05 septembre 2018

Magritte ?

Il lui avait dit qu'il s'appelait Magritte mais elle n'en avait rien cru. Elle était persuadée que cet homme se présentait ainsi  parce qu'il souhaitait se moquer d'elle. N'était-elle pas qu'une simple caissière ? Pourtant il avait insisté. - Les affinités électives sont le portrait des amants qui n'ont pas de lunettes d'approche. Vous savez, je suis aussi "therapist".  Elle avait rougi, incapable de répondre quoi que ce soit à cet homme qui transformait la vie en une suite de représentations. Elle avait tout de même... [Lire la suite]
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03 septembre 2018

Attente

Je vous parle comme à une amie, je ne vois pas beaucoup de monde, je suis seule, je regarde le monde vivre. Les vieux dérangent ; ils sentent la mort. Ils perdent la tête et laissent le corps prendre la place de l’esprit. Je vous parle comme à une amie,  vos yeux surpris lisent la vieillesse de votre jeunesse. Vous ravalez votre orgueil, vous m’observez, vous déchargez votre jeune pitié compatissante, vous parlez lentement, vous prenez le temps, vous vous adaptez,  vous êtes mes yeux,  vous êtes mon esprit... [Lire la suite]
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01 septembre 2018

Le poète

Il se disait poète et restait souvent assis le long du fleuve. Il y avait installé une chaise blanche où les goélands aimaient parfois se poserC'est là que nous vivions, avait-il l'habitude de dire en souriant à ceux qui parfois l'accompagnaient.  Nous qui ? Lui demandait-on. Elle et moi, répondait-il. Elle me donnait des mots et moi je faisais des vers qui dessinaient de longs poèmes qu'elle chantait d'une voix grave. Le jour où il a disparu, elle aurait eu 82 ans. Lui en avait 85, et il était temps pour lui de la retrouver. PS... [Lire la suite]
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30 août 2018

Le maillot

  -          Putain, t’as vu à quoi tu ressembles ? J’étais nue dans la cabine d’essayage quand j’ai entendu la voix, on aurait dit ma mère, sauf qu’elle n’aurait pas dit « putain ». Je me suis rhabillée illico, j’ai laissé le maillot de bain noir à l’intérieur et je suis sortie en pleurs du magasin. Après je suis entrée dans la première boulangerie venue, j’ai acheté un pain au chocolat, un pain aux raisins, un chausson aux pommes, et j’ai tout bouffé : le... [Lire la suite]
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28 août 2018

Souvenir

La boutique Vaudran, à droite et au coin de la rue, a été  photographiée cet été dans la rue du village qui était le mien, enfant et adolescente. Robert Vaudran, tel était le nom du boucher. Un homme farceur et bon vivant - mort bien sûr -  qui choyait les enfants et faisait rire les parents.Un  séducteur, à sa façon. Je me suis toujours demandée comment il avait pu épouser la femme qui était la sienne, aussi ennuyeuse et bien-pensante qu'il était drôle et facétieux. Mais, qui sait comment ces choix se font ?Tant de... [Lire la suite]
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26 août 2018

Mère et fille

Mère et fille   Ce repas a signé  le début de la guerre des tranchés. Juste après l’entrée, sa mère lui avait laissé entendre que  sa robe ne lui allait pas du tout. Elle lui avait répliqué vertement. -           C’est l’hôpital qui se moque de la charité ! Le rire déplacé de sa mère l’a piquée au vif, sans parler de ce verre de vin qu’elle avait levé en répliquant, ironique. -           A ton âge, ma petite fille,... [Lire la suite]
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24 août 2018

La créature

Mais que lui avait-elle trouvé à ce corps qui ne méritait nullement le nom de corps ? Certes, il  avait un visage au profil parfait, mais aucune voix, aucun son, aucun cerveau  ne vivait en ces lieux. Impavide, cette créature devait sans doute apporter à chaque être qui la regardait la nourriture dont il avait besoin,  et que jamais il n’avait pu trouver en dehors de la quiétude de ces lieux…   PS : photo prise non loin de Bruxelles au jardin botanique de Meise
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22 août 2018

Duo d'août

Voici notre nouveau Duo d'août avec Caro du blog " les heures de coton ". Caro a choisi cette citation de Françoise Sagan - extraite de Bonjour tristesse -  que nous  pourrons utiliser comme bon nous semble: "Il n'y a pas d'âge pour réapprendre à vivre. On dirait même qu'on ne fait que ça, toute sa vie. Repartir. Recommencer. Respirer à nouveau. Comme si on n'apprenait jamais rien de l'existence, sauf parfois, une caractéristique de soi-même."  Lundi vous avez lu le texte de Caro, aujourd'hui voici le mien.   ... [Lire la suite]
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20 août 2018

Duo d'août

Voici notre nouveau Duo d'août avec Caro du blog " les heures de coton ". Caro a choisi cette citation de Françoise Sagan - extraite de Bonjour tristesse -  que nous  pourrons utiliser comme bon nous semble: "Il n'y a pas d'âge pour réapprendre à vivre. On dirait même qu'on ne fait que ça, toute sa vie. Repartir. Recommencer. Respirer à nouveau. Comme si on n'apprenait jamais rien de l'existence, sauf parfois, une caractéristique de soi-même."  Aujourd'hui, voici le texte de Caro, le mien sera publié le 22 aout. ... [Lire la suite]
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18 août 2018

Le bulletin

Il était entré sans faire de bruit, mais son père l’avait entendu et il allait devoir lui parler du bulletin. -          Alors, tes notes ? -          Tiens, dit le presque adolescent, puis il  s'éloigna ; l’instinct de survie. Après avoir parcouru le bulletin, son père manqua de s’étouffer. - Tu te fous de moi ?   Le fils préféra se taire. Soudain, le père froissa le bulletin, se  préciipita vers l'enfant, ouvrit sa... [Lire la suite]
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