12 mars 2016

La chaise orange

La veille,  il lui avait dit en titubant légèrement : « Je serai assis à cette table, sur l’une de ces chaises oranges à 10 h 30 ». Quand elle s’est présentée à 10 h 30, il n’était pas là ; à 11 h  non plus et à 11  h 30, en désespoir de cause, elle s’est décidée à  partir, transie, car malgré le soleil qui donnait au paysage une douceur printanière, le vent était glacial. En marchant vers la mer, une légèreté la gagnait, le soleil réchauffait son visage, les goélands lançaient leurs cris... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - Commentaires [22] - Permalien [#]

10 mars 2016

Vengeance

Il était rongé par le ressentiment mais il ne l’admettait pas. A sa vengeance, il  donnait volontiers le nom d’altruisme. S’il agissait comme il agissait, c’était au nom de l’honneur bafoué des autres ; de lui, bien sûr, il n'était pas question. Jusqu’à quand se mettrait-il en scène en noble chevalier sans peur et sans reproche ? Sans doute jusqu’à sa mort.
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
08 mars 2016

Les pensées

Elle aurait aimé avoir des pensées sauvages mais les siennes n’étaient qu’apprivoisées. Les bouquets de mots arc-en-ciel qui ouvraient les esprits étaient loin  de son univers. Ces mots à elle avaient des cols sages, et l’innocence de ses idées avait la vertu des chemins balisés qui ne fatiguent jamais ceux qui les parcourent. C’est pour cette raison qu’elle était devenue actrice, juste pour feindre ce qu’elle n’était pas et essayer d'oublier ce qu’elle était…   PS : photo prise à Trouville en février 2016
Posté par gballand à 06:15 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags :
06 mars 2016

Genre

A chaque phrase que les élèves disaient, le mot « genre » pointait le bout de son nez. Non pas une fois, ni deux, mais trois, quatre ou cinq. Elle finit par le  leur dire et ils s’étonnèrent en chœur : Ah non, on dit pas « genre » tout le temps ! Très bien concéda-t-elle, afin d’éviter toute polémique,  mais dès qu’un élève prononça le mot « genre »,  elle cria un « genre » qui cloua tout le monde sur place. Ils finirent par reconnaître que  chez eux,  le... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
04 mars 2016

La bouée

Elle contempla la bouée d'un air satisfait. En 20 années de métier, elle ne comptait plus le nombre d’apprenants en péril qu’elle avait sauvés de la noyade scolaire ! Certes, aucun ne l’avait remerciée, mais tout un chacun sait parfaitement que  les adolescents sont avares de compliments et que rares sont ceux qui "collaborent avec l'ennemi." Il lui restait - elle n'osait dire hélas -  encore de longues années avant la retraite, et elle n'était pas loin de penser que cette bouée lui servirait aussi. Qui sait si elle... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - Commentaires [21] - Permalien [#]
02 mars 2016

Duo

Lundi et mardi, vous avez pu lire le texte de Caro, du blog les heures de coton.  Je vous rappelle la consigne : il  s'agissait d'utiliser une citation de Tourgueniev  - « Comment savoir ce qu’on ne sait pas ? » - en l'insérant dans une histoire qui devait ressembler à un conte. Aujourd'hui, voici mon texte.   _________________________________ La fée   La fée lui apparaissait tous les premiers samedis du mois, à 23 heures, et à chaque fois, elle lui posait une nouvelle question. La réponse... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]

29 février 2016

Duo

Voici un nouveau duo avec Caro, du blog les heures de coton.  Il s'agissait d'utiliser une citation de Tourgueniev  - « Comment savoir ce qu’on ne sait pas ? » - en l'insérant dans une histoire qui devait ressembler à un conte. Ci-dessous, vous pourrez lire le texte de Caro, le mien paraîtra mercredi deux mars.   ___________________________   Conte de Berry  « Comment savoir ce qu’on ne sait pas ? » Laurent souligna en vert la phrase de Tourgueniev.  Assis sur ce banc... [Lire la suite]
Posté par gballand à 06:15 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
27 février 2016

La berceuse

A chaque fois qu’il lui parlait, elle s’assoupissait, bercée par le ressassement des pensées de cet homme qu’elle écoutait chaque semaine dans la confidentialité de son cabinet. Ses mots, toujours les mêmes, semblaient tisser la toile de la couverture qui l’enveloppait. Ne voulait-il pas la faire dormir afin qu’elle ne pense à rien et que surtout, rien chez lui ne change, jamais ?    
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags :
25 février 2016

La transformation

Ils avaient bien tenté de  dissuader Eve mais rien n’avait pu y faire, elle avait souhaité passer de l’autre côté. Cinq minutes plus tard, des tirs avaient retenti, puis le silence s’était installé, à peine troublé par le bruit du vent dans les branches nues. Personne ne bougeait, tous fixaient le chemin, espérant la voir revenir. Soudain un énorme sanglier apparut, les flancs rougis de sang frais. La bête semblait épuisée. Quelqu’un – peut-être une femme -  prononça  le nom de la disparue. Aussitôt, des flancs de... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
23 février 2016

Le féminin

Elle ne comptait plus le nombre de fois où elle s’était dit à voix haute : " Mais qu'est-ce que je suis con ! " et où sa fille, de son ton docte, lui avait asséné : Pas « con » maman, « conne », parce que tu es du sexe féminin. Invariablement, elle lui rétorquait : «  Merci ma chérie. C’est fou ce que les parents ont à apprendre de leurs enfants. »  
Posté par gballand à 06:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]