17 septembre 2016

La vache rock

Elle  avait dit à son amie que sa « vache rock » était en stock et que l’histoire était en cours  ; mais quelle histoire allait-elle pouvoir écrire sur une vache ? Les vaches ne l’avaient jamais inspirée, à part les peaux de vache, mais celle-ci n’en était  pas une, c’était une vache au sens propre, elle semblait même très propre, et fière de sa robe claire. A n’en pas douter, c’était une danseuse, elle imaginait que son amie  s’en était aperçue quand elle s'était approchée d'elle. La vache avait... [Lire la suite]
Posté par gballand à 06:50 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags :

15 septembre 2016

Souvenir

Il lui manquait un couteau et il l’avait pris sur la table d’à côté. Quand le garçon l’a vu, il lui a dit d’une voix coupante. -          Ah non ! Vous me perturbez mon service. Cette remarque l’avait tétanisé. Comment ce garçon pouvait-il lui parler sur ce ton, à lui, client régulier de ce restaurant ! En faisant un rapide calcul, il se souvint qu’il y avait au moins laissé 400 euros depuis quatre mois. Quel goujat ! Ce qu’il avait oublié, c’est que cette  réprimande... [Lire la suite]
Posté par gballand à 06:30 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
13 septembre 2016

Le selfie

Ce couple était adepte  des selfies. Amusée par leur manège, elle a décidé de les suivre. Ils semblaient contents d’eux. Leurs bedons  indiquaient le coup de fourchette solide du couple bien installé. Quelle que soit la pause, le plus petit avait toujours une main protectrice sur l’épaule du plus grand. Était-ce le mâle dominant ? C’étaient des marcheurs de l’été, des voyageurs avides de miroirs et ils s’en donnaient à cœur joie. Elle se demandait tout de même – et elle  décela une pointe de méchanceté dans ses... [Lire la suite]
Posté par gballand à 06:00 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags :
10 septembre 2016

Marie

Quand elle le vit se précipiter sur elle, elle eut un moment de recul, voulut l’éviter, mais il s’accrocha à son bras et la retint, haletant…  - Ne pars pas, tu ne te souviens pas de moi ?  Elle essaya de lui dire qu’elle ne le connaissait pas – ce qui était vrai – qu’elle n’habitait pas à Rouen – ce qui était également vrai - et qu’elle ne s’appelait pas Marie – ce qui était faux -, peut-être flaira-t-il le mensonge parce qu’il lui dit très haut, presque exalté -         ... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
08 septembre 2016

Les moutons

Elle ne pouvait plus voir les moutons en peinture, qu’ils soient blancs, noirs ou roses.  Bêêêê, c’était leur cri de ralliement, un bêlement qui couvrait tous les sursauts d’intelligence. Ils partaient gentiment vers la falaise, les yeux rivés sur leur smartphone. Bêêêê, reprenaient-ils en cœur, contents de leur sort. « L’élite », elle, se frottait les mains ; il faut bien sacrifier la majorité afin que les « meilleurs » survivent et puissent se goberger...   PS : photo prise à Paris.... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - Commentaires [18] - Permalien [#]
06 septembre 2016

La moustache

Lorsqu'il était revenu, après trois jours d'absence, elle ne l’avait  pas  reconnu. Il avait fallu qu'il lui dise " C'est moi, ton mari " pour qu'elle le resitue dans un cadre familier. Une impression de malaise l’avait alors submergée et n'avait pas cessé depuis.  Pour quelles raisons s'était-il rasé la moustache ? Et comment allait-elle faire pour composer avec ce visage étranger qui, pourtant, n'était pas tout à fait un autre ?
Posté par gballand à 06:00 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags :

04 septembre 2016

La grande roue

La journée était belle, le jardin des Tuileries bruissait d’enfants et d’étrangers avides de sensations et la grande roue tournait, tournait. Les nacelles bleues et blanches brillaient dans l’azur laiteux. La tête rejetée en arrière et les yeux  brouillés, elle regardait leur défilé. Sa vie n’était-elle pas aussi une roue, mais une roue qui ne tournait plus, bloquée sur son essieu ? Elle était là, immobile sous un soleil de plomb. Sa tête a tourné, tourné au rythme de la roue puis elle s’est évanouie. Quand elle s’est... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags :
02 septembre 2016

Le paradoxe

Au bout de deux ans de rencontres épisodiques, elle lui avait offert le livre « Eloge de l’amour », dont elle avait orné  la page de garde d’une dédicace digne des plus grandes amoureuses. Pourtant, une semaine après cette « déclaration », elle partait en vacances sans lui, prétextant un profond désir de solitude. Ce n’était pas la première fois qu’elle le plaçait face à un paradoxe : que devait-il en penser ?  
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :
31 août 2016

La terroriste

Elle prenait cette photo quand elle a été hélée par une voix de l’autre côté de la rue. - Eh, vous, qu’est-ce que vous faites ? - Moi ? Je prends une photo. - Vous n’avez pas le droit ! - Pas le droit ? Pourquoi ? - A cause des numéros sur le compteur. - Mais madame, je me fiche des numéros, ce qui m’intéresse c’est la toile d’araignée. Mais la harpie ne s’est pas arrêtée et elle a continué sur le même ton jusqu’à ce qu’elle décide de s’approcher d’elle pour lui montrer la photo. - Vous voyez bien... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
29 août 2016

L'illusion

Quand Pierre lui avait parlé de sa nouvelle copine, il lui avait dit l’air extasié. -         Cette fille, c’est un feu d’artifices. Il avait pensé que Pierre exagérait mais, le samedi suivant, il avait dû réviser son jugement. Le salaud, il ne s’emmerdait pas. Pierre était arrivé au bras d’une fille qui avait au moins dix centimètres de plus que lui. Perchée sur de hauts talons qui  donnaient un affolant mouvement de va-et-vient à ses fesses moulées dans un pantalon blanc, presque... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :