23 mai 2009
Souvenir... (gballand)
En regardant la bande annonce du film Mary Poppins, j’avoue ressentir le même émerveillement qu’enfant : j’adorais Mary Poppins. Dans la cour de l’école, les jours de grand vent, nous ouvrions nos parapluies pour essayer de nous envoler, en vain.
J’ai attendu des années que Mary Poppins vienne me sauver du mortel ennui de mes dimanches d’enfant unique et je me demande même si je n’ai pas attendu qu’elle me sauve de ma mère… mais ça, c’est un secret que j’ai découvert bien plus tard…
11 décembre 2008
Mes non-cours de piano ( gballand )
Je me souviens de mes non-cours de piano. J’avais 9 ans et j’allais le jeudi matin – jour des enfants, à l’époque - chez mon professeur qui habitait une grande maison au fond d’un parc ; et au milieu du parc, un cèdre singulier dont les longues branches arrivaient presque au deuxième étage de la maison.
J’aimais jouer du piano, mais j’aurais voulu jouer « comme ça », sans travailler, j’aurais voulu qu’un miracle se produise, j’aurais voulu être « douée » ! Mon professeur - une dame sympathique et dotée d’un certain humour, si je me souviens bien - sans doute lassée de me répéter les mêmes choses, a fini par se plier aux règles que ma « paresse » lui a insensiblement fixées : c’est elle qui jouait, et moi qui l’écoutais…
J’ai arrêté le piano à 11 ans. J’ai essayé de recommencer à 16 ans, puis à 42 ans, mais le passé resurgissait. Je ne désespère pas d’y arriver… un jour…
14 novembre 2007
Danalia
Je me souviens de notre première rencontre dans un joli coin de ta ville. Nous ne nous connaissions pas même si nos mots eux, avaient déjà eu l’opportunité de se croiser sur le blog.
Par-dessus la table nous avons échangé ce genre de conversation profonde que seules les femmes sont peut-être capable d’échanger lors du premier contact.
Par la suite, tu m’as accompagnée sur un chemin douloureux et par ton regard tu m’as donné la vision qui me manquait pour avancer.
Phrasibule donc à volonté pour un plaisir partagé et que ces mots importants qui te ressemblent t’apportent la satisfaction voulue.
Mes vœux t’accompagnent par-dessus l’océan.
05 novembre 2007
Contrepoids
Je me souviens, lorsque je vivais encore avec ma mère, à Paris, dans le 20ème, nous allions ensemble, une fois par semaine, aux bains-douches. L’atmosphère y était moite et très sonore ; une dame d’un certain âge encaissait un droit d'entrée et répartissait les clients dans les cabines ; du côté des hommes, des bribes de chansons s’échappaient, fredonnées ou sifflées ; je savonnais maman avec un gant qui débordait de mousse odorante, pendant qu'elle me frottait énergiquement tout le corps, puis me lavait les cheveux avec un berlingot de shampooing Dop...
J’avais entre cinq et six ans ; beaucoup de souvenirs d’après se sont estompés ou même effacés, mais celui-là reste vivace, jusque dans ses moindres détails. Comme si ces moments d’heureuse intimité m’avaient été donnés pour m'aider à supporter le poids de ma solitude future...
04 novembre 2007
Chanson
Je me souviens de la chanson :
"Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
les souvenirs et les regrets aussi"...
... Mais pour moi l'automne est toujours la plus belle des saisons,
celle des amours naissantes,
des couchants qui flamboient,
des promenades en forêt à deux.
Automne, saison des aveux qui se murmurent
dans la fraîcheur d'un sous bois au parfum d'humus...
31 octobre 2007
Automne
Je me souviens de ce bel octobre, frais et lumineux, où nous sommes tombés amoureux. Il se racontait dans de très longues lettres ; il se confiait à moi tout en conduisant une vieille Aronde, dans Paris ; nous bavardions pendant des heures à des terrasses de café ; nous marchions en forêt. Puis un jour, il m’a serrée dans ses bras. Soudain, tous les mots se sont tus. Des feuilles dorées volaient autour de nous, scintillant dans un rayon de soleil...
26 octobre 2007
Métro
Je me souviens des petits matins à Paris, quand je prenais le métro vers sept heures, pour aller au collège, ligne Nation-Etoile, station Cambronne. Corps serrés les uns contre les autres, odeurs de vêtements mouillés, d'after shave et de sueur, haleines encore lourdes de nuit, mains qui se frôlent...
Et tous ces visages étrangers, qui le resteraient à jamais. Tous ces inconnus dont le regard absent ne croisait pas le mien...
25 octobre 2007
Passion
Je me souviens de la passion : moments d’absolue plénitude, d’indestructible fusion, jamais retrouvés depuis ; violent désir de mourir entre les bras de l’autre, pour ne pas le perdre... Mais aussi : absence intolérable, douloureuse, attentes fébriles, retrouvailles orageuses, ruptures déchirantes, et surtout impossibilité de vivre autre chose et même de penser...
Je ne regrette pas de m’être donnée jusqu’aux limites de la folie ; je ne regrette pas d’avoir souffert de ce mal qui m’enlevait à moi-même. Mais je suis heureuse d’avoir su m’en guérir. Même si, des années après, il m’arrive encore de me sentir comme orpheline...
23 octobre 2007
Célébrité
Je me souviens, c’était après avoir entendu Léo Ferré en concert, à Paris. Rue de la Gaîté, nous étions entrés dans un café, continuer la soirée. Attablé non loin de nous, il y avait un couple mythique : Elsa Triolet et Louis Aragon. Je leur ai demandé un autographe, qu’ils ont gentiment déposé sur mon petit carnet. Puis leur ami Léo les a rejoints, qui a ajouté sa signature à ma collection...
Tous les trois sont morts depuis longtemps. Bientôt, leurs noms n'évoqueront plus qu'un passé très lointain et leurs oeuvres ne seront peut-être plus lues ou écoutées que par quelques spécialistes, chercheurs excentriques dédiant leur vie à l'étude du vingtième siècle, dans d'obscures officines...
22 octobre 2007
Rendez-vous
Je me souviens, il habitait un minuscule appartement, rue Saint André des Arts, à Paris. J’étais si impatiente de le voir que j’arrivais toute essoufflée. Après m’avoir enlevé mon manteau, il dénouait mes cheveux ; puis nous montions par une fine échelle, jusqu’à la mezzanine où un lit moelleux accueillait nos amours clandestines...