20 janvier 2017

Le mandala (en souvenir de Patricia)

Dessiner ce mandala sur le quai du Pré-aux-Loups lui avait pris six heures. Une fois l’œuvre achevée, il l’avait longuement contemplée puis il s’était assis au centre ; cet espace doré serait le lieu du départ. Si la journée avait été belle, il savait que   le linceul de la nuit apporterait sa brassée de peurs. Peu à peu, le silence s’était imposé, les passagers de la vie avaient déserté le quai et la solitude caressait ombres et formes de ses reliefs étranges. Il l’attendit. Elle s’annonça par un léger... [Lire la suite]
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02 janvier 2017

La lettre

Lorsque le Père Noël décida de mettre de l’ordre dans toutes les lettres qu’il avait reçues, il se rendit compte qu’il y en avait une qui avait échappé à son attention. Elle disait : « Cher Père Noël Si je t’écris, c’est sur les conseils de ma copine Virginie qui m’a dit que tu avais plein de pouvoirs. Moi, pour Noël, je voudrais qu’une seule chose mais ça se met pas sous le sapin : tu peux tuer mes parents ? Si tu crois que c’est trop dur, c’est pas grave, mais ça me ferait bien plaisir. Bisous, ... [Lire la suite]
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21 décembre 2016

Dégonflé !

Quel dégonflé, ce père Noël ! Fastoche de déposer des cadeaux au pied des sapins sagement installés dans nos petites maisons occidentales. Quand je pense aux pauvres « serfs » qu’il exploite depuis la nuit des temps afin que nos croyances perdurent ! Pourtant, les croyances, on devrait leur faire la peau. J’en vois deux qu’on aurait tort de ne pas trucider : celle des "méchants dictateurs"*  que les "gentils pays occidentaux" contribuent à abattre afin que les pauvres peuples opprimés puissent respirer un air... [Lire la suite]
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17 décembre 2016

Le jour où…

Le jour où la lune a disparu, ce fut la nuit la plus longue que l’on n’eut jamais connue. Les bêtes hurlèrent, les femmes pleurèrent agrippées à leurs enfants et les hommes oublièrent l’héroïsme qu’on leur prêtait. Certains disent que cette nuit-là, la lune n'avait éclairé qu'une seule maison : celle  où l’Humanité allait naître. Sa naissance  fut célébrée avec force prières et offrandes, et la lune l'avait berçée de sa  lumière pâle. Hélas,  l’Humanité était morte sept jours après sa naissance. Nombreux... [Lire la suite]
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13 décembre 2016

Le chien

Il l’attendait tous les jours au même endroit, et l’attente pouvait durer des heures. La fidélité des chiens n’a d’égal que l’indifférence des hommes. La dernière fois qu’il avait vu Rosy, c’était à cet endroit. Elle était sortie ivre d'un bar de la troisième avenue avec un type à son bras, un pauvre type qui se baladait avec des santiags et un pistolet à la ceinture. En voyant le drôle de petit chien, le type avait dit : « Regarde honey, d’ici, je l’ai dans le mille, à tous les coups. » Et il avait tué le chien.... [Lire la suite]
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09 décembre 2016

mourir de rire ?

Avec toi, la vie est un éclat de rire, lui avait-elle dit cinq ans plus tôt. Et c’était vrai, à l’époque il était aussi drôle qu’attentionné. Cinq ans plus tard, elle avait peine à le reconnaître ; ses « saillies » humoristiques se faisaient aussi rares que ses attentions. N’était-il pas temps qu’elle le fasse disparaître ? Elle profita du Festival du nouveau rire à Trouville. Ce fut son cadeau d’anniversaire, le dernier. Il rit tant et si bien qu’il fit un arrêt cardiaque ; il faut dire qu’elle avait un peu... [Lire la suite]
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05 décembre 2016

le rêve

Enfant, il rêvait de glisser sur la rampe de la cage d’escalier qui dessinait des courbes sans fin. Jamais il ne l’avait fait ; on ne plaisante pas avec une éducation. Aujourd’hui, à trente ans passés,  il y pense encore. La veille, dans un drôle de rêve qui s’est terminé par une chute,  il était assis sur un lustre qui se balançait dans le vide, longtemps, longtemps, sans jamais se stabiliser. Finalement, le lustre tombait, lui aussi, et du haut de l’escalier son père lui criait : «  ça t’apprendra à ne pas... [Lire la suite]
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27 novembre 2016

La vallée des flocons

Le jour où l’instituteur du village s’était perdu dans la vallée des flocons on avait fait des recherches, mais le corps n’avait jamais été retrouvé. La famille avait pleuré, les amis aussi, et la vie avait repris son cours. L’hiver suivant, la boulangère s’était perdue dans la même vallée. La police avait enquêté, en vain. Un enfant, pourtant, savait où se trouvaient les corps. Il était sur les lieux de la disparition la première et la deuxième fois. La police lui avait bien posé une ou deux questions, mais qui aurait pu imaginer... [Lire la suite]
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23 novembre 2016

La madeleine

« J’ai reconnu sur la digue de Cabourg » Etienne Dumont, un ancien élève du lycée Henri IV. Son pardessus  s’accordait aux couleurs  du ciel qui, ce jour, avait décidé de se fondre dans la mer en une fusion de gris. Je suis restée longtemps à le regarder s’éloigner parmi les promeneurs  aux allures rythmées par le mouvement des nuages. Il ne m’a pas reconnu, mais aurais-je souhaité qu’il vît en la digne bourgeoise qui s’avançait sur la digue la frêle jeune fille qu’il avait un temps aimé ? Lui n’avait... [Lire la suite]
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19 novembre 2016

L’auto stoppeuse

Quand la voiture s’était arrêtée, elle en était restée bouche bée. D’abord à cause de la Rolls, et ensuite à cause de l’âge du conducteur : 25 ans, tout au plus. Elle s’est calée sur les fauteuils et après les préliminaires d’usage, elle s’est tue. Il écoutait Edith Piaf. -          J’aime bien Piaf, c’est pas prise de tête, s’est-il justifié. Il avait de drôles de façon de s’exprimer et elle a remarqué que ses mains étaient maculées de tâches de  cambouis. Quand il a vu que... [Lire la suite]
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