16 avril 2011

L’interdit

Une fois par mois, ils allaient faire la fête au cimetière. Ils emportaient des packs de bières et buvaient sur les caveaux pour "faire la nique aux morts". C’est tout au moins ce qu’ils disaient. Seulement, ce samedi-là, ils étaient allés plus loin, peut-être à cause de Kevin qui leur avait déclaré de sa voix de chef que cette putain de société ne méritait qu’une seule chose : Qu’on l’encule ! Le lendemain, on découvrit que la moitié des tombes étaient couvertes de croix gammées. Pourquoi ? Personne ne le sut jamais, pas même eux...
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

15 avril 2011

Apnée

Je suis né dans un aquarium. Ma mère a toujours eu de drôles d’idées, même avant ma naissance. Quand j’ai ouvert les yeux, je me suis trouvé nez à nez avec un gros poisson triste qui tournait en rond dans une eau trouble. De sa voix sans voix il m’a chuchoté.- Tu vois, c’est ça la vie ! Et puis il a disparu.Il m’a fait si peur que j’ai voulu retourner dans le ventre de ma mère, mais il était trop tard. Elle avait fermé sa porte à clef, sans état d’âme.Aujourd’hui, j’attends qu’on m’ouvre l’autre porte…
Posté par gballand à 06:30 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
14 avril 2011

Le journal

Il était accoudé au comptoir du café de la Mairie, un verre de rouge à la main et le verbe haut quand son collègue de boisson lui dit. - Tiens, tu veux Paris Normandie, Maurice ?- Paris Normandie ? J’ai jamais lu un journal de ma vie, je vais pas commencer aujourd’hui. Il ne répondit rien. Maurice était vraiment trop con. Sa femme avait raison, s’il continuait à fréquenter le café de la Mairie, il tournerait mal. Il valait mieux qu’il mute au café de la Gare, plus cosmopolite.
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
13 avril 2011

Le pantalon

Retenir sa respiration, il fallait à tout prix qu’il la retienne pour pouvoir  rentrer dans son pantalon en coton blanc. Il enfila la première jambe, la deuxième, le remonta progressivement et se mit en apnée au moment de fermer le bouton, mais rien n’aurait pu combler les cinq centimètres qui manquaient !Il l’enleva anéanti. La vie était cruelle.  Il préféra n’en rien dire à sa femme ; elle se serait gaussée. Il faut dire qu’une semaine plus tôt, il lui avait fait remarquer qu’elle ne risquait plus de rentrer dans sa robe... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
09 avril 2011

Préservatifs renforcés

Il était devenu « capotier » sur le tard – peut-être un coup du destin - et il vendait du préservatif comme d’autres vendent de la pizza au mètre. Sa spécialité : le préservatif renforcé. L’oreillette vissée à l’oreille,  et le coffre rempli de kits de survie, il patrouillait sur les routes lyonnaises en suivant la courbe des passes, de jour comme de nuit. Des lingettes aux sex toys, les dessous de l’amour tarifé n’avaient aucun secret pour lui… *Brève écrite  à partir de cet article -  le capotier de lyon - vu sur le... [Lire la suite]
Posté par gballand à 06:45 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
08 avril 2011

Le dictionnaire d’espagnol

Depuis une semaine, le dictionnaire d’espagnol traînait sur la table du salon ; il n’avait toujours pas commencé à étudier son texte « adapté », de Garcia Marquez, au programme du baccalauréat. Soudain, samedi 2 avril, à 19 heures pile, elle l’a vu se saisir du dictionnaire comme s’il y avait urgence. Agréablement surprise, elle n’a pu s’empêcher de lui demander.- Tu vas te servir du dictionnaire d’espagnol ?Sa réponse lui ôta tout espoir.- Ben oui, j’en ai besoin pour aplatir des feuilles de philo ! Elle sentit que le texte... [Lire la suite]
Posté par gballand à 06:30 - - Commentaires [7] - Permalien [#]

07 avril 2011

Prise d’otage

Il avait retenu sa femme en otage pendant plusieurs heures sous la menace d’un fusil de chasse, un différend familial qui visiblement ne pouvait trouver aucune solution hormis dans une prise d’otage. Quel différend, me direz-vous ? Interrogé par les policiers, il avait expliqué qu’il exigeait que chaque soir sa femme, au chômage depuis six mois, lui enlève ses chaussures quand il rentrait du travail. Comme celle-ci manquait à l’appel un soir sur deux, et sans excuse valable, cette situation lui était devenue insupportable.
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
06 avril 2011

Les yeux

Elle s’était approchée, intriguée, et avait vu deux yeux qui la fixaient, mais étaient-ce des yeux ou l’effet de l’alcool ingurgité au café.  Des yeux aussi verts ?Une fois de plus, elle avait craqué et rien ne l’avait arrêtée, pas même son fils qui était venu la chercher et l’avait tirée par la manche pour qu’elle rentre à la maison. Elle savait que si elle rentrait, ce serait comme d’habitude : les cris, la violence, la solitude. Elle se rendit compte que ce qu’elle avait pris pour deux yeux n’étaient que deux petites plantes... [Lire la suite]
Posté par gballand à 06:53 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
05 avril 2011

Le vélo électrique

Elle s’était achetée un vélo électrique pour se donner l’impression qu’elle faisait du sport. Il faut dire qu’il était plus que temps, elle avait terriblement grossi et ses rotules gémissaient sans retenue.Le vélo n’était pas son fort. Déjà, pour l’enfourcher, il lui avait fallu l’aide de son mari et d’un copain à lui. L’équilibre était revenu au bout d’un mois d’entraînement intensif. Elle en voulait à ceux qui lui avaient certifié que l'apprentissage du vélo ça ne s'oubliait pas ! Etait-elle une exception ?La première fois qu’elle... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
01 avril 2011

La carte de fidélité

Quand il allait faire ses courses – c’était sa participation hebdomadaire aux tâches ménagères - il avait droit  à la traditionnelle question de la caissière.- Vous avez la carte de fidélité du magasin ?D’habitude il la tendait sans faire de commentaires et la caissière la passait dans la machine, mais ce jour-là, sa femme l’accompagnait et quand la caissière regarda sa femme, il répliqua d’une humeur massacrante.- C’est pas à ma femme qu’il faut demander ça : la fidélité et elle, ça fait deux !!!La caissière le regarda... [Lire la suite]
Posté par gballand à 06:30 - - Commentaires [11] - Permalien [#]