18 avril 2017

Le mug (suite et fin)

Elle regrettait d’être partie de chez lui sur un coup de tête. Si elle s'était raisonnée, peut-être aurait-elle eu matière suffisante à écrire une nouvelle ? Cette frustration signait la fin de ses illusions. Comment ce type avait-il pu se retenir jusqu’au dessert ? Elle lui téléphona le lendemain pour tenter d’expliquer son départ. -          Bonjour Pierre, je tenais à m’excuser. -          De quoi ? ... [Lire la suite]
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16 avril 2017

Le mug

Tout s’était admirablement passé. Un repas raffiné, des vins délicieux, une conversation  agréable, un humour discret. Aucune allusion déplacée, aucun regard trop soutenu, aucun laisser-aller. Seul point noir, le « mug » où, à la fin du repas, il lui servit une tisane dont le nom – « ce que racontent les étoiles » - rappelait la finesse de certains contes japonais. Elle ne supporta pas cette rupture et rien de ce qu’il bafouilla ne la fit changer d’avis. Elle partit, laissant la tisane infuser dans son... [Lire la suite]
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14 avril 2017

Les cheveux

Il avait les cheveux si gras qu’on lui demandait parfois s’il se mettait de la gomina. En désespoir de cause, il avait fini par se déclarer argentin et danseur de tango.  Tout plutôt que d'accepter d'avoir hérité des cheveux de son père.
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12 avril 2017

Le livre

Il lui avait acheté ce livre-là pour son anniversaire. La connaissait-il  par cœur ? Elle aurait tout de même préféré autre chose que ce clin d’œil confortant  un « travers ».   La question méritait d'être posée : ferait-elle un jour son bonheur ? Finirait-elle par voir la vie comme un jardin d’Eden où elle cueillerait, chaque jour,  une fleur dont elle ornerait sa robe ?
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10 avril 2017

Le miel pop

Hier matin, mon fils mangeait ses miel pops avachi sur la table de la cuisine ; je n’ai pu m’empêcher de lui dire. - Tu en as fait tomber un parterre. Il m’a répondu taciturne qu’il allait le ramasser. Je dois signaler que mon fils ne fait jamais les choses au moment où on lui demande de les faire, il se laisse toujours un temps – long, très long - pour la réflexion. 15 minutes plus tard, je suis revenue dans la cuisine pour mettre le linge dans la machine à laver et j’ai entendu un craquement. J’ai observé ma semelle : un... [Lire la suite]
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08 avril 2017

Esmeralda

Alors ? Elle a mangé la pomme ? Demandèrent les nains réunis autour d’elle. Tous attendaient sa réponse avec une impatience grandissante. Elle dût même réfréner leur désir. -          Voyons messieurs les nains, du calme, une pomme n’est qu’une pomme. -          Peut-être, répliqua un nain, mais est-ce qu’elle s’appelait Eve, la dame ? -          Non, elle s’appelait Esmeralda et elle... [Lire la suite]
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06 avril 2017

Le taiseur (2)

A peine entrée en classe, elle crie qu’elle doit sortir pour téléphoner parce que " ça le fait pas là ", on salit sa réputation, « on la traite comme une moins que rien et c'est grave quoi ! ». L’impatience me gagne à mon tour. Je lui demande de sortir et d’arrêter de « gueuler ».  Parfois j'aimerais avoir un "taiseur" spécial prof. D'ailleurs, pourquoi je ne me lancerais pas dans la conception de la "chose". Je pourrais peut-être ensuite recevoir le premier prix de la "cellule d'appui à l'innovation et à... [Lire la suite]
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04 avril 2017

Le banc

Tous les jours il était installé au même endroit, face à la mer. Que faisait-il ? Lisait-il ? Pensait-il ? Peut-être se forçait-il à voir l’éternité ? Elle attendit un mois avant de lui adresser la parole. Le mieux, s’asseoir à côté de lui. Ce jeudi après-midi, à 17 heures, elle prit place sur le banc. Il l’ignora superbement. Elle sortit un livre de son sac et se mit à lire ou  faire semblant. Rien. Elle ferma son livre et le bruit sec le fit tressaillir, mais point de visage tourné vers elle. Elle allait... [Lire la suite]
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02 avril 2017

La cochonne

Elle lui en faisait voir de toutes les couleurs. Non seulement elle creusait derrière ses clôtures mais elle le narguait de son oeil torve. 9 mois que son petit jeu durait, 9 mois de négociations avec le propriétaire qui ne voulait rien entendre.-    Si je l’ enferme elle va déprimer, avait-il eu le culot de lui dire.Pourtant, il avait été très clair.-    Soit tu l’enfermes, soit elle termine en jambonneaux  !Un mois plus tard, quand il l'a visée à la carabine de la fenêtre de sa chambre à coucher,... [Lire la suite]
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31 mars 2017

le miroir

Il avait constaté qu’à chaque fois qu’il se regardait dans un miroir, ceux-ci basculaient. Etait-ce de  l’empathie, du désespoir où le le fruit du hasard ? Il est de mon devoir de narratrice de tirer un trait sur le hasard ; pour lui, le hasard n’existait pas. Dans son monde tout s’expliquait,  au risque d’une hyper-subjectivité, associée d’ailleurs à une hyper-mnésie qui lui fermait la porte du présent. Sa devise se résumait à : Pour ne pas perdre ses illusions, en avoir le moins possible. Il voyageait donc... [Lire la suite]
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