24 avril 2015

Le cours de théâtre

Marc Brault – employé  à la SNCF  -  faisait du théâtre depuis 5 ans. Au grand désespoir de son professeur, il  ne connaissait jamais ses textes par cœur. Quand on croyait le voir jouer du Feydeau, du Guitry ou du Ribes, il faisait encore et toujours du Marc Brault. Comment lui faire comprendre, à lui qui ne comprenait rien, qu’un auteur qui avait écrit une pièce s’était attaché, au mot près, à chacune des répliques de ses personnages  ? A bout d’argument, le professeur lui dit un jour : ... [Lire la suite]
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22 avril 2015

Le vélo

Elle a attaché son vélo au seul arceau disponible  puis, constatant l’heure tardive, elle a couru vers le  cinéma. Une fois dans l’obscurité de la salle, elle s’est laissée aller mollement dans le fauteuil et a apprécié d’entrée le petit son jazzy qui accompagnait les premiers plans du film. En sortant, transportée par l’ambiance du film, elle a esquissé un petit pas de danse et a rejoint l’endroit où elle avait laissé sa monture. Hélas, à l’arceau, point de vélo. Seul l’antivol, coupé en deux, était resté sur le lieu du... [Lire la suite]
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20 avril 2015

Le kamikaze

C’est près du marché qu’ils furent attirés par des cris terrifiants. Ils se précipitèrent ; en arrière-plan, des flammes voraces, et devant eux, un kamikaze bardé de bombes qui  hurlait comme un fou : « j’arrive pas à me faire exploser, ça marche pas, qu’est-ce que je fais ? ».  
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18 avril 2015

Le parc de l'hôpital

Lassé de son travail de professeur-garde chiourme, il se demandait ce qu’il pouvait faire pour se mettre en arrêt longue maladie. Après quelques jours de réflexion, il eut une idée épatante, lumineuse, géniale. Les faits se déroulèrent un mardi et on en parla encore des mois plus tard. Il arriva, ponctuel, à 8 h 25, fit entrer les élèves et s’assit à son bureau après avoir fait l’appel, comme à son habitude. Les élèves attendaient, les yeux embués de sommeil et des bâillements accrochés aux lèvres. Soudain, il se leva et commença à... [Lire la suite]
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16 avril 2015

Absurdité

Il attendait que sa femme meure pour se mettre avec Madame P. En fin de compte, c’est lui qui est mort avant elle.  
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14 avril 2015

Duo printanier

Duo d'écriture avec Caro. Toujours sur le thème de " l'Ecrivain unique " Aujourd'hui, vous pouvez lire mon texte.   Le Fantasme     Son premier livre avait tellement bien marché que, l’espace d’un semestre peut-être, il avait adopté la posture de l’Ecrivain Unique ; vous savez, ce genre de fantasme qui menace ceux qui se laissent prendre au jeu du succès et des flatteries. Sa femme, qu’il appelait dans l’intimité « ma petite cellule de dégrisement », n’avait pas tardé à tirer le signal d’alarme. Elle... [Lire la suite]
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12 avril 2015

Duo printanier

Nouveau duo d'écriture avec Caro. Cette fois-ci, notre source d'inspiration est " l'écrivain unique ". Et pour Caro, ce parc. Aujourd'hui, vous pouvez lire le texte de Caro. Le mien paraîtra mardi 14 avril.   Allée des écrivains uniques Un peu plus loin, il y a la statue en pied de mon père. À droite, allée J, emplacement 38, le buste de mon parrain, brisé par le milieu : F. W., créateur du Théâtre du peuple. Un géant dont les mains recouvertes d’encre noire et d’un épais poil roux faisaient battre le goût de terre... [Lire la suite]
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10 avril 2015

Le sens de la vie

Il lui avait intimé « Ferme les yeux ! », et elle s’était laissée guider. Ils avaient marché 5 minutes main dans la main dans l’herbe encore humide et il lui avait dit : " Arrête-toi, mais garde les yeux fermés."  Il la fit pivoter légèrement et lui murmura à l’oreille : " Tu peux les ouvrir ".  Elle sourit et toute mélancolie disparut de son visage ; maintenant, elle savait. Vingt ans plus tard, le miracle opérait toujours. Quand elle fermait les yeux, les fleurs du magnolia se détachaient  sur... [Lire la suite]
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08 avril 2015

La phrase

Ce matin, en passant devant la salle de bain, j’ai surpris mon père devant le miroir. Il se regardait fixement et répétait en boucle la même phrase sans se douter le moins du monde que je le  regardais. Quand je  suis partie, au bout de deux minutes, il répétait toujours cette même phrase : « Je suis le capitaine à bord, je suis le capitaine à bord, je suis le capitaine à bord… » De quel capitaine parlait-il ? Et de quel bateau ? C’est au déjeuner que j’ai eu l’explication, quand il a dit à ma mère... [Lire la suite]
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06 avril 2015

Le chien

Hier matin, j’étais tranquillement installée dans le fond du café, en train de lire mon journal, quand  un couple âgé est entré avec un chien en laisse de la taille d’un veau -  sans mentir -  mais avec des poils longs. Pour comble de malchance, ils ont pris place à ma gauche et le veau s’est assis devant la porte des toilettes. Je n’en croyais pas mes yeux, jamais vu un chien de cette taille. On se demande comment on choisit son chien, des phénomènes de compensation sont-ils à l’œuvre ? Evidemment, un type ... [Lire la suite]
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