Ça a commencé comme touts les stages. D’abord on s’est présenté, je m’appelle trucmuche, j’ai fait ci et ça, j’aime ci et ça , je n’aime pas ci et ça, mon objectif c’est ci et ça et puis on a enchaîné les cas. Remarque que c’est drôle ces présentations en file indienne. Enfin, c’est moins drôle quand ton tour arrive. Moi, je savais pas trop pourquoi j’étais là, mais je savais que j’étais là contre mon gré alors, au départ, j’ai laissé filé, mais quand j’ai vu que c’était bientôt mon tour d’aller au charbon, ça m’a vite remise sur les rails. J’aime pas parler de moi. Déjà à l’école, je ne levais jamais la main. Question de survie. A chaque fois qu’on m’interrogeait, j’étais en apnée et quand je parlais, j’étais la risée. On a toujours besoin d’un bouc émissaire : c’était moi. A un moment, il y a une fille qui a dérapé, reniflements, mouchoir en papier, rimmel qui coule, pauvre fille, re-mouchoir en papier, gêne et hop, on passe au suivant, et la suivante c’était moi…

PS : prochain texte, jeudi.