27 juin 2009
Les anges (gballand)
Sur le blog Je-double , un nouveau texte - « les anges » - écrit par G.Balland et illustré par P.Cassagnes ( www.sucrebleu.com )
Prise de poids (gballand)
Hier je me suis pesée ; ça faisait un an que je n’étais pas montée sur une balance. Enfin, si je me suis pesée, c’est parce que je croyais avoir maigri. Heureusement que je me suis pesée quand je croyais avoir maigri parce que qu’est-ce que j’ai grossi !
26 juin 2009
Lui (gballand)
- Dis, tu l’as vue ?
- Qui ?
- La mouette.
- Je me fous des mouettes !
L’ennui, avec ce type c’est qu’il se foutait de tout, il n’avait aucun respect pour rien et il assombrissait sa vie à la vitesse de l’éclair. Ils étaient ensemble depuis un mois. Curieux comme certaines relations peuvent faire vieillir prématurément : en un mois, elle avait pris dix ans. A ce compte-là elle aurait bientôt 60 ans alors qu’elle venait de fêter son vingt-cinquième anniversaire.
Elle prit une profonde inspiration avant de lui dire.
- Tu sais à quoi elle pense la mouette ?
- Les mouettes ça pense pas !
- C’est ce que tu crois mais celle-ci, depuis tout à l’heure, elle te regarde et elle se dit que les hommes sont vraiment cons !
- Tu te fous de moi ?
- Non, non ! Elle se dit que tu ne feras pas de vieux os parce que le regard que tu portes sur le monde finira par te ronger de l’intérieur.
Il la regarda avec colère et asséna.
- Ecoute, tu me fais chier avec tes mouettes. La prochaine fois, trouve-toi un ornithologue ! puis il tourna les talons.
Elle n’en fut pas fâchée.
PS : texte écrit à partir de cette photo, gentiment prêtée par Pierrick. Pour voir son blog : http://croklaphoto.over-blog.com
25 juin 2009
Elle (gballand)
On se promenait depuis une heure dans ce parc quand elle s’est arrêtée près d’un arbre qu’elle a entouré de ses bras en déclarant qu’il était à elle et qu’elle ne partirait pas. J’ai voulu la raisonner, je lui ai dit que bientôt la nuit tomberait et qu’on ne pouvait pas dormir dans ce parc. Elle n’a pas voulu en démordre, non elle resterait là coûte que coûte et elle a conclu de son air têtu :
- Si tu veux, tu peux partir !
Je dois avouer que je n’ai jamais compris les femmes.
- Tu ne vas quand même pas passer la nuit ici ? ai-je insisté.
- Tu ne comprends pas ou quoi ? Cet arbre c’est moi, le laisser là, tout seul, ça serait comme m’abandonner.
Elle était devenue folle. J’ai fait, malgré tout, une dernière tentative.
- Comment peux-tu imaginer un seul instant que cet arbre c’est toi ?
Elle me répondit par un lapidaire « Tais-toi, tu ne comprends rien ! » qui m’a fait perdre l’envie de lui poser une nouvelle question. Je suis parti sans me retourner.
La nuit que j’ai passée a été abominable, entrecoupée de cauchemars où je la voyais aux prises avec une meute de loups qui voulaient la dévorer…
Le lendemain, quand j’ai ouvert la porte de chez moi pour aller travailler, je l’ai trouvée assise sur le paillasson, la tête dans les mains. Quand elle m’a vu, elle s’est levée d’un bond et m’a dit le visage baigné de larmes :
- Quand je pense que tu m’as laissée là-bas, toute seule, alors que la nuit tombait, c’est vraiment dégueulasse !
Je l’ai prise dans mes bras sans rien dire. Décidément, je ne comprends pas les femmes.
PS : texte écrit à partir de cette photo de Patrick Cassagnes. Pour voir son site : www.sucrebleu.com
24 juin 2009
le tison (MBBS)
T’ai-je déjà dit que je t’aimais dernièrement ? Et toi me l’as-tu dit ? Si oui, combien de jours, de semaines ou de mois se sont écoulés depuis…
Le temps passe et la vie nous entraîne dans son tourbillon sans que nous prenions le temps de nous arrêter pour simplement profiter de l’être aimé et de l’instant présent. Depuis combien de temps ne me suis-je pas assise sur le banc pour écouter le chant des oiseaux ? A quand remonte la dernière fois où j’ai pris le temps de penser à toi ? Quand avons-nous ri ensemble ? De quand date ce geste affectueux que tu aimais, un simple effleurement de ma main sur ta joue ? Et toi, pressé entre ton travail et tes soucis me regardes-tu comme avant ou suis-je devenue transparente par tant de moments partagés et de routine ?
La question que je me pose est de savoir si nous allons devoir attendre des moments indéfinis pour nous retrouver et revivre ensemble ce que nous vivions quand nous nous sommes cherchés, rencontrés et aimés. Je parle au passé alors que je voudrais parler au présent et je réalise que l’un de nous doit réagir pour sauver de son endormissement irrévocable une relation qui a tant à apporter si nous arrivions simplement à l’attiser pour que ses flammes nous réchauffent à nouveau.
De ce pas, je cours chercher le tison pour raviver les braises avant qu’elles ne se refroidissent définitivement.
