Dans sa vie, comme si elle n’ avait pas assez de sujets d'énervement, elle avait décidé de mener une croisade pour les accents circonflexes. Comment se faisait-il que journalistes, présentateurs, hommes politiques même,  prononcaient tache comme tâche ? Et puis tous ces blâmes, bâtards, bâillons, bâtons, bellâtres… à qui on faisait perdre  la profondeur de leur A qui était, parfois, la seule profondeur qu’ils avaient. Elle ne pouvait plus supporter les massacreurs de la langue française, sans se rendre compte qu’elle même – et les occasions ne manquaient pas -  faisait parfois vivre à cette même langue de durs moments !