oublié de tous, peut-être même de celle qui l’avait reçu. L’homme lui donnait rendez-vous derrière le court de tennis, dans la remise où le bois attendait les grands feux qui brûlaient dans l’âtre dès le mois de novembre. Mais qui était cet homme ? Son mari ? Un amant ? Le soir-même, alors que sa grand-mère tricotait et qu’elle-même lisait un livre dont l’histoire lui échappait, elle lui avait glissé l’air de rien. ... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
22 septembre 2017

les chaises-longues

C’est là qu’ils s’asseyaient il y a bien longtemps. Les chaises longues sont restées, témoignages de leur présence. Aurait-on pu appeler amour ce qui les unissait ? Sans doute pas, mais peu importe le nom que l’on donne aux sentiments qui unissent les êtres, le plus important n’est-il pas que quelque chose les unisse ?   PS : photo prise à Bonnemare, en Seine Maritime.
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [24] - Permalien [#]
18 septembre 2017

Vocation

Le Christ l’avait regardé avec commisération d’un air de dire : « Mon pauvre gars, t’es pas au bout de tes peines ! ». Il n’avait pas supporté ce regard annonceur de cent ans de solitude et il avait détourné  les yeux. Dans le journal où, quarante ans plus tard, il raconta sa rencontre avec Dieu, il ne parla jamais de ce moment-là, comme s’il ne voulait pas que le Christ sût à quel point la solitude lui faisait peur… PS : photo prise dans une collégiale du Val de Loire  
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [24] - Permalien [#]