Texte inspiré après avoir lu un article sur le « bien-être à portée de main »
Le double (gballand)
A chaque fois qu’elle laissait un commentaire sur un blog, quelqu’un d’autre en faisait autant, juste après elle, sous le même pseudo, et en disant la même chose, à quelques mots près.
Elle avait l’impression d’être surveillée en permanence, mais par qui ?
23 juin 2009
La table d’opération (gballand)
Je suis ligoté sur une table d’opération.* Comment me suis-je retrouvé dans cette position absurde ? Je ne suis pourtant pas malade. Je ne peux bouger aucun de mes membres. Je regarde autour de moi, personne… Ah ! une porte s’ouvre. Un homme entre, je connais son visage, je l’ai souvent vu dans le quartier, mais je ne savais pas qu’il était chirurgien. Il met son masque, saisit un scalpel et fait comme si je n’existais pas. Une femme vient d’entrer à son tour, en blouse blanche elle aussi. Comme c’est étrange, c’est ma femme. Je l’appelle, mais elle feint de ne pas me reconnaître. Elle sourit à l’homme au scalpel, sort de mon champ de vision, et je l’entends dire au chirurgien.
- On commence par quoi chéri ?
Pourquoi appelle-t-elle ce type « chéri » alors qu’elle ne le connaît pas ? Et le chirurgien lui répond d’une voix coupante.
- Le pénis !
A ces mots, mon sang ne fait qu’un tour, je m’agite, j’essaie de parler, mes lèvres semblent remuer mais aucun son ne sort. C’est fini. Je suis un homme mort. J’ai toujours su que ma femme ne m’avait jamais vraiment aimé, mais pour en arriver là, elle doit vraiment me haïr. Pourquoi s’acharner sur mon sexe qui n’a jamais fait de mal à une mouche ? C’est donc ça qu’elle lui reproche ! Elle l’aurait voulu laboureur alors qu’il a manqué d’ardeur ?
Ma femme s’approche de moi, me regarde comme si j’étais un inconnu, et me plaque méchamment un masque sur le nez. C’est fini, je m’endors. Quand je me réveillerai, si je me réveille, je ne serai plus jamais le même…
* Phrase extraite du livre de Marc Agapit – la bête immonde – et inspiré par l’univers si particulier de cet auteur, décédé aujourd’hui.
22 juin 2009
Je-double (gballand)

Je-double est le fruit d’un « compagnonnage virtuel » avec Patrick Cassagnes, alias Pagenas, rencontré par blog interposé. Il ne nous a échappé, ni à l’un ni à l’autre, que nous avions quelques affinités.
Sur Je-double, où il s’occupe de la mise en page, nous exposons ses photomontages et les textes que je fais en m’en inspirant, ainsi que les photomontages qu’il fait en s’inspirant de mes textes.
Cette coopération est on ne peut plus stimulante. Les photomontages qu’il crée à partir des textes que je lui envoie donnent un autre éclairage au texte, quant à ses photomontages, souvent oniriques, ils me permettent d’écrire autrement, comme s’il s’agissait de rêves éveillés…
Pour vous promener sur le blog : http://jedouble.canalblog.com:80/
21 juin 2009
Un choix (MBBS)
Elle n’aime pas sa solitude mais c’est ainsi, un choix qu’elle a fait deux ans auparavant quand elle a quitté sa famille, le père de son enfant et ses amis. Elle a balayé vingt-sept ans de vie à Rio de Janeiro pour trouver dans ce pays qui n’est pas le sien la paix, une vie tranquille loin de la violence émergente et du chômage à vie. Elle voulait offrir un avenir à sa fille. Avait-elle couru après des chimères ?
Nouveau départ, nouvelle vie, nouvelle ville mais rien au bout. On se fait difficilement des amis dans un endroit où les racines sont inexistantes, où le passé est nul et le réseau à construire. La Suisse n’est pas le Brésil, les coutumes, les règles, les valeurs sont différentes et telle une fleur exotique, loin du soleil qui lui donnait sa force, elle se fane chaque jour un peu plus.
Elle avait imaginé une terre d’accueil, la voilà en terre ennemie. Un retour n’arrangerait peut-être rien, ce serait revenir à la case départ face à un chemin aride certes mais ponctué de visages amis, de mains tendues. Ici le chemin est tout aussi dur, elle bute sur chaque caillou peinant à se relever sans aide mais le tracé est propre, bordé de plates-bandes soignées laissant émerger un semblant de chaleur à venir. Elle a encore de l’espoir en elle.
Youkali (gballand)
« Youkali*, c’est le pays de nos désirs,
Youkali, c’est le bonheur, c’est le plaisir,
Mais c’est un rêve, une folie »...
Ces paroles, combien de fois ne les avaient-elles pas fredonnées avec lui Puis un jour, il n’y eut plus ni rêve, ni désir. Il n’y eut plus ni mot, ni regard. Il n’y eut plus un geste ; le tango de leur couple se figea ; il n’y eut plus de Youkali.
Quand elle partit, au petit matin, elle lui laissa juste ce billet sur la table de nuit.
« Quand le ciel aura noyé la barque de mon âme, je me jetterai dans l’abîme, pourquoi devrais-je attendre le crépuscule ? »
Jamais il ne la revit.
* Musique de Kurt Weill, nostalgique à souhait, entendue il y a quatre ans - les paroles sont de Roger Fernay - et gardée en mémoire depuis... eh oui, il n’y a pas de Youkali.