30 novembre 2019

Le Â

Dans sa vie, comme si elle n’ avait pas assez de sujets d'énervement, elle avait décidé de mener une croisade pour les accents circonflexes. Comment se faisait-il que journalistes, présentateurs, hommes politiques même,  prononcaient tache comme tâche ? Et puis tous ces blâmes, bâtards, bâillons, bâtons, bellâtres… à qui on faisait perdre  la profondeur de leur A qui était, parfois, la seule profondeur qu’ils avaient. Elle ne pouvait plus supporter les massacreurs de la langue française, sans se rendre compte qu’elle même –... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]

28 novembre 2019

Les élèves

Face à ses élèves de terminales dont l’attention, parfois, se dispersait étrangement, sans parler du travail – ce vilain mot  - elle déclara calmement. -           Comme je vous l’ai déjà dit, une langue - étrangère ou non - s' entretient au fil des jours. Notamment  en notant des mots que l’on ne connaît pas, en les utilisant dans de petites phrases qui permettent, peu à peu, d'en créer de plus grandes qui  rendront compte de vos pensées et de vos réflexions. Si... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
26 novembre 2019

Changement

  Je me souviens qu’avant, elle voyait tout en noir et blanc, maintenant elle voit tout en noir. Pourquoi ? Je ne le sais pas. Elle ne me dit plus rien. Est-ce Soulage qui l’a tranformée ? Moi, sa peinture m’ est étrangère. Mais peut-être qu’elle voyage dans un monde d’ “Eau - Forte” et d’ ”Antagonismes” ? Hier, je lui ai demandé  s’il fallait venir de l’”Outrenoir” – comme dit Soulage -  pour  voyager en elle ? Elle m’a souri et m’a longuement regardée, comme si elle voyait des lumières qui n’existaient plus... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - Commentaires [8] - Permalien [#]
24 novembre 2019

Echange non standard

Quand il avait volé le sac de la vieille, il avait couru aussi vite que sa grande taille le lui permettait. Hélas, sous l’effet de la panique, il avait ouvert la bouche et son dentier était tombé. Pas le temps de le ramasser, on était déjà à ses trousses. Une semaine plus tard, la police lui rapportait son dentier mais, en échange, il dut mettre des menottes...
Posté par gballand à 07:00 - Commentaires [12] - Permalien [#]
22 novembre 2019

La couturière de Montmartre

    La couturière avait disparu du jour au lendemain. Le quartier ne s’était pas posé de questions. Elle, oui. Où était-elle, cette jeune-femme souriante qui donnait aux vêtements anciens la légèreté du présent ? Cette petite main qui façonnait et confectionnait à merveille avait-elle été enlevée ? Était-elle partie ailleurs, accrochant de longs fils colorés qui lui avaient servi de corde pour voyager au pays des tissus heureux ? Peut-être. Elle se souvenait encore de l’ourlet classique piqué qu’elle lui avait... [Lire la suite]
Posté par gballand à 06:15 - Commentaires [16] - Permalien [#]
20 novembre 2019

Fin programmée

Par des milieux peu orthodoxes, elle avait fini par trouver quelqu’un qui serait capable de tuer. Quand elle rencontra l’homme - il disait s’appeler Walter - elle lui dit tout de suite qu’elle ne supportait pas son divorce et que les choses allaient de mal en pis. Il pensa aussitôt qu’elle voulait qu’il tue son mari. Mais non, elle voulait qu’il la tue, elle, et elle lui proposait 5000 euros. Il resta interdit, la tuer, elle ? C’était encore une belle femme qui ne méritait certes pas cette fin tragique. Mais la morale n’était pas son... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - Commentaires [12] - Permalien [#]

18 novembre 2019

Prison

Pendant six ans, j’ai été visiteuse de prison, à Bonne Nouvelle ; étrange nom pour une prison. Il y a trois ans, j’ai arrêté ; la lassitude sans doute. Je me demande, aujourd’hui, si je n’ai pas souhaité être visiteuse car j’avais connu moi-même une prison ; la mienne, la volontaire, celle que l’on crée de toutes pièces. Cette expérience m’a certes appris à écouter sans juger, mais elle m’a aussi confrontée à l’impuissance qui nous taraude lors d’entretiens où, parfois, le ressassement de l’autre nous conduit dans une... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - Commentaires [18] - Permalien [#]
16 novembre 2019

Le tapage

Il lui a téléphoné pour lui demander si elle pouvait passer chez lui tout de suite. -           Tout de suite, mais pour quoi ? -           A cause du bruit. Il faut dire que depuis des mois, il se plaignait de ses voisins. Elle arriva presque instantanément, sa maison était au bout de la rue. Quand il lui a ouvert la porte, son visage était triomphant. -   Cette fois-ci, avec ton témoignage, ils va l’avoir dans l’os le... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
14 novembre 2019

Un monde sans pitié

Après le travail, la journée n’était pas finie, il lui fallait assister à un débriefing sur  le chiffre d’affaires, le nombre de clients servis, la fréquence et le nombre de produits vendus.  Et tout ça, pour un salaire qui ne dépassait pas le SMIC.Un jour,  elle a dit au chef.-    Ecoutez, vos réunions gratuites obligatoires après le travail, c’est plus possible, mes enfants ont besoin de moi, je suis seule pour les élever.Le chef l’a à peine regardée et lui a répondu.-    Que voulez-vous... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
12 novembre 2019

Le temps

    Au début, il avait cru qu’elle était d'origine anglaise parce qu’elle parlait souvent de la pluie et du beau temps ; d’elle, très peu. Mais non, comment aurait-elle pu être anglaise, avec de tels yeux ? Sans doute voulait-elle juste être agréable en n’abordant aucun sujet à risque ? Ou peut-être avait-elle un irrésistible désir de le séduire ? Lors de leur quatrième rencontre, il finit par lui demander pourquoi le temps avait autant d'importance dans sa vie. Et, à sa plus grande surprise, elle lui... [Lire la suite]
Posté par gballand à 07:00 - Commentaires [10] - Permalien [#]