17 décembre 2016

Le jour où…

Le jour où la lune a disparu, ce fut la nuit la plus longue que l’on n’eut jamais connue. Les bêtes hurlèrent, les femmes pleurèrent agrippées à leurs enfants et les hommes oublièrent l’héroïsme qu’on leur prêtait. Certains disent que cette nuit-là, la lune n'avait éclairé qu'une seule maison : celle  où l’Humanité allait naître. Sa naissance  fut célébrée avec force prières et offrandes, et la lune l'avait berçée de sa  lumière pâle. Hélas,  l’Humanité était morte sept jours après sa naissance. Nombreux... [Lire la suite]
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15 décembre 2016

Le trombinoscope

Quand elle a vu Madame R sortir de la salle 8, le visage livide, elle lui a dit. -          Un problème ? -          Je ne peux plus supporter ce morveux. J’en ai ras le bol de ses provocations. Elle a hoché la tête, compatissante. -          Tu sais, j’ai un truc qui te permettra de retrouver ton calme : la technique du trombinoscope. -         ... [Lire la suite]
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13 décembre 2016

Le chien

Il l’attendait tous les jours au même endroit, et l’attente pouvait durer des heures. La fidélité des chiens n’a d’égal que l’indifférence des hommes. La dernière fois qu’il avait vu Rosy, c’était à cet endroit. Elle était sortie ivre d'un bar de la troisième avenue avec un type à son bras, un pauvre type qui se baladait avec des santiags et un pistolet à la ceinture. En voyant le drôle de petit chien, le type avait dit : « Regarde honey, d’ici, je l’ai dans le mille, à tous les coups. » Et il avait tué le chien.... [Lire la suite]
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11 décembre 2016

Le sapin de Noël

C’était jour de grève, le quai était noir de monde et la foule commençait à s’impatienter quand elle  vit la tête d’un sapin émerger de la  marée humaine. L’arbre avançait envers et contre tout. Il fallait vraiment être givré pour circuler avec un sapin de Noël un jour pareil. Le sapin s’arrêta non loin d’elle ; il appartenait à un jeune homme, la trentaine environ, revêtu d’un pardessus gris. Elle entendit quelqu’un crier « Il manque plus que les boules et ce sera complet », un autre enchaîna « Les... [Lire la suite]
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09 décembre 2016

mourir de rire ?

Avec toi, la vie est un éclat de rire, lui avait-elle dit cinq ans plus tôt. Et c’était vrai, à l’époque il était aussi drôle qu’attentionné. Cinq ans plus tard, elle avait peine à le reconnaître ; ses « saillies » humoristiques se faisaient aussi rares que ses attentions. N’était-il pas temps qu’elle le fasse disparaître ? Elle profita du Festival du nouveau rire à Trouville. Ce fut son cadeau d’anniversaire, le dernier. Il rit tant et si bien qu’il fit un arrêt cardiaque ; il faut dire qu’elle avait un peu... [Lire la suite]
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07 décembre 2016

La statue

Dès le mois de mai, elle venait tricoter devant la statue d’Antinous ; elle avait pris cette habitude depuis qu’elle était retraitée. Tout en  tricotant, une maille à l’endroit une maille à l’envers, elle ne se privait pas de rêver devant ce corps parfait. La veille, elle avait même osé passer sa main noueuse sur la pierre lisse, et le corps d'Antinous avait pris vie…    
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05 décembre 2016

le rêve

Enfant, il rêvait de glisser sur la rampe de la cage d’escalier qui dessinait des courbes sans fin. Jamais il ne l’avait fait ; on ne plaisante pas avec une éducation. Aujourd’hui, à trente ans passés,  il y pense encore. La veille, dans un drôle de rêve qui s’est terminé par une chute,  il était assis sur un lustre qui se balançait dans le vide, longtemps, longtemps, sans jamais se stabiliser. Finalement, le lustre tombait, lui aussi, et du haut de l’escalier son père lui criait : «  ça t’apprendra à ne pas... [Lire la suite]
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03 décembre 2016

L’ail

Elle lui a dit d’une drôle de voix. -          Si tu m’aimais vraiment, tu mangerais de l’ail ! Il n’a pas su quoi  répondre. Qu’est-ce que l’ail avait  à voir avec l’amour ? Elle mélangeait tout. Comme il se taisait elle a enchaîné. -          Si tu laisses l’ail sur le bord de l’assiette c’est bien à cause de l’haleine, non ? -          Et alors ? Tu crois peut-être que... [Lire la suite]
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01 décembre 2016

Le quatuor parfait

C’est là qu’ils se retrouvaient. A l’époque, on les appelait "le quatuor parfait" et on avait gardé les chaises sur lesquelles ils avaient coutume de s’asseoir aux beaux jours. Deux femmes et deux hommes : Maud, Lise, Pierre et Paul. L’union semblait idéale, que ce soit dans le domaine des idées ou de la liberté qu’ils revendiquaient. Toute le monde les enviaient : si beaux, si riches, si doués, si précurseurs… Ils suscitaient bien sûr des jalousies : on aurait voulu faire partie de leur cercle, se glisser dans leur... [Lire la suite]
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29 novembre 2016

L’enseignant

Il enseignait dans l'Education Nationale depuis 3 ans et, par mesure de précaution, il prenait chaque jour des antidépresseurs ...
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