08 juillet 2010

le p’tit bal perdu

A 65 ans, elle avait décidé de remonter sur les planches, en souvenir du temps où elle faisait des radios-crochets. Elle avait un peu forci – il faut dire qu’elle ne se privait de rien et surtout pas de charcuterie - et sa tenue de scène n’avait pas été facile à trouver. Elle se souvenait encore de sa robe rose en lamée ; quand elle la mettait, ils étaient tous à ses pieds ! Sa voix frôlait l’abîme dans les aigus, mais  chanter était sa passion ; d’ailleurs à l’anniversaire de Patrick, ils l’avaient tous encouragée à... [Lire la suite]
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05 juillet 2010

La plante verte

Comme tous les étés, ils partaient en voiture au Portugal. Un voyage que Paulo abominait : 24 heures de route si tout se passait normalement, mais jamais rien ne se passait normalement avec ses parents. La voiture était gonflée à bloc, le coffre fermait à peine et à l’arrière, avec son frère, ils tenaient difficilement entre les sacs de provisions et les deux bonbonnes de vin. Une fois que tout fut à peu près chargé  sa mère s’approcha de la portière,  essoufflée ; elle tenait dans ses bras une plante verte dont les feuilles... [Lire la suite]
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03 juillet 2010

Le joggeur

Tous les soirs, il faisait  son jogging habillé de noir et il portait un bonnet gris enfoncé sur les oreilles. Parfois même il transportait une mystérieuse mallette mais personne ne s’en  étonnait ; personne ne s’étonnait de rien dans cette petite ville propre et lisse.Et puis un jour, il laissa une bombe dans un gros quatre quatre noir au coin de la rue du Park et de la rue Lincoln. BOUM !!! Quand on sut que c’était lui, on s’étonna : comment un jeune homme aussi  propre et lisse avait-il pu semer la mort ?
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02 juillet 2010

Le curé

Il ne payait pas de mine dans sa soutane noire mais il inspirait confiance. Tant de femmes s’étaient épanchées à l’ombre du confessionnal ! Il leur disait qu’il pouvait tout entendre et elles ne se faisaient pas prier. Que n’avaient-elles pas confessé, combien de petits péchés de chair n’avaient-elles pas contés ! Et lui écoutait,   patient, paternel – malgré ses trente cinq ans  - bienveillant. Ce qu’elles ne savaient pas c’est que sous la soutane, la chair tourmentée du jeune curé elle aussi s’épanchait à l’ombre du... [Lire la suite]
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30 juin 2010

Peinture

- Tu connais Gasiorowski ?- Non, pourquoi ?Il ne lui répondit pas et il l’abandonna à la terrasse du café. Jamais elle ne le revit. Après son départ elle s’était mise à la peinture, elle avait étudié l’oeuvre de Gasiorowski de long en large, elle avait même peint à la manière de Gasiorowski  mais elle n’avait trouvé aucune réponse. Dix ans avaient passé et elle ne savait toujours pas pourquoi  il l’avait quittée parce qu’elle ne connaissait pas Gasiorowski.
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28 juin 2010

Les deux manuscrits

Il avait écrit un roman et l’avait envoyé à 30 éditeurs. Un seul lui avait laissé un petit espoir tout en lui  conseillant de  revoir son manuscrit de fond en comble. Cette nouvelle le terrassa : comment pouvait-on entièrement retravailler la chair de sa chair ? Il enferma jalousement son « oeuvre » dans un tiroir. Elle y sommeilla  deux ans. Quand il  relut le manuscrit, sa déception fut telle qu’il le détruisit immédiatement. Un an plus tard, il écrivit un deuxième roman qui  plut à un petit éditeur normand... [Lire la suite]
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24 juin 2010

Les voisins

Les voisins me mettent le bourdon. La folle du quatrième continue de jeter ses croûtons de pain aux oiseaux du haut de sa fenêtre en visant systématiquement les gens qui passent dans la cour intérieure,  le vieux du rez-de-chaussée a recueilli un quatrième chien, il est vrai que les trois autres n’aboyaient pas assez fort, le pachyderme du deuxième a remplacé les poteaux de l'étendage collectif par des perches gratuites en fer rouge qui n’ont  pas plu au parano du deuxième qui a voulu lui casser la figure en l’accusant de... [Lire la suite]
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18 juin 2010

Le déménagement

Il appelle sa femme, surpris par le va et vient chez les voisins :- Viens voir, les voisins déménagent !- Quoi ?- Mais oui, il y a un camion de déménagement devant chez eux.Maintenant ils observent le ballet des déménageurs derrière les rideaux. Les meubles défilent à une allure époustouflante. Le dernier à fermer le bal, c’est le piano, la fierté de leurs voisins, un piano sur lequel a joué un pianiste célèbre mais ils ne savent plus lequel. - En tout cas, ils cachaient bien leur jeu, conclut-elle. Toujours à faire des ronds de... [Lire la suite]
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17 juin 2010

L’urne

Il vient de la faire incinérer et son fils de 10 ans place l’urne à côté du conducteur, à la place où elle a l’habitude de s’asseoir. Ils reprennent la route et s’arrêtent «  Chez Jean-louis » , le café où il allait du temps où il était célibataire. Quand qu’il entre, le patron s’écrie- Maurice, ma parole, c’est toi ? Eh les gars, regardez, c’est Maurice !- Eh oui, c’est moi, sourit-il malgré la douleur.- Et ça, c’est ton fils ?- Oui.- Et ta femme, elle est où ?Il se retourne vers son fils et lui dit d’un ton las :- Va chercher... [Lire la suite]
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16 juin 2010

A bicyclette...

Il n’y a jamais eu de vélo sans toi. Souvent, nos guidons se frôlaient  dans les virages et nos coeurs se blessaient  dans les orages.  Te rappelles-tu ta sonnette qui hurlait sans crier gare et affolait les passants sur les trottoirs ? Et cette chaîne, qui sur tes mains laissait le noir chemin de ton enfance ressassée, t’en souviens-tu  ?   Je me rappelle aussi les prés qui abritaient nos corps fourbus et les herbes folles qui caressaient la moiteur de nos peaux brunies par le soleil...Aujourd’hui ton... [Lire la suite]
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