03 décembre 2016

L’ail

Elle lui a dit d’une drôle de voix. -          Si tu m’aimais vraiment, tu mangerais de l’ail ! Il n’a pas su quoi  répondre. Qu’est-ce que l’ail avait  à voir avec l’amour ? Elle mélangeait tout. Comme il se taisait elle a enchaîné. -          Si tu laisses l’ail sur le bord de l’assiette c’est bien à cause de l’haleine, non ? -          Et alors ? Tu crois peut-être que... [Lire la suite]
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01 décembre 2016

Le quatuor parfait

C’est là qu’ils se retrouvaient. A l’époque, on les appelait "le quatuor parfait" et on avait gardé les chaises sur lesquelles ils avaient coutume de s’asseoir aux beaux jours. Deux femmes et deux hommes : Maud, Lise, Pierre et Paul. L’union semblait idéale, que ce soit dans le domaine des idées ou de la liberté qu’ils revendiquaient. Toute le monde les enviaient : si beaux, si riches, si doués, si précurseurs… Ils suscitaient bien sûr des jalousies : on aurait voulu faire partie de leur cercle, se glisser dans leur... [Lire la suite]
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29 novembre 2016

L’enseignant

Il enseignait dans l'Education Nationale depuis 3 ans et, par mesure de précaution, il prenait chaque jour des antidépresseurs ...
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27 novembre 2016

La vallée des flocons

Le jour où l’instituteur du village s’était perdu dans la vallée des flocons on avait fait des recherches, mais le corps n’avait jamais été retrouvé. La famille avait pleuré, les amis aussi, et la vie avait repris son cours. L’hiver suivant, la boulangère s’était perdue dans la même vallée. La police avait enquêté, en vain. Un enfant, pourtant, savait où se trouvaient les corps. Il était sur les lieux de la disparition la première et la deuxième fois. La police lui avait bien posé une ou deux questions, mais qui aurait pu imaginer... [Lire la suite]
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25 novembre 2016

L’oxygène

Le ministère de l'Education Nationale venait de trouver une nouvelle appellation contrôlée qui suscitait nombre de commentaires humoristiques dans la salle des professeurs du collège où elle travaillait : le dispositif oxygène. Un collègue a ricané : « Ah bon, parce que maintenant, en plus du reste, il va falloir réanimer les élèves ? », un autre a enchaîné «  Ouais, on va leur mettre des masques à oxygène à haute tension pédagogique », un troisième a renchéri  « Après l’internet haut... [Lire la suite]
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23 novembre 2016

La madeleine

« J’ai reconnu sur la digue de Cabourg » Etienne Dumont, un ancien élève du lycée Henri IV. Son pardessus  s’accordait aux couleurs  du ciel qui, ce jour, avait décidé de se fondre dans la mer en une fusion de gris. Je suis restée longtemps à le regarder s’éloigner parmi les promeneurs  aux allures rythmées par le mouvement des nuages. Il ne m’a pas reconnu, mais aurais-je souhaité qu’il vît en la digne bourgeoise qui s’avançait sur la digue la frêle jeune fille qu’il avait un temps aimé ? Lui n’avait... [Lire la suite]
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21 novembre 2016

RLDP

Après avoir médit des uns et des autres pendant une demi-heure, elle lui a dit. -           Je crois que toi et moi on devrait créer une radio locale. On l’appellerait RLDP. -           Tu sais, je n’ai aucune compétence en matière de radio. -           En matière de radio peut-être, mais pour le reste… -           Et à propos, RLDP,... [Lire la suite]
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19 novembre 2016

L’auto stoppeuse

Quand la voiture s’était arrêtée, elle en était restée bouche bée. D’abord à cause de la Rolls, et ensuite à cause de l’âge du conducteur : 25 ans, tout au plus. Elle s’est calée sur les fauteuils et après les préliminaires d’usage, elle s’est tue. Il écoutait Edith Piaf. -          J’aime bien Piaf, c’est pas prise de tête, s’est-il justifié. Il avait de drôles de façon de s’exprimer et elle a remarqué que ses mains étaient maculées de tâches de  cambouis. Quand il a vu que... [Lire la suite]
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17 novembre 2016

Le Fürher

Sa mère exerçait sur lui un pouvoir impitoyable. Elle lui dictait tout, même ses souvenirs. Le jour où, à 15 ans, dans un accès d’humour improbable il lui a répondu  «  Ya vol  mein Führer ! », elle l’a giflé aussitôt. Il en est resté sidéré.  Etait-elle la seule à ne pas savoir qu’elle se comportait comme un dictateur ?  
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15 novembre 2016

Deux vies

Tous les matins, il était là à la même heure, enveloppé dans sa gabardine. Prenait-il la même photo tous les jours ? Elle a décidé de le suivre aussi bien par désœuvrement que par curiosité. Au début, elle n’y a consacré que peu de temps mais, de jour en jour, sa filature s’est faite plus longue. Elle finissait par s’attacher à lui, non pour son physique – très banal – mais pour autre chose qu’elle n’aurait su nommer. Quand il s’asseyait au café des trois maillets, elle faisait de même, jusqu’au jour où il l’a rejointe à sa table. ... [Lire la suite]
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